Le terrain sur le boulevard Louis-XIV où sera construite la nouvelle centrale de police.

Réorganisation policière à Québec: des questions sans réponses

Dans le dossier de la réorganisation policière à Québec, le maire Régis Labeaume justifie le retard de la construction du futur poste de quartier dans Saint-Roch par un permis du ministère de l’Environnement qui n’a pas encore été reçu.

M. Labeaume approuve également le report au printemps des postes de police de la Haute-Saint-Charles et de Charlesbourg, ceux-ci devaient fermer plutôt à l’automne. Il se range du côté de Robert Pigeon, chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), pour les décisions sur le déménagement des effectifs.

Le maire a commenté le dossier lundi matin, lors de la conférence de presse inaugurant le nouveau centre communautaire Mgr-Marcoux. Et l’opposition à l’hôtel de ville n’est toujours pas satisfaite de ses explications.

«Tout est retardé par le permis du ministère de l’Environnement. Il n’y a rien de changé. Autrement, ça se serait passé comme on l’avait prédit», a exprimé M. Labeaume.

Il a aussi fait savoir que l’ouverture de la nouvelle centrale du boulevard Louis-XIV, qui doit remplacer celle du parc Victoria, est toujours fixée pour 2022. Il a cependant refusé de partager tout autre échéancier ou de préciser la raison des retards et des problèmes rencontrés.

Le maire est d’avis que le développement des centrales de police ne devrait pas inquiéter la population, étant donné que «les bureaux seront dans les voitures», comme l’a déjà expliqué le chef du service de police. 

«On peut bien parler beaucoup des bâtisses, mais on est dans une nouvelle ère.»

L’opposition toujours insatisfaite

L’opposition à l’hôtel de ville avait déjà manifesté son insatisfaction par rapport à la gestion que fait le maire du dossier. Elle voit les ratés comme d’autres preuves de l’improvisation qui règne dans le projet de la réorganisation policière. 

Lundi après-midi, Jean-François Gosselin et Jean Rousseau ont réagi aux propos émis par le maire plus tôt en journée.

«Je suis tombé en bas de ma chaise ce matin lorsque j’ai entendu Régis Labeaume banaliser les ennuis que connaît son administration dans le dossier de la nouvelle centrale de police. On nage en plein mystère, les policiers ne veulent pas aller s’entasser dans un bâtiment qui ne répond déjà plus aux besoins actuels», déplore Jean-François Gosselin.

Québec 21 dénonce d’abord l’attitude du maire, mais remet aussi en question ses choix politiques des derniers mois.

«Régis Labeaume s’est payé un Grand Marché à 25 millions $, un anneau de glace qui va coûter plus de 20 millions $ aux contribuables de Québec et maintenant il gratte les fonds de tiroirs pour construire une nouvelle centrale à ses policiers. Ses choix politiques le rattrapent et la réalité aussi.»

«Le maire nous annonce des délais supplémentaires, mais sans aucune précision. Le maire a-t-il quelque chose à cacher?», souligne M. Rousseau de Démocratie Québec. Celui-ci exige du maire qu’il réponde aux questions qui lui sont posées. Il aimerait notamment connaître les raisons du choix du site de la nouvelle centrale sur le boulevard Louis-XIV ainsi que le coût total de ces démarches.