Les mauvaises nouvelles se sont accumulées dans les derniers mois pour la municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures. Le maire Marcel Corriveau tente de faire face à la musique.

Quote-part des agglomérations: Saint-Augustin doit emprunter 5 millions $

La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures se voit obligée d'emprunter 5 millions $ pour payer sa quote-part annuelle à l'agglomération de Québec. «On manque de liquidités», a expliqué mardi le maire Marcel Corriveau, qui blâme la hausse «exponentielle» de la quote-part, passée de 11 à 22 millions $ depuis 2008.
M. Corriveau refuse de montrer du doigt les dépenses de sa Ville pour expliquer le manque de liquidités. Il estime même que Saint-Augustin aura des revenus suffisants au courant de l'année pour payer la quote-part, mais comme les deux paiements de 11 millions $ sont dus à l'agglomération pour les mois de mars et juin, le maire et ses conseillers se sont vus contraints de voter un règlement d'emprunt au conseil municipal lundi soir.
Selon le maire, il est illogique que la quote-part doive être payée dans sa totalité dans les six premiers mois de l'année. Il croit que les paiements devraient être étalés jusqu'à l'automne, conformément aux taxes municipales, ce qui réglerait le problème de liquidités. «On a demandé à l'agglomération d'étaler la quote-part sur au moins trois paiements, mais ça a été refusé, comme la plupart de nos demandes.»
L'emprunt de 5 millions $ ne se fait pas de gaieté de coeur. «C'est sûr qu'on aurait mieux aimé ne pas le faire, mais si on ne paye pas maintenant, les intérêts vont courir et à 22 millions $, ça court vite», illustre Marcel Corriveau.
Pour lui, le fait qu'une ville riche comme Saint-Augustin se voit obligée d'emprunter est un autre exemple du non-sens de l'agglomération. Il estime que sa ville a payé entre 15 et 20 millions $ de trop en quote-part depuis 2009. «On paye une proportion de grande ville, mais on a des services de petite ville», lance-t-il, évoquant une étude de HEC Montréal de 2013 qui a déterminé que Saint-Augustin payait 225 % plus cher pour ses services que la moyenne des municipalités de même taille au Québec.
L'ancienne-Lorette
À L'Ancienne-Lorette, l'autre ville défusionnée de l'agglomération, le maire Émile Loranger estime que les problèmes sont les mêmes, bien que sa ville n'aura pas besoin d'emprunter pour faire son deuxième paiement de la quote-part annuelle.
«Les agglomérations, il n'y a pas un seul endroit au Québec où ça fonctionne bien», dénonce-t-il, rappelant du même souffle que les deux villes défusionnées sont présentement en cour contre l'agglomération de Québec pour récupérer l'argent qu'ils estiment avoir payé en trop.
Au-delà des recours légaux, le maire Corriveau dit pour sa part faire des démarches auprès du gouvernement provincial avec l'aide du ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad. Il espère que le règlement spécial demandé par la Ville de Québec incitera le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, à revoir le fonctionnement de l'agglomération.