C'est la firme Fiatlux-Ampleman qui a eu l'honneur, le 15 août, de clore la première saison des Grands Feux Loto-Québec présentée dans le Vieux-Port de Québec. Les pièces pyrotechniques étaient projetées d'une barge située sur le fleuve. L'événement prend fin au terme de six représentations où le volet compétitif a été écarté cette année.

Régis Labeaume dit oui aux Grands Feux

L'an dernier, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait exprimé avec lourdeur son «ras-le-bol» envers les organisateurs de la nouvelle mouture des spectacles pyrotechniques les Grands Feux : «du drôle de monde [...] qui travaille de façon très bizarre et qui n'ont pas une bonne réputation à la Ville». Mardi, il était à leurs côtés, tout sourire, pour annoncer le retour de l'événement en août.
«Si l'an passé on a eu quelques petits différends, je veux féliciter l'équipe de Mme Germain pour avoir fait leurs preuves. Et devant leur réussite [...] on doit s'incliner», a d'emblée déclaré le maire, en conférence de presse. Il promet même d'assister aux représentations : «Cette année, comptez sur moi. Moi, j'y serai et j'inviterai sûrement de la visite.»
Ainsi, la capitale subventionnera les Grands Feux, sauvés de l'asphyxie financière par un croisiériste local. Cette volte-face est un aveu d'errements du maire? «La Ville ne se trompe jamais!» rigole Régis Labeaume. «Il y avait un contexte spécial et je ne suis pas obligé de vous raconter toute l'histoire. [...] La Ville était impatiente, elle ne se trompait pas, elle était impatiente.»
«Ça nous inquiétait la transition et ils ont fait leurs preuves», ajoute le maire de la capitale. Mais, M. Labeaume, n'est-ce pas étrange pour la Ville de s'associer avec du «drôle de monde, qui fait des affaires bizarres, à la mauvaise réputation»? «Non, mais, c'est correct là... Ça va aller, ça va aller, on est rendu à une autre année», a-t-il répondu, soudainement moins assuré, avant de mettre un terme à son point de presse.
«Je suis contente d'avoir séduit la Ville», réplique la directrice générale des Grands Feux, Lynda Germain. Heureusement, «malgré vents et marées», de nombreux collaborateurs ont soutenu la renaissance de l'événement en 2012, souffle-t-elle, ce qui a permis à ses troupes de présenter le nouveau concept fluvial.
Fonds publics
Les Grands Feux seront majoritairement alimentés par des fonds publics. Le principal donateur étatique est Loto-Québec qui versera environ un demi-million de dollars, près de la moitié du budget de 1,2 million $. Des contributions publiques supplémentaires pourraient atteindre un autre demi-million, selon les données financières fournies mardi. Resterait donc environ 200 000 $ d'investissements privés.
La Ville de Lévis est de retour dans la liste des commanditaires des Grands Feux. Comme la capitale, l'an dernier, elle avait refilé la facture de la sécurité aux organisateurs. Cette année, les contribuables lévisiens assumeront la note de plus ou moins 85 000 $. Le comité exécutif de Québec devrait, lui, piger quelque 125 000 $ dans les goussets municipaux.
L'Office du tourisme de Québec renouvellera également sa contribution. «Ça peut varier entre 50 000 $ et 100 000 $», évalue le président du conseil d'administration, l'hôtelier Alain April. Le débours serait justifié par l'animation créée par les Grands Feux. «C'est un produit qui vient permettre d'agrémenter le séjour. [...] Ce n'est pas un produit d'appel au même titre que le Festival d'été ou les Fêtes de la Nouvelle-France sauf que c'est un produit qui permet de prolonger le séjour et, surtout, durant la soirée, de faire une ville animée, c'est ce qu'on veut faire de Québec.» Il se réjouit aussi de la présentation des spectacles près du centre-ville, en fin de soirée à 22h30, ce qui offrirait des retombées certaines pour les restaurateurs et autres débits de boisson.
Cette année, entre trois et six concepteurs seront embauchés pour présenter les Grands Feux. Les représentations, d'une durée de 20 minutes, occuperont le même site que l'an dernier, sur une barge ancrée au centre du fleuve, vers les ponts. Pas question de retourner au parc de la Chute-Montmorency où l'ancienne organisation avait accumulé les déficits.
Nouveauté, les Grands Feux s'allieront avec d'autres acteurs touristiques afin de présenter des spectacles thématiques. Le Festival d'Opéra, les Fêtes de la Nouvelle-France, le Festival jazz etcetera de Lévis, le Musée de la civilisation, les Hurons de Wendake ainsi que le Festival international de musiques militaires donneront le ton, du 3 août au 21 août, les mercredis et samedis. Les spectateurs devront apporter une radio pour entendre la musique; avec les cellulaires, il y a un décalage entre les feux et le son.