Québec 21 compte interpeller le maire de Québec, Régis Labeaume, et les partis provinciaux dans différents dossiers durant la campagne électorale.

Rentrée municipale à Québec: entre jeux d'alliance et momentum électoral

C’est soir de rentrée municipale ce lundi à l’hôtel de ville de Québec. Hormis les dossiers à l’ordre du jour de l’administration Labeaume, l’opposition s’organise pour faire valoir ses vues par des jeux d’alliance et grâce au momentum électoral.

«C’est certain que je vais profiter de la campagne pour parler des enjeux de la Ville de Québec.» Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, amorce l’automne comme il a terminé le printemps.

«Il va être question de mobilité durable, de projet de tramway et du troisième lien», lance-t-il, d’entrée de jeu. Au cours de la campagne, il demandera aux partis de s’assurer que toutes les options ont été étudiées avant de poursuivre avec le projet de tramway de l’administration Labeaume. Il maintient que certains projets ont été trop rapidement mis à l’écart. «Nous voulons aussi nous assurer que le budget [peu importe le projet] soit respecté», ajoute l’élu de Québec 21.

Évidemment, le troisième lien est toujours un sujet de prédilection pour le chef Gosselin. Malgré ce qu’on pourrait penser, il ne s’adressera pas qu’à la Coalition avenir Québec, déjà vendu comme lui, à un projet de lien routier dans l’est de la Ville. «Je maintiens qu’on perd deux années précieuses à étudier d’autres options. Je souligne que, quel que soit le parti, je m’assure que tout le monde est au fait de mes idées, de mes arguments», insiste M. Gosselin.

Même si ces interventions ne visent pas directement Régis Labeaume, il va sans dire qu’elles auront des répercussions dans l’enceinte de l’hôtel de ville les jours de conseil municipal.

Québec 21 compte aussi interpeller le maire de Québec et les partis provinciaux dans le dossier de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe la capitale, à l’image de la province.

«Des entrepreneurs comme des travailleurs nous en parlent chaque jour. Tout le monde en subit les impacts. Je veux discuter avec les candidats pour savoir ce qu’ils comptent faire pour faciliter l’embauche avec l’immigration. Il y a une différence entre ce que les immigrants se font dire lors des missions et ce qui se passe ici, par exemple pour l’émission des permis de travail. C’est lourd comme bureaucratie», constate-t-il.

Nouvelle donne

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, envisage l’aube de sa seconde année de mandat comme l’occasion de redistribuer les cartes du pouvoir à l’hôtel de ville.

Même si le nouvel indépendant Jonatan Julien prendra possiblement la route de l’Assemblée nationale, le conseiller Rousseau veut «créer des alliances stratégiques» avec les autres conseillers indépendants Yvon Bussières et Raymond Dion, ce dernier ayant quitté Équipe Labeaume pour s’exprimer comme il veut et pouvoir voter sans ligne de parti.

«Ça change la configuration de l’opposition», indique le conseiller de Démocratie Québec. «Plus que pour des dossiers ponctuels, il faut canaliser les idées pour nous amener plus loin.»

Il se dit prêt aussi à discuter ouvertement avec les deux élus de Québec 21, tout en étant conscient du fossé qui les sépare sur certains sujets, dont celui du plan de mobilité durable.

Dans la mesure du possible, M. Rousseau veut pouvoir mieux coordonner l’opposition pour «challenger davantage» l’administration Labeaume.

S’il adhère à l’implantation d’un tramway, l’élu de Cap-aux-Diamants a la conviction que le projet est perfectible. «Avec 3 milliards $, il faut rejoindre plus de monde dans la couronne. Il faut reconsidérer certains axes de développement et relocaliser des parc-o-bus», soutient-il. Selon lui, certains comme celui D’Estimauville est beaucoup trop près du centre-ville pour inciter les gens à y laisser leur véhicule.

«Plutôt que de prendre 15 minutes pour se stationner et prendre le SRB [prévu à cet endroit], les gens préfèrent attendre 15 minutes dans le trafic puisqu’ils sont quasiment rendus au centre-ville.»

Enfin, M. Rousseau pense que le succès du nouveau plan de mobilité passe aussi par l’implantation d’une tarification sociale en fonction du revenu. «Il faut amener le débat sur la nécessité d’avoir ce genre d’incitatifs», conclut-il.

