Christian Haerinck a reçu sa première cornemuse en cadeau et a appris à jouer lui-même.

Septième défilé de la Saint-Patrick pour un passionnné de cornemuse

Instrument de musique souvent mal aimé, la cornemuse est le sujet d'une passion inconditionnelle de la part de Christian Haerinck. «Ce n'est pas difficile d'en jouer, c'est difficile de bien en jouer», lance le barbu gaillard de 47 ans, qui participera samedi après-midi à son septième défilé de la Saint-Patrick. Il a toujours été sur les rangs depuis le retour de l'événement dans la capitale, en 2010.
Le technicien de laboratoire à l'école secondaire La Camaradière est un autodidacte, un vrai. Après avoir reçu en cadeau une cornemuse... défectueuse, il y a une quinzaine d'années, il a profité d'un voyage en Écosse pour dénicher les morceaux pour la réparer. De fil en aiguille, il attrape la piqûre. De retour à Québec, quelques cassettes vidéo dans ses bagages, il se met sérieusement au travail. Au fil des ans, des leçons en ligne viennent parfaire sa formation. «Si j'avais eu ça dans le temps, ç'aurait changé ma façon de jouer.»
Sa passion née en terre écossaise occupe aujourd'hui ses temps libres. Avec son frère Dominic et le violoniste Daniel Fréchette, le quadragénaire de Lac-Saint--Charles fait partie du groupe Crépuscule, un trio qui roule sa bosse depuis 2002 dans la musique traditionnelle écossaise. La fin de semaine dernière, au Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald, ils étaient près d'une centaine à les applaudir. À l'occasion, Christian joue aussi avec les 78th Fraser Highlanders, un corps de tambours et cornemuses.
Assis ou debout
Ils seraient une trentaine à Québec, comme lui, à jouer régulièrement de la cornemuse, qu'elle soit écossaise ou irlandaise. La différence? La seconde, celle qu'on peut entendre dans Braveheart et Titanic, se pratique assis.
À son avis, la plus grande difficulté dans l'apprentissage de la cornemuse est d'apprendre à souffler dans le sac pour maintenir la pression égale, l'un des bras jouant un rôle primordial. «C'est dur. Ça arrive qu'il faut que je me traîne un t-shirt de rechange tellement j'ai eu chaud.»
Avec un mercure qui devrait atteindre les - 5 °C, samedi, lors du défilé, Christian Haerinck avoue que «ce ne sont pas les conditions idéales» pour faire jaillir d'une cornemuse les sons les plus mélodieux. «Il faut que ton instrument soit bien accordé afin d'atteindre un plateau.»
Mais pour rien au monde il ne changerait d'instrument de musique. «Il y en a qui s'improvisent joueurs de cornemuse et qui font des notes. Je peux comprendre le monde qui en garde de mauvais souvenirs. En jouer est un art. Quand c'est bien joué, il n'y a rien qui peut égaler ça.»
Vous voulez y aller?
Quoi: défilé de la Saint-Patrick
Quand: samedi, 13h30
Où: départ coin Fraser et De Salaberry, avenue Cartier, Grande Allée, rue Saint-Louis,  rue du Fort, rue De Buade, rue des Jardins, côte de la Fabrique, rue Saint-Jean