La mairesse Wanita Daniele de Sainte-Brigitte-de-Laval n'était pas en mesure de dire vendredi si l'ancien dg Gaétan Bussières sera congédié ou si la Ville tentera de trouver un terrain d'entente pour le versement d'une indemnité de départ réduite.

Sainte-Brigitte-de-Laval: lien de confiance «rompu» avec l'ancien directeur général

Le ménage anticipé par plusieurs à l'hôtel de ville de Sainte-Brigitte-de-Laval aura bel et bien lieu. La mairesse Wanita Daniele a confirmé au Soleil que le directeur général Gaétan Bussières, présentement suspendu sans solde, ne travaillera plus jamais pour la municipalité.
«Le lien de confiance est rompu», a indiqué la mairesse, vendredi matin, lors d'un entretien téléphonique.
Le conseil dirigé par Mme Daniele a suspendu le dg en décembre dernier, après que Le Soleil eut dévoilé les conditions de travail et le salaire que lui a accordé le précédent conseil municipal, tout juste avant les élections de l'automne dernier. M. Bussières s'est notamment fait accorder un salaire annuel de 125 000 $, huit semaines de vacances et son contrat est doté d'une indemnité de départ d'un demi-million de dollars s'il devait être congédié.
Une révision de tous les contrats de travail liant M. Bussières à la municipalité a été lancée par un comité dirigé par la mairesse. La firme d'avocats Jolicoeur Lacasse et le cabinet de comptabilité Mallette, mandatés par la Ville, appuient Mme Daniele dans ses démarches.
La mairesse confirme que le versement au dg d'une somme de quelque 45 000 $ - qui apparaît aux livres comme une indemnité de départ - lors de l'année 2012 a retenu l'attention des vérificateurs. Ce montant a fait passer la rémunération en argent du dg à près de 200 000 $ cette année-là, ce qui excède de plusieurs dizaines de milliers de dollars ce qui était prévu au contrat de travail qui était alors en vigueur.
«Quand tu parles d'un montant de 44 800 $ qui t'est versé en salaire non perçu et que tu te retrouves cette année-là avec près de 200 000 $ de revenus, il y a peut-être quelque chose qui cloche. Sainte-Brigitte-de-Laval a-t-elle les moyens de payer ce salaire-là?»
Est-ce que le versement de la somme au dg a été approuvé dans les règles de l'art par le conseil qui était alors dirigé par Gilbert Thomassin? Joint au téléphone hier, M. Thomassin disait ne pas se souvenir d'avoir approuvé une telle dépense avec ses collègues.
La mairesse espère obtenir davantage d'information des avocats à ce propos avant la réunion du conseil municipal de lundi soir. Elle reconnaît que tout ce processus a été retardé par la fracture ouverte à un bras qu'a subie le directeur général par intérim, Serge Demers, plus tôt cette semaine, quand il a glissé dans le stationnement de l'hôtel de ville.
Mme Daniele affirme aussi que M. Bussières aurait demandé à la directrice des finances de la Ville de retirer une facture de 2000 $ qui figurait aux livres comptables. La somme devait être versée à la fin de 2013 à celui qui a été maire de Sainte-Brigitte-de-Laval entre 1997 et 2009, Pierre Vallée. L'ingénieur à la retraite siège depuis 2011, à la demande de M. Bussières, à des comités de sélection de la municipalité quand vient le temps de départager des appels d'offres.
C'est M. Vallée qui était maire de la ville quand M. Bussières est devenu le directeur général. En entrevue avec Le Soleil, M. Vallée a confirmé qu'il recevait environ 500 $ par comité de sélection et qu'il attendait toujours le paiement de cette facture de 2000 $.
«Moi, j'étais prête à le payer, M. Vallée, quand le dg m'a parlé de son implication dans les comités de sélection, a indiqué la mairesse. La question qu'on se pose, c'est pourquoi il [Gaétan Bussières] l'a fait effacer des livres? S'il tente de faire disparaître une facture de 2000 $, je peux me demander qu'est-ce qu'il pourrait me cacher d'autre.»
La mairesse n'était pas en mesure de dire si le dg sera congédié ou si la Ville tentera de trouver un terrain d'entente pour le versement d'une indemnité de départ réduite, afin d'éviter de longues procédures devant les tribunaux. Les avocats des deux parties sont déjà en discussions à ce propos.
«Je suis pas à l'aise avec ça [l'indemnité de départ réduite] comme mairesse et je suis pas à l'aise avec ça comme citoyenne, précise-t-elle. Par contre, je me dis qu'on est peut-être mieux de lui verser une certaine somme d'argent pour ne plus en entendre parler et pouvoir passer à autre chose.»
Déry aussi dans la mire
La mairesse a aussi confirmé que le lien de confiance avec le directeur des affaires juridiques, Sylvain Déry, était également rompu et que ce dernier devra aussi se trouver du travail ailleurs.
Elle lui reproche notamment d'avoir envoyé une mise en demeure à un ancien conseiller municipal, François Chabot, sans avoir obtenu l'accord du directeur général par intérim. Le document avait été acheminé à l'ancien élu à la suite d'une entrevue accordée au Soleil en décembre dans laquelle il disait que Gaétan Bussières avait obtenu un contrat de travail blindé du précédent conseil, car il craignait l'élection de Wanita Daniele.
Gaétan Bussières n'a pas répondu à notre message laissé à son domicile et à nos nombreux appels.