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Eau potable: règlement attendu

De nombreux citoyens de Stoneham, Lac-Beauport, Lac-Delage et Sainte-Brigitte-de-Laval seront fixés cet automne s’ils peuvent construire ou non une résidence sur leur propriété. Le règlement de contrôle intérimaire sur la protection des sources d’eau potable initié par la Ville de Québec et adopté en mars 2016 par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), imposait des restrictions au chapitre des degrés de pente à respecter, des pourcentages de couvert végétal à maintenir et de sévères conditions liées à l’installation de systèmes d’évacuation des eaux usées. Au printemps, la Cour supérieure a rendu le règlement inopérant. À la suite du jugement, les élus ont entamé des pourparlers pour réaliser une nouvelle mouture qui permettrait aux propriétaires lésés de construire une habitation. Les plus récents échos laissent croire qu’une majorité trouvera satisfaction.

En mode négos

Mine de rien, c’est déjà le temps de renouveler les conventions collectives des employés municipaux de la Ville de Québec, y compris les policiers et pompiers. Les pourparlers débuteront sur fond de différend judiciaire. Cette semaine, les grandes centrales syndicales se présentent devant les tribunaux pour contester la loi 15, qui force la restructuration  de leurs régimes de retraite. D’ici quelques semaines, le Syndicat canadien de la fonction publique, et peut-être d’autres centrales, déposera aussi un recours contre la Loi 24 concernant le régime de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le secteur municipal. Celle-ci oblige les parties à commencer les pourparlers au plus tard 90 jours avant la fin du contrat de travail. Les négociateurs ont ensuite 240 jours, soit huit mois, pour parvenir à une entente. S’ils échouent, le gouvernement peut décréter les conditions de travail des employés.

Changer de camp

Une cinquantaine de citoyens de la Ville de Québec du chemin de la Savane dans le secteur du lac Tourbillon poursuivront leur démarche pour être annexés à Lac-Beauport. Selon leur prétention, ils ne bénéficient pas des services de la Ville de Québec à la hauteur des taxes qu’ils paient. Leur situation géographique particulière sur le territoire fait qu’ils se sentent davantage des citoyens de Lac-Beauport que de Québec. Le conseil municipal de Lac-Beauport est prêt à accepter ces nouveaux résidents. L’administration Labeaume a rejeté la demande d’annexion de 791,47 hectares. Lac-Beauport devrait maintenant tenir un référendum pour les rattacher à son territoire. Le ministre des Affaires municipales pourrait être appelé à trancher la question.

Centrale de police, prise 28

L’administration Labeaume tiendra un important plénier sur l’avenir de la Centrale de police et la réorganisation du service. Un dossier dont on parle depuis 15 ans. Au printemps, Le Soleil révélait que le terrain choisi dans le secteur Lebourgneuf était trop petit pour accueillir le nouveau bâtiment projeté. La saga a mené à la démission du bras droit du maire, Jonatan Julien, blessé d’avoir été accusé par Régis Labeaume d’être la cause de ce raté. En mai, le maire a dit reprendre les rênes du dossier, ne rejetant aucune hypothèse, incluant la possibilité de construire la centrale sur un autre terrain... plus grand. Lundi dernier, il laissait entendre au FM 93,3 qu’un autre terrain était dans la mire, sans spécifier l’endroit.

De la fumée à l’horizon

La légalisation du cannabis entrera en vigueur le 17 octobre et la Ville de Québec n’a toujours pas réglementé la consommation sur son territoire. Le maire Régis Labeaume a souvent répété qu’il voulait régler la question de l’argent avant de réglementer les espaces publics où il sera possible ou non de consommer du cannabis. À la suite du dernier budget Leitão, il s’est dit heureux des 60 millions $ sur deux ans réservés pour aider les municipalités à gérer la légalisation du cannabis, notamment en matière de sécurité publique. Les sommes serviront à la formation des policiers et à l’achat de matériel de détection des conducteurs avec les capacités affaiblies par le cannabis. Il attendait aussi les dispositions de la loi québécoise, qui contrairement au fédéral, interdit la culture de quatre plants à domicile. Sera-t-il permis de fumer un joint sur le trottoir ou dans les parcs? La réponse d’ici quelques semaines.

Lumière sur Le Phare

Après le Groupe Dallaire en juin, c’est au tour de la Ville de Québec de tenir des consultations sur la construction du complexe immobilier de 50 étages au coût de 755 millions $. La nouvelle mouture du Phare ne fait toujours pas l’unanimité, notamment auprès des citoyens du secteur, qui redoutent l’impact visuel des tours et la hausse de la circulation automobile. Ils remettent aussi en doute la véritable valeur des consultations à venir alors que la commission d’urbanisme de la Ville a déjà donné le feu vert au projet. Les quatre tours feront entre 17 et 65 étages et comprendront 3 millions de pieds carrés en bureaux, logements, condos et commerces. Il y aura aussi une place publique et une salle de spectacle de 1200 places.