Le Soleil annonçait mardi que le SIS avoisinerait le site où Lauberivière projette de déménager, rue Xi’an, et le futur centre communautaire et sportif YMCA, qui ouvrira à l’automne 2019 sur le terrain de l’ancien cinéma Odéon.

Site d'injection supervisée: la Ville prête à céder un terrain à faible prix

Le maire de Québec confirme que la Ville est prête à céder à faible prix un terrain situé près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency pour y accueillir un site d’injection supervisée (SIS).

«Il faut rester dans l’environnement de la clientèle [des utilisateurs de drogue par intraveineuse (UDI)]. Tout ce qui tourne autour de Charest, sous les échangeurs, c’est ce qui est recherché. C’est pour sécuriser les commerces tout en étant proche de la clientèle», affirme-t-il, satisfait du possible lieu d’implantation actuellement à l’étude.

Le Soleil annonçait mardi que le SIS aurait finalement pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch. Il serait situé dans un édifice neuf sur un terrain appartenant à la Ville.

Il avoisinerait le site où Lauberivière projette de déménager, rue Xi’an, et le futur centre communautaire et sportif YMCA, qui ouvrira à l’automne 2019 sur le terrain de l’ancien cinéma Odéon.

«C’est une hypothèse, mais la décision n’est pas prise, a souligné Régis Labeaume. Avant de faire un choix définitif, il tient à soumettre un autre lieu au CIUSSS de la Capitale-Nationale, qui pilote le dossier. Il s’agit d’un second terrain que possède la ville. Cependant, le maire a refusé de préciser son emplacement.

Chose certaine, il tient à ce que les services rendus au SIS ne se bornent pas à offrir des «cubicules» aux usagers pour qu’ils s’injectent la drogue. «Il faut des services d’aide pour les personnes qui voudraient éventuellement s’en sortir», insiste-t-il, comme il l’avait déjà fait par le passé.

Les informations du Soleil déjà publiées laissent croire que son souhait sera exaucé. Outre les locaux de Point de repères, qui s’occupera, en collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale, du volet injection supervisée, le nouvel édifice abritera des espaces pour l’organisme PECH (pour Programme d’encadrement clinique et d’hébergement), qui y développera notamment des activités pour les personnes utilisatrices de drogues intraveineuses (UDI), et la clinique SPOT, dont les services de santé sont destinés aux patients marginalisés, non rejoints par le réseau de santé.

Un pavé dans la mare

Pour implanter un SIS à cet endroit, la population doit adhérer au projet. «Ça va être important d’informer les gens. Y’en a qui ont peur de ça. On va toujours être dans un «pas dans ma cour», mais je pense que ce lieu-là fait le travail. On va beaucoup communiquer», soutient M. Labeaume, qui se replongera dans le dossier au retour des Fêtes. Une rencontre est d’ailleurs prévue en janvier avec le CIUSSS.

Sans remettre en doute la nécessité d’un site d’injection, le maire a quand même remis en question les chiffres avancés sur le nombre réel d’utilisateurs dans la capitale, évalué à 900. 

«Entre les chiffres que j’entends et la réalité, c’est où la réalité, questionne-t-il. C’est dur à inventorier. Les travailleurs de rue donnent des chiffres, d’autres personnes ont tendance à gonfler. Tu cherches la bonne mesure. Ce n’est pas une science exacte», conclut-il.

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ATTENTION PARTICULIÈRE

La probable installation d’un site d’injection supervisée pour les toxicomanes à proximité du YMCA en construction dans Saint-Roch commande une attention particulière, évalue le ministre fédéral Jean-Yves Duclos. 

Le député de Québec est-il inquiet de la cohabitation possible d’un centre d’activités familiales et d’une piquerie étatique? «Les détails sont importants. […] Il faut que les choses soient faites correctement. Alors on compte sur la Ville de Québec et tous les acteurs de ce projet pour s’assurer que les choses soient faites correctement.» Le quartier a un grand besoin de lieux de loisirs, poursuit-il. Et les utilisateurs de drogue par injection ont besoin d’aide. Reste à voir comment s’assurer que les deux missions ne se nuisent pas. 

«Le besoin en infrastructures sportives et communautaires est essentiel dans le quartier Saint-Roch. Et le fait que des sites d’injection contribuent à une meilleure santé publique, à une meilleure sécurité publique, c’est aussi une bonne nouvelle.»  Baptiste Ricard-Châtelain