Une bonne partie du quartier Saint-Roch est plongée dans le noir. 

Saint-Roch veut sa place D'Youville en hiver

La Basse-Ville veut aussi sa patinoire extérieure. La Société de développement commercial (SDC) du quartier Saint-Roch concocte un projet pour que le centre-ville ait sa place D'Youville l'hiver, une idée qui s'inscrit dans la longue liste élaborée par la nouvelle administration du regroupement de commerçants, qui a récemment décidé de larguer le «Nouvo» dans sa dénomination.
<p>Le nouveau président du C.A. de la Société de développement commercial du quartier Saint-Roch, Éric Courtemanche Baril (à l'arrière), et la directrice Catherine Raymond (debout à gauche) sont accompagnés d'employés de l'organisme, soit Marylou Boulianne (debout), Laurie D. Chouinard et Hery Raharison. </p>
«Le Jardin Saint-Roch, au départ, ça devait être quatre saisons», fait valoir le nouveau président du conseil d'administration de la SDC du quartier Saint-Roch et propriétaire de l'Intermarché, Éric Courtemanche Baril. Cela fait plus d'un an que l'idée de «parc hivernal», avec une patinoire comme attraction principale, lui trotte dans la tête.
Il voyait d'abord un simple anneau autour du célèbre arbre de Noël de la place de l'Université-du-Québec. Lorsqu'il en a discuté avec ses collègues, ceux-ci ont aussi proposé d'élaborer un chemin glacé dans le Jardin de Saint-Roch. Les deux espaces, qui possèdent déjà des toilettes, seraient ainsi exploités. Les employés du coin, mais aussi les résidents et les touristes pourraient bénéficier des nouvelles patinoires qui permettraient à tout le monde de se délier les jambes à 15 degrés sous zéro, fait valoir M. Courtemanche Baril.
La SDC élabore le montage financier, impliquant d'éventuels partenaires privés et publics, en fonction de ce qui sera privilégié comme modèle. Une simple surface glacée à l'ancienne ou une patinoire réfrigérée, comme celle des Plaines l'hiver dernier? Toutes les options sont étudiées. Une fois ficelé, le projet sera officiellement présenté à la Ville de Québec. Déjà au parfum, la conseillère municipale de Saint-Roch-Saint-Sauveur, Chantal Gilbert, est plutôt enthousiaste. «J'attends avec impatience les détails», affirme l'élue, qui rappelle cependant que l'argent est le nerf de la guerre dans ce genre d'initiative.
Nombreux projets
La patinoire est par ailleurs l'un des nombreux dossiers sur lesquels travaille la nouvelle administration de la SDC depuis qu'elle est en poste. L'ancien directeur, Stéphane Sabourin, a passé le flambeau à Catherine Raymond cet automne tandis que la moitié du conseil d'administration a été renouvelé presque en même temps. 
Originaire de Québec, Mme Raymond a dirigé la seule SDC de Trois-Rivières pendant sept ans avant de rentrer au bercail. Sa réaction en débarquant à Saint-Roch? «Il y a beaucoup de potentiel! Il y a un peu de locaux vacants, mais on va essayer de régler ça», lance-t-elle, optimiste d'être capable de faire diminuer le taux d'inoccupation, qui est actuellement d'environ 8 %. Elle se réjouit notamment de l'arrivée de deux nouveaux joueurs sur Saint-Joseph, Poutineville et Céramique Café, mais croit qu'il faut continuer à travailler. 
Selon Mme Raymond et M. Courtemanche Baril, l'élaboration d'un deuxième Programme particulier d'urbanisme (PPU) pour couvrir le secteur compris entre Langelier et les autoroutes est primordiale pour densifier la basse ville, qui n'a accueilli que 600 nouveaux résidents en près de 10 ans. «Québec n'a aucune excuse» pour développer ses banlieues avant son coeur, tranche la directrice, qui croit que la mode des magasins à grande surface aux abords des villes est de toute façon en train de s'essouffler à travers le monde.
Signe qu'un nouveau vent souffle sur la SDC du quartier Saint-Roch, celle-ci a décidé de justement laisser tomber le «Nouvo» dans son appellation. «On mise sur l'authenticité. On est au centre-ville et on s'assume», explique le président, qui ne voyait plus la nécessité de faire référence à la cure de jeunesse qu'a subie le quartier il y a plus de 10 ans déjà. L'identité visuelle a été modifiée tandis qu'un nouveau site Internet sera mis en ligne début août.
Quelques projets sur la table
«Sentinelle urbaine»
Si les rues du centre-ville brillent comme un sou neuf après son shampoing du matin, dès l'heure du midi, elles sont à nouveau moins propres. C'est pourquoi la SDC du quartier Saint-Roch a embauché sa première «sentinelle urbaine» estivale, Hery Raharison, qui veille à donner un coup de balai ou signaler des bris d'infrastructures les jours de semaine. Le jeune homme sert aussi de kiosque d'information touristique ambulant puisqu'il a le mandat de répondre aux questions des gens qui circulent sur le territoire. Dès l'été prochain, la SDC souhaite une véritable équipe de sentinelles pour couvrir les soirs et la fin de semaine. À M. Raharison, s'ajoutent deux autres employés à temps plein cette fois : une coordonnatrice aux communications, Laurie D. Chouinard, et une coordonnatrice des services aux membres et projets spéciaux, Marylou Boulianne.  
Pour les cyclistes de Saint-Roch
«Il est impossible de traverser le centre-ville en vélo de façon légale», s'exclame M. Courtemanche Baril. Selon lui, une piste cyclable est primordiale pour donner un meilleur accès à Saint-Roch aux cyclistes, qui se voient souvent contraints de rouler à contresens sur Saint-Joseph pour éviter le dangereux boulevard Charest. Un projet a été imaginé en partenariat avec plusieurs organismes du secteur où une piste serait aménagée sur la rue Saint-Vallier Est, reliant celle du Vieux-Québec à l'école des Berges par le biais de la rue du Parvis qui deviendrait «partagée». Parlant de vélos, M. Courtemanche Baril veut plus de stationnements pour ces derniers et a demandé à la Ville d'en installer un ou deux devant son commerce. Ils prendraient la place d'espaces consacrés aux voitures.
Parcomètres sur Saint-Joseph
Les habitués de la rue Saint-Joseph devront s'y faire, les parcomètres annoncés par l'administration Labeaume seront installés sous peu, voire la semaine prochaine si la Ville ne décale pas encore son échéancier. La directrice de la SDC du quartier Saint-Roch, Catherine Raymond, voit leur arrivée d'un bon oeil puisque selon elle, cela entraînera un plus grand roulement de la clientèle. «De toute façon, un lunch d'affaires, ça dure plus qu'une heure», renchérit le président de l'organisation, Éric Courtemanche Baril, au sujet des espaces gratuits de 60 minutes.