«Le quartier bénéficierait grandement de l’ajout d’hébergement touristique. On veut avoir plus de touristes dans le quartier. […] L’hébergement touristique doit être permis dans le quartier», a indiqué jeudi Alexandrine Cardin-Dubé, directrice de la Société de développement commercial centre-ville.

Saint-Roch et Limoilou veulent plus d'offres Airbnb

Les consultations en cours à la Ville de Québec sur la location touristique «collaborative» de type Airbnb ont réservé quelques surprises. Dont ces «simples citoyens» venus vanter la pratique — et les revenus d’appoint qui viennent avec — parfois en brandissant des biscuits! Ou les commerçants de Saint-Roch et le Conseil de quartier du Vieux-Limoilou qui, loin de critiquer, voudraient augmenter l’offre sur leur territoire.

Les groupes de pression du centre-ville nous ont plus habitués à la dénonciation. Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste a d’ailleurs réitéré ses inquiétudes, jeudi. Les touristes ne vont pas à l’école du quartier ni à la quincaillerie, souligne la permanente Marie-Ève Duchesne. Et leur présence crée une pression à la hausse sur les loyers des locataires.

Même constat en basse ville. «On est assez inquiets», lance Émile Picher, de la Table de quartier l’EnGrEnAgE de Saint-Roch. «C’est de plus en plus cher.»

Pour maintenir le dynamisme du centre-ville, il recommande une réglementation coercitive, l’imposition de quotas, l’interdiction de louer un logement que l’on n’habite pas…

Argumentaire repris par le Bureau d’animation et information logement: «Il faut mettre en place des balises claires et des mesures de contrôle», prône l’organisateur communautaire Jonathan Carmichael.

Venez!

Encadrer, pas de problème, acquiesce la directrice de la Société de développement commercial centre-ville, Alexandrine Cardin-Dubé. Mais Saint-Roch accueillerait volontiers beaucoup plus de visiteurs! «Le quartier bénéficierait grandement de l’ajout d’hébergement touristique. On veut avoir plus de touristes dans le quartier. […] L’hébergement touristique doit être permis dans le quartier.»

Même ouverture sur l’autre rive de la rivière Saint-Charles. «On considère que l’offre d’hébergement touristique de type Airbnb dans le quartier est assez limitée», évalue le président du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou, Raymond Poirier. «L’offre touristique est relativement mince, voire inexistante.»

Des hôteliers, des proprios…

D’autres points de vue? Durant la présence du Soleil dans la salle des consultations, il y a eu cette dame, propriétaire d’appartements avec son conjoint. Les biscuits, c’est elle. Madame, qui a reçu un avis d’infraction de la Ville, voulait simplement mousser le bon côté de la location touristique: les rencontres avec des gens du monde, les cadeaux échangés (du sirop d’érable, par exemple)… et le revenu généré pour payer l’hypothèque.

Un autre proprio du Vieux-Québec voudrait tout autant pouvoir louer ses petits logements sur le Web aux touristes sans craindre la visite des inspecteurs.

Il y a eu des hôteliers aussi. Venus dénoncer la compétition déloyale.

Des voisins d’adeptes d’Airbnb, également. Venus dénoncer le bruit, le va-et-vient. Venus parler de leurs craintes quant aux assurances en cas de feu.

Donc, le débat polarise… et n’est pas terminé. Les travaux de réflexion pilotés par l’Office du tourisme de Québec se poursuivront jusqu’au dépôt de recommandations à l’adresse des élus. Si la Ville décide ensuite de présenter une nouvelle réglementation, celle-ci sera soumise à une autre consultation publique.

Quant au citoyen corporatif le plus cité du jour, Airbnb, sa représentante présente à Québec a remis un mémoire dans lequel l’entreprise dit «souhaiter» une réglementation «facile à appliquer», dit «souhaiter» payer sa juste part.

Il est possible de s’exprimer en ligne jusqu’au 31 mars ici.

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QUELQUES CHIFFRES

11 500 chambres que compte la capitale dans près de 300 établissements d’hébergement touristiques légaux. La moitié sont situés dans l’arrondissement La Cité-Limoilou.

2195 offres de logements environ dans tout le territoire de Québec, seulement sur le site Airbnb.

Source: Ville de Québec