L’infirmier de la rue Gilles Kègle et son équipe ont effectué des visites préventives mercredi.

Seuls dans la chaleur extrême

Honoré Saint-Pierre avait hâte que son nouveau ventilateur arrive. Son ancien appareil était brisé et il suffoquait, mercredi, dans son logement d’un HLM du quartier Saint-Roch, à Québec.

La température atteignait 33 degrés Celsius dans la capitale et 36 °C dans son appartement. Le soleil donnait des airs de four à sa chambre, où il passe la majeure partie de ses journées couché dans son lit. 

Gilles Kègle, l’infirmier de la rue, est arrivé vers 14h avec le nouveau ventilateur. En sueur, M. Saint-Pierre, 75 ans, était content de le voir les hélices tourner et de sentir a brise sur sa peau. «J’endure le froid, mais la chaleur, j’ai bien de la misère avec ça.»

En cette troisième journée de canicule à Québec, Gilles Kègle et son équipe sont sur un pied d’alerte. Les personnes vulnérables et isolées — dont la Fondation Gilles Kègle s’occupe — sont plus à risque de perdre la vie lors des vagues de chaleur.

Grâce à Gilles Kègle, Honoré Saint-Pierre a reçu un nouveau ventilateur afin de combattre la canicule.

Déshydratation, difficultés respiratoires, problèmes cardiaques : le corps des gens à la santé fragile peut finir par lâcher prise contre la chaleur extrême. Gilles Kègle et ses bénévoles ont donc augmenté leur vigilance auprès de leurs patients, souvent socialement isolés. 

Les visites préventives permettent de leur éviter le pire, estime M. Kègle. «Sinon, il y en a qui pourraient mourir tous seuls», dit-il. 

L’infirmier de la rue l’a déjà constaté lui-même. Lors de la vague de chaleur en 2010, qui avait fait plus de 100 morts au Québec, Gilles Kègle avait trouvé deux corps la même journée dans le HLM de Saint-Roch où il a rendu visite à Honoré Saint-Pierre, mercredi.

Dans son petit appartement, Julien Martel, 60 ans, qui souffre d’emphysème, transpirait lui aussi. Gilles Kègle a pris signes vitaux. M. Martel allait bien dans l’ensemble. Mais avec la chaleur accablante, il se sentait essoufflé plus vite. 

«Si je bouge trop vite, je manque de souffle», dit-il. 

Julien Martel, 60 ans, qui souffre d’emphysème, transpirait lui aussi. Gilles Kègle a pris signes vitaux. M. Martel allait bien dans l’ensemble. Mais avec la chaleur accablante, il se sentait essoufflé plus vite.

Civisme

Dre Isabelle Goupil-Sormany, adjointe médicale à la direction de la Santé publique de la Capitale-Nationale, avait indiqué mardi au Soleil que le réseau de la santé effectue lui aussi des visites préventives auprès de personnes vulnérables lors de périodes de chaleur accablante. 

«Mais les gens qui ne sont pas suivis par le soutien à domicile, qui ne sont pas suivis par nos intervenants, ceux-là, on les échappe», dit-elle. 

D’où l’importance, en période de canicule, d’être attentif aux voisins, particulièrement à ceux qui sont isolés et vulnérables. «On va cogner à la porte, suggère-t-elle. “Allez-vous bien? Avez-vous accès à des places pour vous rafraîchir? Avez-vous besoin que je vous amène au centre d’achat?” C’est vraiment important.»