Solution temporaire à la congestion routière

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) étudiera la proposition de la Ville de Québec d'inverser des voies de circulation sur le pont Pierre-Laporte aux heures de pointe, mais la dissocie du projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis.
L'attaché de presse du ministre Laurent Lessard a fait savoir lundi que le MTQ analysera la suggestion de l'administration Labeaume «comme on porte attention quand des demandes nous sont faites». Ce n'est toutefois pas le bureau de projet du troisième lien qui s'y penchera, car son mandat est vraiment d'«analyser les enjeux techniques et les améliorations de fluidité liés à la construction d'un nouveau lien routier», a précisé Mathieu Gaudreault.
Ce dernier a confirmé que l'idée d'utiliser le terre-plein central pour ajouter une voie de circulation réversible sur le pont Laporte a déjà été étudiée par le MTQ au fil des ans. Mais il n'était alors pas question de la technologie dite du zipper, qui permet de déplacer rapidement des blocs de béton pour augmenter le nombre de voies disponibles dans un sens ou dans l'autre. Les ingénieurs du gouvernement se butaient par ailleurs au fait que les approches ne sont pas configurées en fonction d'une septième voie sur le pont. 
Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, a pour sa part réaffirmé la nécessité d'un troisième lien routier entre les deux rives du fleuve Saint-Laurent même si des solutions à plus court terme font surface. 
Celui qui est député de Charlesbourg ne se montre pas inquiet des effets potentiels d'un afflux d'automobilistes dans l'est, même si Québec prédit un allongement des files d'attente et des temps de déplacement sur la rive nord. «Je trouve ça très bien que le problème soit posé. On aura différentes solutions à ce type de problème quand on aura le projet définitif», a-t-il réagi. 
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, est allé dans le sens des libéraux. «À court terme, oui, on est d'accord qu'il y a moyen d'améliorer la situation, mais ça n'a strictement rien à avoir avec le troisième lien», a-t-il commenté lundi.  
Pour M. Lehouillier, l'étude de la Ville de Québec sur les impacts d'un troisième lien aménagé à l'est repose sur des «données désuètes», qui datent de 2011, en plus de ne pas tenir compte du camionnage. Rappelons que la Table régionale des élus municipaux de Chaudière-Appalaches (TREMCA), a elle aussi rendu publique une étude il y a quelques mois, qui favorisait la construction d'un troisième lien, à partir des mêmes données provenant du ministère des Transports. 
«Les petites études comme on fait, que ce soit TREMCA ou Ville de Québec, on part des mêmes données, on part de la même bouillabaisse de chiffres, alors c'est désuet et il faut se projeter dans l'avenir», évalue M. Lehouillier.  Avec Patricia Cloutier