Avant la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale, mardi, le ministre des Transports François Bonnardel a rappelé que le plan de tunnel proposé n’est qu’une ébauche.

Sortie du tunnel dans Saint-Roch: Bonnardel se veut rassurant

Même sans nouvelle information à offrir, le ministre des Transports veut rassurer les résidents du quartier Saint-Roch et le maire Labeaume quant à l’éventuelle embouchure du futur tunnel Québec-Lévis qui atterrirait dorénavant en plein centre-ville.

«Premièrement, c’est une ébauche! Avant de dire que cette sortie sera finale exactement à ce point précis, on va travailler ensemble», a assuré François Bonnardel aux journalistes, mardi, à l’Assemblée nationale, avant la reprise des travaux parlementaires.

Mercredi dernier, un nouveau tracé du troisième lien routier a été publié. À la pointe de l’île d’Orléans et à Beauport sur le plan initial, plus à l’est, le nouveau tracé sous-fluvial relie maintenant les deux centres-villes.

Neuf kilomètres de tunnel dessinés entre l’autoroute 20, à la hauteur de la rue Mgr-Bourget, sur la Rive-Sud, jusqu’au pied de l’autoroute Laurentienne, dans le quartier Saint-Roch, juste devant le stade Canac et le parc Victoria.

Lundi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a promis que «la sortie du tunnel ne crée[ra] aucun dommage» aux citoyens des quartiers centraux.

«Est-ce que la sortie sera 100 m, 200 m, 300 m en aval ou en amont de ce qui a été prévu? On va regarder ça avec l’équipe de Québec», a pour sa part répété le ministre Bonnardel.

Prolonger le tunnel pour sortir au nord à la rue Soumande ou même à l’autoroute Félix-Leclerc? «C’est peut-être un peu trop loin», estime M. Bonnardel.

Le terrain de l’actuel siège social de la CNESST, qui se libérera en 2021 au coin nord-ouest de la jonction entre l’autoroute Laurentienne et la rivière Saint-Charles? «C’est prématuré.»

Assurer qu’on ne touchera pas au parc Victoria? «On n’est pas rendu là. Il existe plusieurs options, [la Ville de] Québec nous mettra sur la table ce qu’elle pense le meilleur. Donnez-nous le temps de travailler avec les ingénieurs qui ont conçu le tracé!»

Une chose est claire pour le ministre : le troisième lien ne sera pas réservé au transport en commun.

«Le but n’est pas d’augmenter la congestion routière. C’est de changer le comportement si possible de plusieurs automobilistes et de trouver la meilleure ébauche. Je vais répondre aux inquiétudes des résidents de Saint-Roch», conclut-il.

Son patron, le premier ministre, qualifie le nouveau tracé de «quelque chose d’intéressant». «Un lien qui arrive au centre-ville, qui comporte un volet de transport en commun et qui peut se greffer au projet de tramway, je trouve ça vraiment porteur», affirme François Legault.

«Pas l’idée du siècle»

Chez les partis d’opposition, le libéral Gaétan Barrette dénonce que comme lors de l’annonce du premier tracé, en juin, le ministre des Transports n’a pas fourni «d’explication, pas de justification, pas de données».

«Gros succès médiatique, ce qui est normal, c’est l’ABC de la communication. On lance un concept, ça pogne, les détails, on n’en parle pas, on relègue ça aux oubliettes!» a lancé le député de La Pinière au ministre Bonnardel, lors de la période de questions.

«Est-ce que le ministre peut rendre public une esquisse, un croquis, une élévation de ce que va être la jonction entre Laurentienne et le tunnel? Est-ce que le ministre peut nous démontrer par les faits que la sortie du tunnel ne deviendra pas un stationnement aux heures de pointe?» a questionné M. Barrette, sans obtenir de réponse directe du ministre.

Porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois a quant à lui affirmé en point de presse que le nouveau tracé n’est pas plus acceptable que l’ancien.

«Tout le monde réalise que d’ajouter des milliers de chars de plus dans un centre-ville déjà congestionné, ce n’est pas l’idée du siècle. Si ce projet-là rajoute de la congestion à Québec, ce n’est pas une amélioration! Le problème sur le terrain pour les gens du centre-ville de Québec, qui est déjà congestionné et qui va l’être encore plus, reste entier», constate M. Nadeau-Dubois.