Le maire de Québec Régis Labeaume

Réglementation sur le cannabis: la Ville de Québec fera connaître sa position la semaine prochaine

Le maire Régis Labeaume n’a pas voulu indiquer jeudi si sa ville emboîterait le pas à Lévis et L’Ancienne-Lorette en interdisant la consommation de cannabis dans tous les lieux publics, ce que déconseille le directeur de santé publique.

M. Labeaume a signalé aux médias que la position de la capitale sur la réglementation du cannabis sera connue «la semaine prochaine», ajoutant par ailleurs avoir pris connaissance de l’avis du directeur de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale sur la question.

«On tient compte de tout. C’est un nouveau paradigme, c’est très spécial», a mentionné le maire, refusant de dire s’il irait aussi loin que Lévis et L’Ancienne-Lorette, qui comptent interdire la consommation de pot dans tous les lieux publics, notamment dans les parcs, dans la rue et sur le trottoir.

Jeudi, le directeur de santé publique (DSP) de la Capitale-Nationale, Dr François Desbiens, a fait savoir que les mesures prévues dans la Loi encadrant le cannabis du gouvernement du Québec étaient suffisantes, et qu’une réglementation municipale supplémentaire n’était pas nécessaire.

Le DSP signale que d’interdire la consommation de cannabis dans tous les lieux publics extérieurs pourrait avoir plusieurs impacts négatifs, notamment en augmentant l’exposition de la population à la fumée secondaire dans des lieux privés fermés et extérieurs (balcons, terrasses).

Aussi, «un enjeu d’équité sociale s’impose», indique le DSP : «les jeunes sont plus nombreux à être locataires et à fumer, ils sont donc susceptibles d’être soumis à des règlements interdisant la consommation de cannabis fumé dans leur logement». L’accès à un lieu légal pour fumer serait donc moindre que pour les propriétaires dans bien des cas.

Le directeur de santé publique ajoute qu’une municipalité «ne devrait pas appuyer une interdiction de consommer du cannabis dans les lieux publics sur une logique de maintien de l’ordre public comme c’est le cas pour l’alcool», car les effets sur le comportement sont différents : si l’alcool peut induire un comportement violent, le pot tend plutôt à le supprimer, précise le DSP.

Rappelons que la légalisation du cannabis au pays entrera en vigueur dans moins de trois semaines, le 17 octobre.