Régis Labeaume a réagi fortement, mardi, lorsqu'il a été questionné sur un communiqué publié par le Regroupement des associations de pompiers du Québec, qui reproche aux maires de «mettre le feu aux poudres dans le dossier des régimes de retraite».

Régimes de retraite: Labeaume en a encore contre les pompiers

«Les pompiers, ils ne sont jamais de bonne humeur. C'est pas des amis, c'est des ennemis ces gens-là.»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a saisi une autre occasion de s'en prendre aux pompiers, mardi. Il a réagi fortement lorsqu'il a été questionné sur un communiqué qui a été publié par le Regroupement des associations de pompiers du Québec (RAPQ).
La missive reprochait justement aux maires Régis Labeaume, Denis Coderre, Caroline St-Hilaire et Alain Rayes de «mettre le feu aux poudres dans le dossier des régimes de retraite». 
Le RAPQ faisait référence à la sortie des maires de l'Union de municipalités du Québec (UMQ) qui, la veille, avaient en choeur sonné l'alarme sur l'ampleur des déficits des caisses de retraite municipales au Québec et exigé du prochain gouvernement que soit imposée la négociation pour le partage des déficits passés.
Les maires ont «brandi sans vergogne, ces dernières heures, l'épouvantail d'une hausse brutale des taxes municipales, en plein coeur de la campagne électorale québécoise», déplore le RAPQ.
Selon le premier vice-président du Regroupement, Éric Gosselin, qui est en l'occurrence le président du syndicat qui représente les pompiers de Québec, le maire Labeaume et ses collègues tentent de discréditer les pompiers en faisant des déclarations «incendiaires, fallacieuses et indécentes». 
C'est le laxisme des administrations passées qui ont omis d'investir convenablement dans les régimes de retraite des employés qu'il faut montrer du doigt, selon lui. 
Le RAPQ prône une entente négociée et invite l'UMQ à «plus de discernement» et affirme que les élus «se servent des pompiers et des travailleurs municipaux comme boucs émissaires d'une situation dont ils [les élus] sont en grande partie responsables». 
Mardi, M. Labeaume n'a pas commenté davantage, se limitant à qualifier ses vis-à-vis d'«ennemis», avant de quitter la capitale pour Montréal. 
Cette nouvelle salve ne devrait en rien améliorer les relations déjà extrêmement tendues entre les pompiers de Québec et l'administration Labeaume, qui se sont maintes fois affrontés par médias interposés. 
«Menteurs» et «voleurs de taxes»
Plusieurs ont encore en tête l'épisode d'avril 2012, où le maire avait qualifié les pompiers de «menteurs» et de «voleurs de taxes». Devant la menace de poursuite, il s'était ensuite excusé d'avoir «utilisé de trop gros mots». 
Éric Gosselin en a assez de ces déclarations à l'emporte-pièce. «C'est très diffamatoire. De traiter les pompiers d'ennemis! Les pompiers qui sont là pour secourir la population de la ville de Québec. Qui sont là depuis sept ans, malgré un conflit de travail qui perdure, à défendre les gens, à être là quand ils en ont besoin. Ça ne fait pas de doute : à tous les ans, on est toujours le corps de travail le plus apprécié. C'est vraiment quelque chose d'entendre ça. [...] C'est pas digne d'un maire d'une grande ville comme Québec.»
Quand on lui demande s'il compte réclamer des excuses au nom des pompiers, il soupire d'exaspération. «Ça serait très simple de ne pas le dire, tout simplement. Ça aurait été réglé. C'est comme si tu te promènes dans la rue, que tu donnes un coup de poing dans la face à quelqu'un et que tu dis : "Je m'excuse." Je suis un peu tanné de ça! Il faut penser avant de parler. Il a beau ne pas avoir la langue de bois, mais on peut se parler intelligemment, des fois.»
Pourtant, le ton semblait s'être brièvement adouci en décembre dernier. Les représentants syndicaux des pompiers avaient eu un tête-à-tête avec Régis Labeaume pour discuter des relations de travail à la Ville et, à la sortie de la rencontre, M. Gosselin avait qualifié le climat de «cordial». «Pour une des rares fois, on ne s'est pas fait crier de bêtises», avait-il commenté.
Quant à l'arbitrage pour le renouvellement de la convention collective des pompiers échue depuis 2006, il est terminé et les parties attendent maintenant que la décision de l'arbitre soit rendue.