L'église du Très-Saint-Sacrement sur le chemin Sainte-Foy, dans le quartier Saint-Sacrement
L'église du Très-Saint-Sacrement sur le chemin Sainte-Foy, dans le quartier Saint-Sacrement

SOS Saint-Sacrement veut profiter du confinement pour favoriser le sauvetage de son église [PHOTOS]

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Le comité SOS Saint-Sacrement n’a pas perdu espoir de rescaper l’église du quartier éponyme. Il invite les citoyens à mettre à profit le confinement pour rêver au sauvetage du bâtiment religieux ; puis à partager leurs songes dans l’espoir d’attirer l’attention des politiques.

«On essaie de créer le mouvement, que les gens s’approprient le projet, l’église», explique Annie Métivier Hudon, membre du comité. «Nous voulons créer une réflexion collective sur ce qu’il serait possible de faire avec l’église. […] On en est encore à essayer de tâter le terrain pour connaître les intérêts des citoyens et de ceux qui vont être en mesure de financer le projet.»

Les mauvaises nouvelles ne découragent donc pas les militants qui s’appuient sur une pétition «signée» par quelque 8700 personnes sur le Web. «On espère que les acteurs publics vont se rendre compte de la valeur de l’église.»

N’empêche, la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger, à laquelle appartient l’église du Très-Saint-Sacrement, a déjà fait son deuil. Le Soleil a d’ailleurs visité les lieux en début d’année, tandis que les derniers objets de valeur étaient emportés.

Seul un miracle financier pourra sauver l’église du chemin Sainte-Foy, nous avait-on indiqué. Fort mal en point, il faudrait au moins entre 8 et 10 millions $ seulement pour restaurer sa structure chancelante. Elle sera donc vraisemblablement démolie pour laisser place à un immeuble.

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«L’état de décrépitude, c’est relatif», rétorque Annie Métivier Hudon, étudiante en géographie urbaine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). «[L’église] a déjà été sécurisée. Tout ce qui manquerait, ce seraient des investissements pour la rénovation.»

Vous êtes conscients qu’il faudra des sommes importantes pour guérir l’église rongée par les éléments ? «On est conscient de ça. On est conscient aussi de l’énorme valeur patrimoniale de l’église […] autant pour le quartier et l’ensemble de la Ville de Québec.»

Quoi qu’il en soit, il faudra impérativement que l’État québécois participe au montage financier. «La ministre de la Culture et des Communications aurait la possibilité de mentionner le bâtiment comme patrimonial, ce qui ferait en sorte qu’il soit protéger.»

Il faudra également dénicher un promoteur aux poches pleines. «C’est sûr que ça prend une entreprise avec certains moyens financiers.»

SOS Saint-Sacrement entend cependant définir un plan concret avant de penser aux dollars. «L’objectif c’est de trouver premièrement un projet qui soit rassembleur. Puis, aussi du financement. […] Les coûts pour la rénover vont dépendre du projet qui va être accepté par les gouvernements ou les investisseurs.»

projets@sos-st-sacrement.ca

http://www.sos-st-sacrement.ca

L’église du Très-Saint-Sacrement a été désacralisée. La messe d’adieu a été célébrée le 1er septembre. Puis, un peu avant Noël, la fabrique de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger a commencé à distribuer le contenu du lieu de culte dans les autres paroisses de la région en priorité, dans celle du Québec ensuite. Quand on ne trouve pas preneur ici, les biens sont offerts à l’étranger.