Séance régulière du conseil de Saint-Augustin-de-Desmaures

Saint-Augustin: dans les limbes en raison d'une possible expropriation

Des résidents de Saint-Augustin-de-Desmaures ont eu la mauvaise surprise d'ouvrir leur porte à un huissier, à la mi-juin, les avisant que leur terrain était désormais réservé pour un possible agrandissement du parc industriel. D'ici à ce que la Municipalité décide si elle les évince, impossible pour eux de vendre ou rénover leur maison.
En février dernier, le plan d'agrandissement du parc industriel François-Leclerc porté par le maire Sylvain Juneau avait été rejeté par le conseil municipal de Saint-Augustin. Or, le conseil a tout de même donné son aval, le 7 juin, à une résolution afin que la Municipalité se prévale de son droit de réserve sur les terrains ciblés pour une potentielle expansion.
Concrètement, les résidents dont le terrain fait partie des 110 hectares zieutés par la Ville n'ont plus le droit, pour les deux prochaines années, de vendre, agrandir ou même rénover leur maison, commerce ou terrain. Selon la Ville de Saint-Augustin, une vingtaine de lots sont touchés par cet avis, entre la route 138 et l'autoroute Félix-Leclerc.
La procédure avait été approuvée au conseil municipal, mais n'a fait l'objet d'aucune annonce publique, d'où la surprise de certains résidents de recevoir un avis de potentielle éviction.
«Il va y avoir une séance d'information», explique le directeur des communications de la Ville de Saint-Augustin, Dany Rousseau. Selon lui, l'avis de réserve est justement envoyé afin que les citoyens ne soient pas pris par surprise s'ils sont évincés.
«C'est un peu un signal que l'on envoie. Étant donné que si l'on décide d'aller de l'avant, les gens sont indemnisés à un prix égal ou supérieur à la valeur marchande de leur maison, on ne veut pas, d'ici là, qu'ils commencent un gros développement sur leur terrain», explique M. Rousseau.
N'empêche, selon ce qu'a pu apprendre Le Soleil, un résident dont la vente de la maison était sur le point d'être conclue a dû annuler la procédure à la réception de l'avis de la Ville.
Dany Rousseau assure néanmoins que l'avis de réserve est un mal nécessaire. «D'ici trois ou quatre ans, tous les terrains vont être vendus dans le parc industriel actuel. Il faut penser à l'agrandissement maintenant.»
Alors qu'elle tente d'obtenir l'aval de l'agglomération et de la communauté métropolitaine de Québec sur le projet d'expansion du parc industriel, Saint-Augustin-de-Desmaures dispose maintenant d'un sursis de deux ans pendant lequel la Municipalité sait que les terrains qu'elle cible ne prendront pas de valeur drastiquement. La Ville a le droit, par la suite, d'allonger l'avis de réserve pour deux autres années.
Selon la loi, les propriétaires touchés par un avis de réserve ont, au moment de la réception de l'avis, 15 jours pour le refuser s'ils désirent se lancer dans un bras de fer avec la Municipalité.