Pourquoi les taxes devront-elles augmenter de 23 %? Parce que Saint-Augustin a utilisé son surplus accumulé lors des années passées et elle a vendu des terrains. En 2015, la caisse semble à sec, explique l'auteur.

Saint-Augustin: séance extraordinaire du conseil annulée faute de quorum

Il y avait bien une cinquantaine de citoyens dans la salle du conseil de Saint-Augustin-de-Desmaures lundi soir pour la séance extraordinaire du conseil municipal convoquée par le maire Sylvain Juneau et où devait être présenté un avis juridique relativement à l'enquête interne en cours à la Ville. Ils devront toutefois attendre au 20 octobre avant d'en prendre connaissance car la séance a été annulée, faute de quorum.
<p>Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, était déçu de devoir annuler la séance qu'il avait convoquée, en raison de l'absence de cinq conseillers. </p>
Seuls le maire et la conseillère Lise Lortie se sont présentés alors qu'il aurait fallu au moins quatre membres du conseil sur sept pour que l'assemblée soit tenue. «C'est-tu arrangé ou c'est un hasard?» a demandé un citoyen.
Le maire a expliqué que deux conseillers, Louis Potvin et France Hamel, étaient présentement en vacances à l'extérieur du pays alors qu'une autre, Marie-Julie Cossette, était en arrêt de travail prolongé. «Pour le reste, la bonne foi se présume...» a laissé tomber M. Juneau, visiblement déçu de l'absence des conseillers Denis Côté et Guy Marcotte.
Le maire a ensuite expliqué aux citoyens déçus qu'il ne pouvait dévoiler la nature de l'avis juridique sans qu'il y ait quorum. «Pourquoi il y a juste une conseillère?» a lancé une citoyenne. «Là, on vient de couper 20 personnes. La Ville les paie, alors pourquoi ces conseillers ne sont pas là?»
Après les 30 minutes d'attente prescrites par la loi, le maire s'est donc vu dans l'obligation d'annuler l'assemblée. «On m'a dit que les deux conseillers ne seraient pas là, mais je ne connais pas les raisons de leur absence», a déclaré le maire au Soleil.
«Je présume que les gens ont des motifs sérieux de ne pas être là», a-t-il ajouté, avouant que s'il n'avait pas été maire, il aurait probablement été dans la salle du conseil lui aussi. «J'y ai été comme citoyen à plusieurs reprises par le passé.»
M. Juneau a indiqué que c'était bel et bien lui, et non pas le conseil municipal, qui avait convoqué l'assemblée extraordinaire. «C'est ma prérogative en tant que maire. Je croyais que ça apporterait un éclairage supplémentaire à la séance d'information de demain [aujourd'hui]», a-t-il expliqué.
Finances de la ville: le point ce soir
C'est en effet ce soir que le maire répondra à un engagement pris en juin en donnant l'heure juste concernant les finances de la Ville, qui traîne une dette de 113 millions $ sur un budget de 54millions $ et dont les citoyens ont vu leur compte de taxes bondir de 25 % en plus de voir une vingtaine d'employés municipaux être coupés pour répondre aux impératifs budgétaires.
Laissant entendre qu'il était déçu de ne pas pouvoir donner cet élément d'information aux citoyens avant le 20 octobre, M.Juneau a été obligé d'avouer qu'il n'y pouvait malheureusement pas grand-chose.
«C'est certain que quand je convoque une séance, c'est que je veux la tenir, mais ça ne m'appartient pas. Comme maire, je peux dire bien des choses, mais je ne peux pas faire n'importe quoi. Ce n'est pas le maire qui mène, c'est le conseil», a-t-il expliqué au Soleil, refusant toutefois d'aller jusqu'à dire qu'il n'avait pas la collaboration des autres élus qui étaient tous dans l'équipe de son prédécesseur Marcel Corriveau. «Depuis que j'ai été élu, 100 % des résolutions ont été adoptées à l'unanimité des votants, alors je ne peux pas dire que ça ne fonctionne pas.»
Quant à la conseillère Lise Lortie, après avoir d'abord refusé de répondre aux questions de l'auteur de ces lignes, elle a tenu à dire que ses collègues conseillers étaient tous des gens consciencieux et responsables. «Il y a eu cinq réunions en moins de cinq semaines et tous les gens étaient présents. Depuis 10 ans, tout le monde est toujours là», a-t-elle ajouté, laissant donc entendre que la situation de lundi était une première. 
Ce n'était toutefois pas l'opinion de plusieurs des citoyens présents, qui appuyaient majoritairement le maire. «Moi, je considère que ce geste est un déni des résultats de l'élection du 7 juin, où le candidat de la continuité, Jean-François Dufour, est terminé troisième avec seulement 18 % des voix. L'équipe en place devrait faire preuve de collaboration plutôt que d'un esprit adverse envers le nouveau maire», a résumé Raynald Brûlotte avant de quitter la salle du conseil.