Après les travaux qui coûteront 65 millions $, le boulevard Hochelaga passera de quatre à six voies. Deux de ces voies seront réservées au transport en commun.

Réseau structurant de transport en commun: Québec va de l'avant avec Hochelaga

Malgré la chicane entre le provincial et le fédéral sur le financement du Réseau structurant de transport en commun, la Ville de Québec lancera, mercredi, l’appel d’offres pour les plans et devis dans le but de réaliser le projet de réaménagement du boulevard Hochelaga.

Après les travaux qui coûteront 65 millions $, le boulevard Hochelaga passera de quatre à six voies. Deux de ces voies seront réservées au transport en commun. Elles seront latérales entre le boulevard Robert-Bourassa et l’accès au complexe Iberville. Selon, la Ville de Québec, la capacité globale de circulation sera augmentée de 20 % dans le corridor Laurier/Hochelaga.

L’argent pour payer l’appel d’offres pour les plans et devis sera pigé dans les 215 millions $ déjà à la disposition la Ville, mais le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, estime que les travaux prévus en 2020, doivent être financés dans l’enveloppe des 3 milliards $ promis par les deux gouvernements. Il a donc besoin d’avoir une réponse rapide sur la disponibilité effective des sommes. 

«Il y a de l’expropriation. On veut être sûr que tout ça va être considéré dans l’ensemble du projet», a expliqué M. Normand tout en refusant de dire si la chicane entre les deux paliers gouvernementaux pourrait mettre en péril le projet structurant de la Ville de Québec. 

«L’argent est là. Le gouvernement du Québec va déposer au cours de l’année 2019, le projet de loi nécessaire à la réalisation du projet. Les solutions existent, ils doivent s’entendre», a-t-il insisté alors que la Ville a prévu dans son échéancier de signer avec un consortium pour la construction du tramway au plus tard en avril 2021.

«De plus en plus désarmant»

M. Normand ne comprend pas pourquoi les deux gouvernements ne s’entendent pas. «Pourquoi on n’est pas capable d’avoir une garantie qu’on a l’argent des deux côtés et qu’on peut démarrer nos affaires alors que l’argent est disponible?»

Le président du RTC rapproche aussi au gouvernement Legault de privilégier la région de Montréal avec 16 projets de transport en commun, dont 13 juste pour la Ville de Montréal. Le budget prévoit entre autres 99 millions $ pour l’Autorité régionale de transport métropolitain et 392 millions $ pour la construction d’infrastructures connexes au Réseau express métropolitain, comme la construction de terminus ou la décontamination des sols. 


« L’argent est là. Le gouvernement du Québec va déposer au cours de l’année 2019, le projet de loi nécessaire à la réalisation du projet [de tramway]. Les solutions existent, ils doivent s’entendre »
Le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand

«La belle surprise, au travers de ça, le gouvernement a prévu une enveloppe de 600 millions, qui va servir essentiellement à compenser le REM s’il y a des dépassements de coûts. Dans le projet de Québec, tous les risques sont assumés par nous», a dénoncé Rémy Normand.

Pour M. Normand si le problème des modalités de financement est la clé de partage, il y a juste à l’enlever. «On était extrêmement déçu mardi, révolté. Jeudi. C’est de plus en plus désarmant. Ça ne se peut pas qu’il n’y ait de pas solution. Si c’est la clé de partage, qu’il s’arrange pour la faire sauter. Il y a plein de projets qui ont eu leur 40 %. Montréal, ils ont leur 40 %. Il y en a partout des coussins. Peut-on être créatif?» a-t-il imploré. 

Autres projets

La Ville de Québec réaménagera également la route de l’Église, entre le chemin Quatre-Bourgeois et le boulevard Hochelaga (2019-2020). Une promenade commerciale et de nouvelles options de mobilité y seront aménagées. Des travaux auront lieu également sur l’avenue Lavigerie, la rue des Châtelets (2020-2025), et sur le boulevard Laurier (2022-2026).

Ces travaux ont pour objectif de faciliter la mobilité et la fluidité en prévision de la mise en route de la construction du réseau structurant de transport en commun prévue en 2021.

En ce qui concerne le Phare, la Ville ira aussi de l’avant avec le permis de construction sans attendre de savoir si les 3 milliards $ seront bien versés à Québec. Le groupe Dallaire espère commencer la mise en chantier à la fin de l’été. 

Pour le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, il n’y a pas d’urgence à donner le permis pour la construction du Phare tant que le financement pour le tramway n’est pas attaché. «On parle du secteur le plus congestionné de Québec. Avant d’aller de l’avant, il faut régler les problèmes de circulation. Si c’est déjà l’enfer, imaginez quand le Phare va être terminé.»