Un appel d’offres publié au début du mois confirme que la GRC sera représentée en nombre dans la région, dont à Valcartier.

Sommet du G7: la GRC logera à la base de Valcartier

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) occupera en partie la base militaire de Valcartier à l’occasion du Sommet du G7 des 8 et 9 juin, a constaté Le Soleil. Des «aménagements» ont d’ailleurs déjà été effectués à la demande de la police nationale.

Les agents fédéraux demeurent cependant discrets quant aux détails opérationnels : «Pour des raisons de sécurité, nous ne commenterons pas sur des questions pouvant nuire à la protection de nos policiers lors de l’événement du G7», nous a courtement écrit Geneviève Byrne, du Bureau des communications de la Division C couvrant le Québec. 

Beaucoup de questions resteront sans réponses.

Un appel d’offres publié au début du mois confirme cependant que la GRC sera représentée en nombre dans la région : à Valcartier, mais aussi aux bureaux de son détachement local installé près de l’aéroport et à Québec même où des manifestations et des activités du G7 seront organisées. Les documents consultés indiquent qu’un traiteur est recherché pour nourrir les troupes dans ces trois lieux. 

Une visite à la garnison du nord de la capitale, en matinée vendredi, ne nous a pas permis d’en apprendre beaucoup plus. Ni de voir les «aménagements», le reporter ayant été stoppé par les agents de la firme privée Les Commissionnaires postés à la guérite. 

Jointe au téléphone, la capitaine Rachel Lefebvre, officière aux affaires publiques à Valcartier, ne pouvait pas s’épancher davantage. Elle nous a fait ricocher vers le Groupe intégré de la sécurité (GIS). Cette entité, créée pour assurer la sécurité durant le Sommet du G7, est justement pilotée par la GRC. Les Forces armées canadiennes, la Sûreté du Québec, le Service de police de la Ville de Québec et la Sécurité publique de Saguenay sont membres du GIS mais ont été subalternisés à la police fédérale. 

De la place pour tout le monde

Marie-Christine De Tilly, officière aux affaires publiques pour le Quartier général de la 2e Division du Canada et pour la Force opérationnelle interarmées (Est) reconnait cependant que les informations transmises au Soleil par un lecteur sont exactes : des «installations […] ont été aménagées temporairement pour soutenir la GRC.»

Cette occupation policière de la base militaire surviendra au moment où des troupes de Valcartier reviendront de l’ouest du pays où elles participent à un entraînement de grande envergure. «L’entraînement majeur des troupes de Valcartier ce printemps est l’exercice MAPLE RESOLVE qui a lieu à la Base des forces canadiennes Wainwright en Alberta. Il s’agit d’un exercice colossal qui a pour but de valider l’état de préparation opérationnelle du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada en vue d’un éventuel déploiement à la demande du gouvernement canadien.»

Beaucoup de soldats seront donc de retour à la maison tandis que la GRC logera sur place. La Défense nationale assure qu’il y aura assez d’air pour tout le monde : «Le soutien offert par la Base Valcartier dans le cadre de l’opération CADENCE n’affecte pas les entraînements militaires.» Les quartiers alloués aux policiers ne seraient pas «requis» par les habitants réguliers du site, les membres du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada.

Rare participation de l’armée

Le Soleil révélait récemment qu’environ 2000 membres de l’armée, de la marine et de l’aviation prendraient part à l’opération CADENCE pour assurer la protection des élites politiques et économiques qui s’installeront à Québec et La Malbaie en juin. 

«Les Forces armées canadiennes sont régulièrement appelées à venir appuyer les efforts de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada ou d’autres ministères», explique la capitaine Marie-Christine De Tilly. «Des opérations de l’envergure de l’opération CADENCE surviennent cependant plutôt rarement. […] À titre d’exemple, en 2010, les Forces armées canadiennes ont été impliquées dans les Sommets du G8 et du G20 en Ontario, ainsi que lors des Jeux olympiques en Colombie-Britannique.»