Les conseillers de l'ancienne administration de Marcel Corriveau, dont France Hamel, auront de l'opposition au prochain scrutin.

Saint-Augustin: des candidats pro-Juneau contre-attaquent

L'opposition aux cinq conseillers issus de l'administration de l'ex-maire Marcel Corriveau s'organise à Saint-Augustin-de-Desmaures. Trois prétendants manifestent déjà le désir de leur faire la lutte cinq mois avant les élections générales.
Habitué des séances du conseil, Marcel Desroches, qui a lui-même été conseiller municipal de 1976 à 1980, tentera un retour en affrontant Denis Côté dans le district des Coteaux. 
Fort critique envers les conseillers de l'ancienne équipe Corriveau et favorable aux politiques du maire Sylvain Juneau, M. Desroches est aussi le frère de l'ex-directeur des travaux publics Jean-Claude Desroches. 
Dans le district de Portneuf, actuellement défendu par la conseillère France Hamel, un retraité du ministère de la Sécurité publique, Jean Simard, a lui aussi confirmé au Soleil qu'il serait sur les rangs en novembre.
«Par le passé, j'ai été pro-Corriveau et j'ai été très déçu par la suite quand j'ai découvert les problèmes qu'il y avait dans l'organisation», explique celui qui dit avoir pris goût à la politique en agissant comme directeur de campagne du député conservateur de Portneuf, Joël Godin.
Il considère lui aussi que le maire Juneau fait du bon travail. «Au départ, il est arrivé comme un bulldozer, mais j'ai compris qu'il devait crever l'abcès. Il me rejoint là-dessus, au chapitre de la rigueur», indique celui qui travaille maintenant aux départements de formation continue du Cégep Garneau et du Campus Notre-Dame-de-Foy.
Dans le district Lahaye, Natacha Tanguay envisage aussi de tenter sa chance de nouveau, elle qui avait récolté un peu plus de 21 % des voix contre la conseillère Lise Lortie en 2013. Comme elle est analyste de programmes au gouvernement fédéral, il ne lui manque qu'une autorisation de la commission de la fonction publique pour officialiser sa candidature.
«Sortir cette gang-là»
«Je me présente pour les mêmes raisons: contribuer à sortir cette gang-là. On avait sonné l'alarme en 2013, on avait donné des chiffres mais l'Équipe Corriveau avait publié un document disant qu'on mentait la veille de l'élection. L'avenir nous a donné raison», affirme-t-elle au Soleil.
Mme Tanguay s'était également fait remarquer en août 2016 quand elle avait mis en demeure les conseillers Lortie, Côté, Louis Potvin et Guy Marcotte, leur demandant de rembourser à la Ville des sommes qui devaient servir à paver certaines rues, mais qui avaient plutôt servi à en paver d'autres.
Elle avait également travaillé à la campagne électorale de Raynald Brulotte, le seul conseiller municipal favorable aux politiques du maire Juneau. «Je ne connais pas M. Juneau, mais il fait son travail et il prend ça au sérieux», a-t-elle commenté.
Le maire Juneau jure pour sa part ne pas avoir l'intention de former une équipe ou un parti politique, mais ajoute qu'il se réserve le droit d'appuyer certains candidats qui partagent sa vision. Parmi les conseillers sortants, seul Raynald Brulotte a annoncé qu'il allait se présenter de nouveau alors que Louis Potvin a déjà annoncé qu'il ne serait pas de retour. Les quatre autres conseillers laissent toujours planer le doute quant à leur avenir politique.
Mot d'ordre: limiter la croissance de la population
Alors que certaines villes de la périphérie de Québec ont vu leur population augmenter de 17,6 % à 29 % en cinq ans seulement, Saint-Augustin-de-Desmaures souhaite limiter la croissance de sa population à moins de 32 % d'ici 2040.
Cet élément figure dans la planification stratégique 2017-2027 de Saint-Augustin, dont la population est actuellement de 19 000 résidents. On souhaite assurer une gestion du seuil maximal de résidents ne devant pas dépasser 25 000 d'ici 2040.
«Nous avons réalisé un sondage, des focus groups, rencontré des gens d'affaires et l'opinion générale n'est pas de voir notre population doubler à moyen terme, mais de miser sur une certaine qualité de vie», a déclaré au Soleil le maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau.
«Nous visons donc une certaine croissance, mais pas une croissance extrême. Les projections de l'agglomération nous donnent de 5000 à 6000 résidents de plus, mais je ne crois pas que ce seuil sera atteint», poursuit-il.
C'est plutôt sur le développement industriel que la Ville souhaite miser pour atteindre une certaine rentabilité économique, elle qui traîne un lourd passif de 105 millions $ sur un budget de proximité de 35 millions $.
«Être attirants»
«Il s'agit d'un axe intéressant puisque nous avons ce qu'il faut pour être attirants pour les entreprises: un niveau d'éducation au-dessus de la moyenne des villes membres du World Council of City Data comme Toronto, Shanghai et Dubaï, des résidents qui ont des moyens puisque la valeur moyenne des maisons est de 360 000 $ et une qualité de vie intéressante.»
La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures dispose aussi de deux parcs industriels comportant des espaces libres pour accueillir de nouvelles entreprises. Un troisième projet de parc industriel est également sur la table à dessin.
«Il faudra y penser bientôt parce que ça vend vite. On prévoit d'ailleurs que les deux parcs industriels soient à saturation d'ici trois ou quatre ans si le rythme actuel se poursuit», termine Sylvain Juneau.