En raison de travaux de correction de la rivière Lorette qui ont été retardés, des débordements ont causé des inondations majeures en 2005 (photo) et en 2013.

Rivière Lorette: Labeaume fustige le ministère de l'Environnement

Le maire de Québec désigne le ministère de l’Environnement comme le responsable d’éventuelles inondations qui surviendraient sur la rivière Lorette.

«Si y’arrive quelque chose d’autre, je le mets sur le dos du ministère de l’Environnement.» Sans détour, Régis Labeaume a accusé une fois de plus le ministère d’avoir des exigences qui retardent indûment les travaux de correction de la rivière Lorette. Des débordements ont causé des inondations majeures en 2005 et en 2013.

Cette fois, c’est un retard dans la reconstruction du pont de l’Accueil sur le boulevard Masson qui est en cause. «Compte tenu que le ministère veut avoir la description complète des travaux qui restent à faire sur la Lorette, ça décale», explique Guy Laliberté, directeur des réseaux périphéries à la Ville de Québec. Les travaux initialement prévus en 2018 sont reportés à 2020, a-t-il précisé aux élus lors d’un comité plénier sur les travaux d’ingénierie en marge du budget.

«Ils nous retardent et une fois qu’on fait ça [les travaux], ils ne sont pas capables de nous dire s’ils vont sortir les gens de la zone inondable. C’est de l’inertie», a commenté M. Labeaume.

En novembre 2017, le maire avait fait une première sortie en règle contre l’Environnement après avoir abandonné un projet de mur anticrue dont la facture de départ de 68,9 millions $ grimpait entre 80 et 100 millions $ en raison d’exigences «chimériques» du ministère.


« Ils nous retardent et une fois qu’on fait ça [les travaux], ils ne sont pas capables de nous dire s’ils vont sortir les gens de la zone inondable. C’est de l’inertie »
Le maire de Québec, Régis Labeaume, au sujet des travaux initialement prévus en 2018 qui sont reportés à 2020

L’objectif premier de la construction du mur était de sortir 287 résidences et commerces inclus dans la zone inondable. De ce nombre, 155 sont sur le territoire de Québec, les 132 autres à L’Ancienne-Lorette. La Ville considérait la facture trop élevée sans avoir une garantie qu’ils seraient retirés de la zone.

«Depuis 2013 qu’on est sur le dossier. Ça me dépasse cette affaire-là. J’espère que le nouveau gouvernement va faire quelque chose», a lancé le maire Labeaume.

Guilbault entend le maire

La vice-première ministre et ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a entendu les doléances du maire.

«Je compte sensibiliser ma collègue de l’Environnement de l’urgence de la situation. Il y a une certaine façon de faire lourde et lente dont nous avons hérité des précédents gouvernements», a-t-elle déclaré, en marge d’une nouvelle sur l’économie faite conjointement avec le maire. Une partie des résidents touchés sont des électeurs de sa circonscription.

Depuis 2009, La Ville de Québec a investi 35,6 millions $ dans la construction de stations de pompage, de bassins de rétention et de ponts pour protéger la zone inondable. Elle injectera 10 autres millions $ d’ici 2020, payés à 94 % par la Ville, pour offrir une protection contre une pluie de récurrence une fois tous les 100 ans.