France Hamel, la mairesse suppléante de Saint-Augustin-de-Desmaures

Saint-Augustin «affamée pour mieux fusionner», se demande France Hamel

À quatre jours de l'élection partielle à la mairie de Saint-Augustin, la mairesse suppléante, France Hamel, laisse entendre que le maire de Québec, Régis Labeaume, veut profiter des difficultés économiques de la municipalité pour «mettre la main» sur son parc industriel.
«Nous a-t-on affamés depuis des années pour mieux fusionner une fois affaiblis et mettre la main sur notre potentiel fiscal, dont celui du parc industriel?» a demandé Mme Hamel dans un communiqué mercredi. «Ce ne sont pas des accusations, mais on peut se questionner», a ajouté la mairesse suppléante lorsque Le Soleil lui a demandé de préciser sa pensée. «Je me pose des questions et je me les pose au nom des citoyens», a ajouté celle qui s'est étonnée de l'ouverture affichée par le maire de Québec pour une éventuelle fusion.
Lundi, M. Labeaume a dit qu'il serait possible d'avoir «une solution à l'avantage des gens de Saint-Augustin et de Québec» si les Augustinois décidaient de voter «un jour» pour la refusion à l'heure où la municipalité est aux prises avec une dette de 116 millions $ et une facture d'agglomération de
25 millions $. 
M. Labeaume répondait à la sortie publique des hommes d'affaires augustinois Denis Leclerc, Louis Garneau, Jean-François Dufresne et Mario Guérin qui, vendredi, ont plaidé pour une refusion.
«On n'a pas encore élu notre maire, ça se fait dimanche, mais M. Labeaume est déjà dans la campagne référendaire de 2017», a déploré Mme Hamel. Le maire de Québec a aussi dit avoir rencontré les gens d'affaires il y a déjà quatre mois. «Pendant qu'on se chicanait entre nous, ceux qui souhaitaient tirer profit de nos difficultés financières avaient déjà concocté un projet de refusion avec la Ville de Québec», a dit la conseillère.
L'ex-députée libérale a aussi été heurtée par le caractère expéditif de la réaction du ministre responsable de la région, Sam Hamad, et de son collègue des Affaires municipales, Pierre Moreau, qui se sont dès vendredi dit ouverts à écouter les citoyens s'ils souhaitaient un retour dans le giron de Québec. «On est en train d'explorer des pistes de solution et là, ç'a été un saut direct à la refusion», a déploré Mme Hamel.