Des élèves de Lake Placid organisent une campagne de sociofinancement dans l'espoir de venir parfaire leur français dans la capitale.

Quinze jeunes Américains amassent de l’argent pour apprendre le français à Québec

Alors que le gouvernement québécois multiplie les campagnes publicitaires pour inciter les Anglo-Québécois à apprendre le français, 15 adolescents de Lake Placid, dans l’état de New York, multiplient les campagnes de financement afin de pouvoir se payer un séjour d’une semaine cet été à l’école de français Édu-Inter de Québec.

C’est l’enseignante de français Cara Atkinson, après avoir fait un séjour d’immersion à Édu-Inter il y a deux ans, qui a présenté l’idée à ses 55 élèves du Lake Placid High School. Quinze d’entre eux ont voulu vivre eux aussi une expérience d’immersion dans un milieu complètement francophone et ont commencé à organiser des campagnes de financement. «Le séjour coûte 1300 $ par personne, alors on a vendu du pain, organisé une course de 5 km», explique l’enseignante en précisant que ses protégés ont ainsi déjà accumulé plus de 5000 $.

Ses élèves ont aussi eu l’idée d’une campagne de sociofinancement. Ils ont d’abord monté une vidéo où ils expliquent leurs motivations et l’ont présentée sur YouTube. Les jeunes Américains s’y présentent dans un français très correct, mais plutôt métropolitain avec l’emploi des termes «lycée» pour école secondaire et «footballeur» pour joueur de soccer.

«On veut apprendre la langue de [la patineuse artistique franco-ontarienne] Alaine Chartrand, de Stromae, de Maurice Richard, de [l’attaquant de l’équipe de soccer Arsenal FC] Alexandre Lacazette», lancent-ils dans une grande déclaration d’amour à la langue de Molière avant d’expliquer leur démarche et leur désir de participer au programme d’Édu-Inter. Avec l’aide de Mme Atkinson, ils ont aussi créé une page de sociofinancement sur le site GoFundMe qui leur a jusqu’à maintenant permis d’amasser 450 $ sur un objectif de 5000 $. 

«Nous vivons tout près de la frontière canadienne, à moins d’une heure en fait, et à quatre heures de Québec. Ici, nous recevons beaucoup de touristes québécois, alors les étudiants savent que beaucoup de gens parlent français très près de nous. Beaucoup de mes étudiants vont régulièrement à Montréal aussi. Dans les deux cas, le français est très présent, mais il est tout de même possible et facile de fonctionner seulement en anglais. La ville de Québec est cependant un milieu 100 % francophone en plus d’avoir beaucoup d’histoire et une architecture qui ressemble à certaines villes européennes. Ce n’est vraiment pas les États-Unis», explique Mme Atkinson.

Pouvoir échanger avec les touristes

Native de Pennsylvanie, l’enseignante est tombée en amour avec la langue française dans un milieu où à peu près personne ne la parlait. «Je constate maintenant qu’à Lake Placid, beaucoup de gens comprennent un peu le français, mais ont peur de le parler. Moi, je veux que mes étudiants, dont plusieurs travaillent dans les restaurants et les marinas ici, essaient de parler français avec les touristes québécois», poursuit-elle.

Elle espère que son séjour à Québec avec ses élèves les amènera à améliorer leur français et souhaite répéter l’initiative à chaque année. «Ils sont très excités, ils ont hâte de découvrir Québec! C’est facile de rendre le français intéressant quand on habite si près du Québec!» conclut celle qui a également décidé de faire un clin d’oeil au Québec et au Canada en choisissant les dates du voyage. La «délégation» de Lake Placid arrivera en effet à Québec le 24 juin, fête de la Saint-Jean-Baptiste, et y demeurera jusqu’au 1er juillet, Fête du Canada.