La situation financière de la Ville de Québec a été présentée aux journalistes et aux élus lors d'un comité plénier présidé par le maire Régis Labeaume, jeudi.

Répit pour les proprios de Québec

Non seulement l'administration Labeaume confirme un «vrai» gel de taxes pour le secteur résidentiel pour 2017 et 2018, mais la majorité des propriétaires connaîtront une légère baisse. La raison? La Ville de Québec assumera dans les deux prochaines années la dette des anciennes villes contractées avant les fusions municipales de 2002.
Éponger ces dettes coûtera 3,9 millions $ par an à la Ville.
«Quand on dit gel, on gèle. J'aime autant assumer les dettes et que ce soit un vrai gel», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d'une présentation spéciale sur les taxes quelques jours avant le budget qui sera présenté lundi. 
Car même en annonçant un gel, la dette des anciennes villes et l'harmonisation du taux de taxation auraient joué dans la balance et marqué une hausse sur la facture d'impôt foncier que les propriétaires recevront à la maison dans quelques semaines. 
Or, cette situation aurait signifié aux yeux du maire rompre la promesse d'un vrai gel et d'un montant identique à celui de l'an dernier. M. Labeaume avait annoncé le 18 janvier 2016 son intention de geler les taxes du secteur résidentiel pour 2017 et 2018. Cette mesure ne touche toutefois pas les taxes commerciales (lire ci-dessus : 1,8 % de hausse moyenne pour les commerçants). 
«Assumer la dette des anciennes villes était la seule façon de nous donner au minimum un gel de taxe ou une baisse. La baisse générale est de 0,66 %», a poursuivi M. Labeaume, accompagné de la trésorière de la Ville de Québec, Chantal Pineault, du conseiller responsable des finances, Jonatan Julien, du directeur général André Legault et du directeur de la division des revenus, Jean Mignault.
«Ce qu'on a annoncé comme un gel devient une diminution générale», a-t-il résumé.
Décision à 16 millions $
En renonçant à augmenter les taxes d'un taux oscillant généralement autour d'inflation, soit environ 2 %, l'administration Labeaume se prive de 12 millions $ dans ses coffres. Si on y ajoute les 3,9 millions $ de dettes à éponger, la mesure coûte près de 16 millions $.
La situation financière de la Ville de Québec a été présentée aux journalistes et aux élus lors d'un comité plénier jeudi après-midi à l'hôtel de ville. Un exercice inhabituel que la Ville tenait pour une première fois. Les volets budgétaires portant sur les taxes et la dette ont donc été présentés séparément, quelques jours avant le budget et le programme triennal d'immobilisations qui seront déposés lundi.
«Très électoraliste», dit Shoiry
«On est contents, mais c'est un peu tard. Ça adonne un peu trop bien avec la campagne électorale, mais mettons qu'on va le prendre», a lancé le chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Paul Shoiry. «C'est très électoraliste», a-t-il ajouté, se réjouissant néanmoins de la décision de l'administration Labeaume de confirmer un «vrai» gel de taxes pour 2017 après sa promesse faite en janvier. «C'est une bonne nouvelle pour les contribuables. Ça fait trois ans qu'on dit que c'est possible de le faire», a poursuivi M. Shoiry. «Ça fait trois ans qu'on dit que le maire a trop augmenté depuis qu'il est maire et qu'il en doit aux citoyens. Là, il commence à rembourser les augmentations de taxes trop élevées des dernières années.»
La dette baissera de 36 M$
La dette nette de la Ville de Québec connaîtra en 2017 une baisse anticipée de 36 millions $. Elle sera de 1,59 milliard $ alors qu'elle était de 1,62 milliard $ en 2016. Endettée, Québec? «Dans la moyenne du Québec», a dit le maire Labeaume pour qui la présentation des taxes a été l'occasion de marteler qu'il s'agit d'une «bonne dette». Une large partie de la hausse des dernières années, ont dit le maire et le conseiller responsable des finances, Jonatan Julien, s'explique par des investissements massifs dans les infrastructures souterraines. «Les gens disent que la dette est élevée à Québec. La différence est que nos tuyaux sont réparés», a dit M. Labeaume en faisant allusion à la situation qui a cours dans certaines villes, dont Montréal. Québec possède la cote Aa2, un haut standard, attribuée par la firme Moody's en 2011.
1,8 % de hausse moyenne pour les commerçants
Les gens d'affaires ne bénéficieront pas d'un gel ou d'une baisse sur leur facture d'impôt foncier puisque la Ville de Québec haussera leurs taxes au niveau de l'inflation, soit 1,8 %. «L'année passée, on a taxé à l'inflation et tout le monde était heureux», a dit le maire Régis Labeaume qui a préféré avant tout donner une pause au secteur résidentiel. «On ne peut pas tout faire, à un moment donné», a-t-il glissé. Plus globalement, M. Labeaume estime que la bonne situation économique de la région et l'été touristique «exceptionnel» ont profité aux hôtels et restaurants de la capitale. «Les commerçants ont totalement bénéficié de ça. Et on avait promis le gel pour les résidences.»
Baisses des taxes par secteur
• Vanier : 0%
• Sillery : -0,4%, baisse moyenne de 10$
• Lac Saint-Charles : 0%
• Charlesbourg : -0,4%, baisse moyenne de 11$
• Saint-Émile : -0,3%, baisse moyenne de 9$
• Beauport : -0,5%, baisse moyenne de 13$
• Sainte-Foy : -0,1%, baisse moyenne de 3$
• Ex-Ville de Québec : -1,2%, baisse moyenne de 36$
• Cap-Rouge : -1,2%, baisse moyenne de 35$
• Loretteville : -1,2%, baisse moyenne de 35$
• Val-Bélair : -0,6% baisse moyenne de 17$