Le bureau torontois de Sotheby's a joint l'agent immobilier responsable de la vente du Cyclorama pour l'informer qu'il intensifierait «le processus d'analyse» pour déterminer si l'oeuvre de l'artiste allemand Herr Bruno Piglhein fera l'objet d'une enchère.

Sotheby's intéressée par le Cyclorama

La grande attention médiatique portée à la mise en vente du Cyclorama de Jérusalem a eu un écho jusqu'à la prestigieuse maison d'encan Sotheby's, qui a montré, vendredi, l'intérêt attendu pour l'immense toile panoramique qu'il abrite.
Le détail du Cyclorama de Jérusalem est une oeuvre exposée à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis 1895.
 En moins d'une semaine, les choses ont changé du tout au tout, a confié l'agent immobilier Martin Dostie, responsable de la vente des installations singulières, voisines de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré et, surtout, de la fresque de 110 mètres de long et 14 mètres de haut qui occupe les murs du Cyclorama. 
C'est le bureau torontois de Sotheby's qui a directement joint l'agent pour l'informer qu'il intensifierait «le processus d'analyse» pour déterminer si l'oeuvre de l'artiste allemand Herr Bruno Piglhein fera, oui ou non, l'objet d'une enchère. «Ce n'est pas certain encore, mais on souhaite avoir une réponse rapide de leur part», a dit M. Dostie. 
La famille Blouin, propriétaire de l'institution depuis plusieurs générations, a choisi de se départir du Cyclorama faute de relève. La vente a été confiée à la compagnie immobilière internationale Sotheby's, qui demande 5 millions $ pour la toile, le bâtiment et le terrain. L'oeuvre seulement, achevée en 1882, vaudrait au moins 10 millions $.
Dossier soumis il y a six mois
Il y a six mois, Martin Dostie avait aussi soumis «le dossier» du Cyclorama à la maison d'encan de New York, mais était sans nouvelle depuis. «Ce genre de demandes prennent du temps. On n'était pas surpris de ne pas avoir eu de réponse encore», précise-t-il. Mais voilà que la visibilité des derniers jours semble avoir joué en faveur du site. 
Il faut dire que même Québec a levé la main après avoir appris la mise en vente. C'est d'ailleurs lundi que les représentants du ministère de la Culture visiteront les lieux pour tenter d'en évaluer la valeur patrimoniale. À noter que le Cyclorama fermera ses portes exclusivement à 14h ce jour-là, pour laisser place aux experts du Ministère. 
L'intérêt du gouvernement et celui manifesté par la maison d'encan sont «très, très positifs», se réjouit M. Dostie, rappelant qu'il y a une semaine à peine, la famille Blouin se donnait «quelques années» pour vendre, «considérant l'état du marché présentement». «Je m'attends à ce que ça bouge assez rapidement», indique-t-il. 
D'ici les prochains jours, «la direction» de la maison d'encan devrait aussi être connue, estime-t-il, ce qui permettra de mieux préparer «la suite». Sotheby's pourrait avoir certaines exigences, suppose M. Dostie. «Ils [Sotheby's] ne prennent pas n'importe quoi [...] C'est une vente qui rejoint tous les gens fortunés du monde», relate-t-il. 
Si Sotheby's va de l'avant, la toile devrait aussi être évaluée par ses experts. La réputation de la maison n'est plus à faire. Des objets de grande valeur y sont vendus partout sur la planète. En 1999, les propriétaires du Cyclorama avaient déjà tenté de vendre l'oeuvre, qui avait une valeur fiscale de 40 millions $, à l'époque. 
La toile de Piglhein a été peinte à Munich avec une équipe de peintres spécialistes du panoramique. La fresque illustre la ville de Jérusalem et les environs le jour de la mort de Jésus. L'oeuvre a été exposée dans différentes villes d'Europe et à Montréal avant de se trouver un toit permanent à Sainte-Anne-de-Beaupré en 1895.
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Hausse de l'achalandage
C'est sans surprise que les visiteurs se déplacent en plus grand nombre pour jeter un oeil à l'immense fresque depuis l'annonce de la mise en vente des lieux. Les propriétaires estiment une hausse de l'achalandage d'environ 15 % depuis les derniers jours. «Les gens en ont entendu parler évidemment et veulent en profiter pour la voir maintenant», a indiqué l'agent immobilier Martin Dostie.