Depuis que les cyclistes circulent sur la rue Dalhousie, soit depuis cet été, des bouchons de circulation se formaient ponctuellement, au grand dam des automobilistes.

Retour sur les quais pour la piste cyclable dans le Vieux-Port

La piste cyclable aménagée à même la rue Dalhousie, dans le Vieux-Port de Québec, sera déménagée sur les quais et dans le stationnement du terminal de croisières au printemps prochain pour éviter de nuire à la circulation automobile.
Le maire Régis Labeaume a annoncé le changement mercredi, après un été de critiques contre son administration. Depuis l'aménagement d'une piste cyclable bidirectionnelle sur une voie de circulation auparavant réservée aux automobiles, en mai, des bouchons ponctuels se forment entre la rue Saint-Antoine et du Quai Saint-André. L'heure de pointe de l'après-midi est la plus problématique.
Pour remédier à la congestion automobile, les voies cyclables seront donc déplacées. Après la place des Canotiers, les cyclistes seront invités à longer le nouveau stationnement étagé, à suivre le fleuve sur une courte distance, puis à remonter vers le stationnement du terminal de croisières. Là, ils longeront l'arrière des bâtiments fédéraux donnant sur la rue Dalhousie pour ensuite reprendre l'ancien tracé à la hauteur de la rue du Quai Saint-André.
Nouveau tracé de la piste cyclable dans le secteur de la rue Dalhousie, dans le Vieux-Port de Québec
Sécurité assurée
La sécurité des piétons comme des cyclistes, argument premier de l'aménagement actuel, sera toujours assurée, croit M. Labeaume. «C'est pas la perfection, mais le monde devrait être prudent», dit-il. Autre situation «pas idéale» : les cyclistes perdent la ligne droite et donc un peu de temps. 
Le maire de Québec a attribué en partie les problèmes de l'été à la popularité de la nouvelle place des Canotiers et aux nombreuses activités tenues cet été dans le secteur du Vieux-Port. 
Même si le Port de Québec ne voulait plus de cyclistes sur les quais en raison de conflits potentiels avec les piétons et plus spécifiquement les croisiéristes, 
M. Labeaume dit avoir convaincu le président-directeur général Mario Girard de leur faire une place. Il n'était toutefois pas question de permettre le grand tour sur les quais comme avant. Cela en raison de l'étroitesse de certaines sections, où des véhicules doivent circuler pour ravitailler les navires et transférer les bagages des passagers. 
L'idée de construire une passerelle a été explorée, mais son coût estimé à 4,5 millions $ et des préoccupations de sécurité ont vite clos l'affaire. 
La solution proposée suppose tout de même l'achat de quelques cases de stationnement au gestionnaire du stationnement étagé à un prix qui reste à négocier. Le Port en laisse aller une vingtaine. De l'affichage est aussi à prévoir. 
M. Labeaume se dit pleinement conscient que des cyclistes vont être déçus. «Gouverner, c'est décider, alors il faut que je fasse ma job», a-t-il laissé tomber, ajoutant que «l'inconvénient était vraiment trop gros», pour les automobilistes. 
La section du Vieux-Port du Corridor du littoral est la plus achalandée de tout le réseau cyclable de Québec. Depuis le début d'août, il y circule autour de 2250 cyclistes tous les jours. C'est plus que la populaire piste cyclable longeant la rivière Saint-Charles, qui attire en moyenne 1425 personnes quotidiennement depuis le 1er mai.
«Décevant»
Martial Van Neste, président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier, est effectivement désappointé. «Dans les faits, les automobiles sont plus importantes que la sécurité parce que les cyclistes utilitaires vont continuer à prendre Dalhousie», prédit-il.
Selon lui, la philosophie de Québec tranche avec la tendance mondiale. «C'est décevant quand on voit comment les autres grandes villes poussent sur le développement d'un réseau utilitaire efficace et la fluidité des vélos» et cherchent à protéger leur centre historique du trafic, fait valoir M. Van Neste, pour qui la circulation de transit est le réel problème dans le Vieux-Port.