Les nouveaux terrains acquis par la nation huronne-wendat permettront d'ajouter plus de 0,5 kilomètre carré au territoire de la réserve de Wendake, qui sera maintenant de 2 kilomètres carrés.

Réserve de Wendake: feu vert à l'expansion

La réserve autochtone de Wendake s'agrandit et pourra commencer dès le printemps son projet de développement commercial et résidentiel sur des terrains achetés en 2010. L'administration Labeaume et la nation huronne-wendat se sont entendues pour régler les modalités qui feront officiellement passer ces terrains dans le giron de la réserve.
«On a tellement hâte au printemps! Là on peut dire que les formalités sont complétées», se réjouit en entrevue au Soleil le grand chef de la Nation grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui. «Ça va donner le feu vert pour le transfert réel, absolu, total et final de ces terres en terres de réserve indienne.»
Une conclusion bienvenue pour la réserve qui faisait face à l'impossibilité de prendre de l'expansion malgré un boum démographique et économique. «Quand ça devient terres de réserve, on a la capacité d'agir. De sorte qu'on va faire notre plan d'aménagement. On a hâte», dit-il.
En 2010, la nation huronne-wendat avait acheté pour 9,8 millions $ trois terrains privés non construits du côté du boulevard de la Colline, vers Saint-Émile. Mercredi, le comité exécutif de la Ville de Québec a aussi entériné le prix de vente de 300 000 $ pour un autre petit terrain dont elle était propriétaire et qui était enclavé entre ceux de plus grandes superficies. Ces terrains permettent d'ajouter plus de 0,5 kilomètre carré au territoire de la réserve de Wendake, qui sera maintenant de 2 kilomètres carrés.
L'entente votée mercredi règle aussi la principale question, celle voulant que la Ville de Québec devra se priver de taxes sur ces terrains en raison du changement de statut de réserve autochtone.
L'entente prévoit que la nation paiera l'équivalent d'une année de taxes dès le moment où l'intégration à la réserve sera finale. D'ici là, la nation huronne-wendat continuera à payer des taxes annuelles comme elle le fait depuis 2010. L'entente inclut aussi la mise à jour des tarifs pour la fourniture d'eau potable et le traitement des eaux usées, ce qui n'avait pas été actualisé depuis 2004.
Le chef Konrad Sioui n'est pas le seul à se réjouir de cette conclusion après des années de négociations. «Ça montre que la cohabitation est possible. On est chanceux d'avoir des bons voisins comme ça», a commenté le conseiller municipal du district Lac-Saint-Charles-Saint-Émile et responsable du dossier,Steeve Verret.
Même si la Ville se privera de taxes, il y voit une forme de coup de pouce à la nation huronne-wendat. «On sait que la nation huronne a besoin de développement et la nation donne du rayonnement à la Ville de Québec.»
Plus techniquement, M. Verret se réjouit aussi que l'entente couvre la mise à jour d'une foule de points. Un protocole, relate-t-il, n'avait par exemple pas été réglé depuis... 1953. «On s'est dit: "Réglons donc tout tout de suite"», explique M. Verret. Cette harmonisation des services, des tarifs et du statut de la réserve pourra éviter d'éventuelles mésententes.
Commerces et résidences
Ces nouveaux terrains permettront donc à la réserve d'accueillir de nouveaux commerçants et résidents à l'heure où la «liste d'attente» compte environ 600 Hurons-Wendat souhaitant s'y établir, indique le grand chef Konrad Sioui. Seuls les membres de cette communauté autochtone peuvent acheter une maison sur la réserve.
Des terrains nouvellement acquis, le «lot Deslauriers», qui longe le boulevard de la Colline, sera surtout consacré à la construction de commerces et d'un éventuel centre communautaire. Un autre terrain à l'arrière sera consacré à des résidences.
Présentement, le chantier va bon train pour la construction d'un autre terrain, le «lot Doyon» qui comptera d'ici cinq ans environ 175 maisons unifamiliales et peut-être quelques immeubles de condos, avance M. Sioui.
Tout comme Steeve Verret, Konrad Sioui souligne la bonne cohabitation entre la Ville de Québec et la nation huronne-wendat qui n'est pas étrangère au dynamisme de sa communauté. «Le paradoxe intéressant est que partout, on voit un exode des réserves vers les villes. Et pour nous autres, c'est le contraire», conclut le grand chef. «À Québec, on vit dans un bel environnement.»