Une vingtaine de sites seraient toujours parmi les choix possibles. Si un autre que celui des bretelles (photo) devait être retenu, le CIUSSS devrait reprendre une série de consultations dans le voisinage immédiat.

Service d'injection supervisée: un nouveau site recherché

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale recherche un nouveau site pour implanter un service d’injection supervisée (SIS). Sans dire que le premier emplacement près des bretelles de l’autoroute Dufferin n’obtenait pas un consensus assez large dans le voisinage, les autorités veulent faire «un second tour de piste» du quartier Saint-Roch pour s’assurer de dénicher le meilleur endroit.

Depuis l’annonce de l’ouverture d’un SIS en juin 2018, les doléances et craintes de commerçants du secteur sont nombreuses : hausse de la criminalité, trafic de drogues, rencontres impromptues avec des usagers de drogues par injection, proximité avec certains commerces et du futur YMCA.

Parmi eux, Napoléon Woo, propriétaire du restaurant Wok’n’Roll mène un combat ouvert contre le projet initial qui doit voir le jour près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, à l’angle des rues Sainte-Marguerite et Mgr-Gauvreau.

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L’an passé, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et Points de Repères, organisme communautaire qui administrera le futur site, ont tenu une dizaine de séances d’information auprès des commerçants et résidents du secteur afin d’obtenir le plus large consensus possible.

Opposition inévitable

Jeudi, le CIUSSS dit avoir pris acte de ce qui s’était dit pendant les consultations, y compris les critiques. Mais que ce n’est pas la seule raison qui l’incite aujourd’hui à étudier d’autres sites potentiels. «Nous voulons nous assurer d’avoir vraiment analysé toutes les options. Ça reste [près des bretelles] une très bonne option. On a eu beaucoup de réponses très positives. C’est sûr qu’on a eu des oppositions aussi, mais il y en aurait sur n’importe quel site», explique Marc De Koninck, organisateur communautaire au CIUSSS et chargé de projet pour l’implantation du SIS.

Le directeur général de Point de Repères, Mario Gagnon, accepte cette réévaluation du site, mais souhaite que le projet aille de l’avant le plus rapidement possible compte tenu des besoins des utilisateurs et des ravages des drogues de plus en plus fortes. «On a entendu les préoccupations. Mais on regarde les surdoses et les chiffres sont effrayants à la grandeur du Canada», laisse-t-il savoir. 

Une vingtaine de sites seraient toujours parmi les choix possibles. Si un autre que celui des bretelles devait être retenu, le CIUSSS devrait reprendre une série de consultations dans le voisinage immédiat.

«Il y a un contrat moral avec la population, insiste M. De Koninck. Nous devons prendre acte de ce qui nous est amené et on s’est dit que ça valait la peine d’évaluer d’autres sites potentiels sans mettre de côté celui soumis à la population.» 


« On a entendu les préoccupations. Mais on regarde les surdoses et les chiffres sont effrayants à la grandeur du Canada »
Le directeur général de Point de Repères, Mario Gagnon

Le service qui pourrait voir le jour permettra aux consommateurs de drogues de s’injecter en toute sécurité sous la supervision de professionnels et de créer un pont avec les services de santé.

Les objectifs d’un SIS, comme il en existe ailleurs au pays depuis des années, mais seulement depuis juin 2017 à Montréal, vise à rejoindre le plus d’utilisateurs et d’avoir un impact sur la réduction des méfaits et l’amélioration de la santé publique.

À Québec, on compterait environ 900 utilisateurs de drogue par intraveineuse, selon un rapport 2014 du défunt Centre de santé et de services sociaux.

L’immeuble à construire dans le projet initial doit aussi abriter les locaux de la clinique de santé SPOT, destinée aux personnes marginalisées, en situation de vulnérabilité et non rejointes par l’offre de soins et services existante.