Santé mentale: Labeaume «très inquiet» de la réorganisation des services

Régis Labeaume se dit «très inquiet de la réorganisation des services de santé mentale» dans la capitale, notamment de la fermeture annoncée de l’urgence psychiatrique de l’hôpital du Saint-Sacrement. Le maire demande au gouvernement québécois de ne pas réduire l’offre de soins, plutôt d’injecter des fonds pour récupérer les âmes perdues. Une question de sécurité publique.

«Ce qui se passe est très inquiétant», a déclaré Régis Labeaume mardi. «Il y en a de plus en plus dans la cité qui errent. Et, avec l’augmentation de l’âge moyen de la population, c’est mathématique il va y en avoir de plus en plus. Et on donne, honnêtement je le pense, de moins en moins de soins.»

«Les gouvernements, il y a quelques années, ont désinstitutionnalisé. Et on a l’impression que depuis ce temps-là, ils n’ont pas fait grand-chose», déplore le maire. «Ils pensent normal que des gens qui ont des problèmes de santé mentale errent dans la ville. Moi je pense que ce n’est pas normal, il faut en prendre soin.»

«Je dis ceci au gouvernement : “Reprenez le gouvernail, recommencez à réfléchir à cela. C’est un problème qui va en augmentant. Mais visiblement vous n’avez pas beaucoup d’intérêt pour vous en occuper.”»

Plutôt que de centraliser les services destinés à cette clientèle, Régis Labeaume évalue qu’il faut les disperser sur le territoire, accroître l’accessibilité. «Quand tu as un problème qui augmente, il faut que tu augmentes les services de première ligne.»

L’État devra décaisser pour soutenir les établissements du réseau de la santé et les groupes communautaires, selon lui. «Éventuellement, il va falloir investir. Ça me semble tellement évident. […]«Il va falloir les loger ces gens-là, il va falloir que tous les soirs ils aient un toit sur la tête. On ne peut pas les laisser errer dans la ville continuellement 24 heures par jour.»

Question sécuritaire

La question de l’itinérance, de la santé mentale, est prioritaire pour les mairies des principales agglomérations canadiennes, ajoute-t-il. «C’est en train de devenir une, et peut-être la principale, cause des problèmes de sécurité dans les grandes villes. C’est très grave.»

«Nous considérons qu’un des plus gros problèmes qu’on va vivre dans les prochaines années, c’est la santé mentale dans la cité. C’est-à-dire l’augmentation du nombre assez effarant de personnes errant dans la ville avec des problèmes de santé mentale.»

Régis Labeaume escompte donc être consulté par le gouvernement national. «On voudrait être sûr qu’ils comprennent bien que c’est un problème qui va en augmentant et que pour nous, les gestionnaires municipaux, ça va devenir très sérieux tantôt. Particulièrement en terme de sécurité.»

Financement

Le maire de Québec a ainsi interpelé le gouvernement en marge d’une conférence de presse annonçant un don privé à des organismes de Québec oeuvrant en santé mentale. Bell versera quelque 78 000 $ puisés dans son Fonds communautaire Bell Cause pour la cause. Les bénéficiaires sont Communautés Solidaires ; Deuil-Jeunesse ; le Verger centre communautaire en santé mentale ; l’Organisation communautaire d’écoute et d’aide naturelle (OCÉAN).

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