Pour arriver à accomplir la «vision zéro», «on doit compter sur l’engagement des citoyens comme piéton, automobiliste et cycliste», explique le conseiller Patrick Voyer.

Québec vise la fin des blessés de la route

À l’instar d’autres villes, Québec affiche un bilan routier en constante amélioration. Malgré tout, on comptait encore six décès, 56 blessés graves et 1166 blessés légers en 2016. Une seule victime doit toujours en être une de trop.

La sécurité routière sera au cœur d’un colloque organisé les 13 et 14 avril au Centre de foires. La Ville s’en servira pour élaborer sa prochaine stratégie de sécurité routière 2019-2023, avec en tête une «vision zéro».

Cette vision est une stratégie de sécurité routière née en Suède selon laquelle «aucun décès ni blessé grave sur le réseau routier n’est acceptable». Comme l’explique le conseiller Patrick Voyer, responsable de ce dossier, le but est d’éliminer les sources potentielles de collisions par une approche globale d’intervention, beaucoup plus large que la simple surveillance policière.

«On doit compter sur l’engagement des citoyens comme piéton, automobiliste et cycliste. De son côté, la Ville doit aussi adopter une approche où l’ingénierie peut améliorer la sécurité d’une artère. Maintenant, quand on refait une rue, on regarde aussi si c’est un lieu accidentogène, s’il y a une piste cyclable, etc. On se demande quels aménagements on peut y faire pour améliorer la sécurité, par exemple élargir les trottoirs ou ajouter des renflements de trottoirs.»

Cette façon de faire est en lien avec le programme de rues conviviales adopté par la Ville. Ce type de rue doit être «accessible, sécuritaire et confortable pour tous, peu importe le mode de déplacement, la condition personnelle et la saison». D’ailleurs, Québec fait partie d’une liste de 12 villes reconnues la semaine dernière par la National Complete Streets Coalition (NCSC) à Washington pour ses initiatives d’aménagement de rues conviviales en 2017. Elle est la seule ville canadienne à avoir été retenue.

Sondage éclairant

En février dernier, la Ville mettait en ligne un sondage pour connaître les habitudes des citoyens et leur perception des causes d’accidents. Plus de 4500 personnes ont fait l’exercice. «J’ai été surpris de la réponse. On a pas fait tant de publicité que ça. Ça a été un grand succès», se félicite le conseiller.

Les sondés identifient à 70% la distraction, dont le cellulaire au volant, comme «la première cause d’accident. «Plus encore, 93% d’entre eux disent avoir déjà vu un autre usager de la route avec un cellulaire au volant», précise M. Voyer. Mais au-delà de l’avoir vu, qu’ont-ils fait?

Cette question amène une réflexion. Même si 50% des répondants soutiennent que la présence policière est efficace pour améliorer la sécurité routière, la coercition ne suffit pas à améliorer le bilan routier. «Il faut que le citoyen embarque dans cette vision zéro. C’est plus que l’acceptabilité sociale, ça prend de l’engagement social», insiste le conseiller.

Il prend l’exemple du passager d’une automobile. S’il ne boucle pas sa ceinture, le conducteur va lui dire de s’attacher. Cette notion est intégrée depuis longtemps. Au même titre, il pense qu’il devrait être possible de dire à un voisin de rouler plus lentement pour la sécurité des enfants ou de rappeler à un automobiliste qu’il est dangereux de texter au volant.

Le colloque donnera l’occasion aux citoyens et groupes intéressés de discuter de ces sujets. Outre le fameux abaissement de la limitation de vitesse, dont l’efficacité est parfois mitigée, M. Voyer mentionne qu’il y a des moyens novateurs pour améliorer la sécurité routière, comme celui adopté à Bordeaux. La ville française compte retirer les feux tricolores du tiers de ses carrefours, où ils sont jugés accidentogènes. 

L’inscription est gratuite, mais obligatoire. Le nombre de places est limité à 300. Vous pouvez vous inscrire ici.