Le projet de la Ville oblige Étienne Labillois à faire une croix sur toute la partie de terrain située à la limite arrière de son cabanon.

Sentier pédestre contesté dans le secteur de Neufchâtel Est

Plus d’une trentaine de propriétaires du secteur Neufchâtel Est demandent à la Ville d’annuler un projet de sentier pédestre prévu derrière leur résidence. Ils craignent une perte d’intimité, les risques de vol et une dévaluation de leur propriété.

Depuis 1981, les résidents des rues Courtois et Saint-Charles et de l’avenue André Malapart ont l’autorisation de la Ville d’utiliser à leur propre fin, en cour arrière, une partie d’un terrain municipal où passent des canalisations, entre l’avenue Chauveau et la rue Coursol. Pour la plupart, les lieux sont clôturés et gazonnés. Certains y ont même installé quelques équipements comme un foyer extérieur.

À la surprise de tous, la Ville a envoyé à l’été une mise en demeure, leur demandant de retirer toutes les installations, sous prétexte qu’elle veut aménager un sentier pédestre.

«Au départ, on devait tout avoir enlevé pour l’automne. Mais après avoir discuté avec des représentants, nous avons maintenant jusqu’au printemps», explique Annie Chabot, une résidente, encore choqué de cette annonce subite.

Dévaluation possible

Pour elle, le projet de l’administration Labeaume risque de dévaluer sa propriété et entraînera une perte d’intimité en plus de faire augmenter les risques de vol à cause de la facilité d’accès en cours arrière donnée à des personnes mal intentionnées. 

«Nous avons fait plusieurs suggestions à la Ville, mais c’est une fin de non-recevoir, déplore Étienne Labillois, un autre propriétaire affecté par la décision. Nous sommes prêts à faire des aménagements pour que la Ville puisse avoir accès plus facilement aux canalisations en cas de bris ou d’entretien, mais nous ne voulons pas de sentier pédestre», poursuit le résident, qui, comme ses voisins, a investi pour entretenir et aménager l’extension de son terrain.


« Nous avons fait plusieurs suggestions à la Ville, mais c’est une fin de non-recevoir. Nous sommes prêts à faire des aménagements pour que la Ville puisse avoir accès plus facilement aux canalisations en cas de bris ou d’entretien, mais nous ne voulons pas de sentier pédestre »
Étienne Labillois, un propriétaire affecté par la décision

Nathalie Tremblay est directrice générale du CPE Aux Poussinots d’Alakazou à l’intersection de l’avenue Chauveau et de la rue Saint-Charles. C’est à cet endroit précis que le sentier de 365 mètres doit débuter.

L’été dernier, son organisation a investi 45 000 $ pour améliorer les équipements extérieurs destinés aux tout-petits. Le projet de la Ville l’oblige à tout démonter. «Nous sommes locataires depuis 30 ans. Nous avons demandé l’autorisation au propriétaire de faire des aménagements. Mais on ne pensait pas que c’était sur un terrain de la Ville», regrette-t-elle.

Le candidat de Qc21 dans Neufchâtel-Lebourgneuf, Patrick Paquet, prend la défense des citoyens. «Je ne comprends pas la décision de la Ville. Ce sentier n’est pas utile. Il serait possible de faire un lien pédestre sécuritaire dans une rue adjacente, soutient-il, promettant d’arrêter ce projet s’il est élu le 9 décembre.

La conseillère d’Équipe Labeaume, Marie-Josée Savard, responsable de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, regrette la récupération politique de ce dossier dans le contexte de l’élection partielle.

Projet datant de 2012

«C’est un projet qui est dans les cartons depuis 2012 avec l’élaboration de la trame bleue et verte. Ça s’inscrit dans la volonté de la Ville de créer des liens pédestres pour désenclaver les quartiers», explique-t-elle.

Elle comprend le désappointement des citoyens, mais maintient que la reprise de possession des lieux est nécessaire pour compléter le plan d’aménagement des sentiers dans le secteur et créer un meilleur accès aux infrastructures souterraines de la Ville. 

«Nous avons proposé des mesures d’atténuation aux citoyens dont une douzaine empiètent sur les terrains de la Ville. D’autres propositions seront faites lors d’une prochaine rencontre», ajoute-t-elle, soulignant que le sentier sera fréquenté essentiellement par des gens du quartier. Ce n’est pas un lieu de rassemblement ni un passage touristique. Nous avons fait la même chose dans d’autres quartiers de la Ville et personne ne nous rapporte de vol ou du vandalisme», rassure-t-elle, en guise de conclusion.