En août 2017, les propriétaires s’étaient tournés vers l’étranger dans l’espoir de trouver un acheteur pour le Cyclorama, obligeant le gouvernement du Québec à agir pour conserver l’œuvre.

Québec veut assurer la relève au Cyclorama

Il y a six mois, le gouvernement du Québec reconnaissait le Cyclorama de Jérusalem à Sainte-Anne-de-Beaupré comme un bien patrimonial. Toujours en pourparlers avec la famille Blouin, propriétaire de la gigantesque fresque circulaire, l’État québécois souhaite maintenant élaborer un plan de relève d’ici peu.

Joint par Le Soleil cette semaine, l’attaché de presse de la ministre de la Culture Marie Montpetit, Mathieu Larouche, indique que le ministère de la Culture «réfléchit présentement à plusieurs scénarios pour les propriétaires» qui permettraient à la fois d’effectuer les travaux de restauration, mais également de répondre aux besoins patrimoniaux de mise en valeur du Cyclorama.

«On souhaite accompagner les propriétaires pour qu’ils mettent en place des solutions qui assureront l’avenir du Cyclorama», explique le porte-parole.

D’ici les prochaines semaines, le gouvernement québécois entend encourager très fortement l’élaboration d’un plan de relève, en plus de la réalisation d’un plan d’affaires précis et structuré, pour la suite des choses. 

Il faudra procéder à un «diagnostic des besoins et de l’offre pour déterminer le positionnement éventuel du Cyclorama dans le secteur touristique et culturel», ajoute M. Larouche.

Bonne collaboration, peu d’avancement

«Aux dernières nouvelles, mes clients semblaient très heureux des discussions qu’ils ont présentement avec le gouvernement», indique au Soleil l’agent immobilier chargé du dossier, Martin Dostie, soulignant que, malgré tout, le dossier n’avance tout simplement pas, actuellement.

M. Dostie souligne que plusieurs travaux doivent être effectués sur l’emblématique bâtiment avant de le vendre, ce qui a pour effet de ralentir le processus, d’autant plus que le bien est dorénavant classé «patrimonial». Cela oblige les propriétaires à garder l’œuvre «dans de très bonnes conditions», avait indiqué en août l’ancien ministre de la Culture, Luc Fortin, remplacé par Marie Montpetit depuis.

À l’époque, les proprios s’étaient tournés vers l’étranger dans l’espoir de trouver un acheteur, obligeant le politique à agir pour le conserver.

«Je sais que les deux parties sont en discussion, dans le moment, afin d’établir surtout les prochaines étapes, la suite des choses, ajoute le représentant. Ils veulent déterminer le meilleur équilibre entre ce qu’eux veulent et ce que voit le ministère aussi en même temps.»

Ensemble, les Blouin tentent, depuis un petit moment déjà, «d’obtenir une aide financière de l’État», afin de réaliser ces travaux d’entretien qui pourraient coûter plus cher que prévu, avec l’usure du temps.

Depuis l’été dernier, «après que la folie ait passé», dit l’agent immobilier, aucune offre concrète d’achat n’a été transmise à son groupe en près de six mois. «Il n’y a vraiment rien qui progresse en ce moment», déplore-t-il.

Programmes fédéraux

La députée fédérale de la Côté-de-Beaupré, Sylvie Boucher, s’est dite étonnée cette semaine que le gouvernement fédéral n’ait pas été interpellé dans le dossier du Cyclorama à Québec, dans un entretien avec l’hebdomadaire L’Autre Voix. 

Elle estime qu’une série de programmes pourraient pourtant se révéler profitables à plusieurs parties prenantes dans le dossier, dont la famille Blouin, avec qui elle n’a pas encore discuté, par respect pour sa prise de décision. 

«J’attends que quelqu’un vienne me voir. Nous avons des solutions pour garder le Cyclorama chez nous», poursuit-elle dans l’article en question.

Celle qui est également secrétaire du cabinet des Affaires rurales et du Développement économique de l’Opposition officielle à Ottawa ajoute que la porte du gouvernement fédéral est toujours ouverte aux besoins des communautés locales. 

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L’EXEMPLE D’ATLANTA

Chez nos voisins américains, des travailleurs s’affairent actuellement à restaurer une peinture vieille de 130 ans illustrant la guerre de Sécession, événement d’une importance capitale aux États-Unis.

L’an dernier, la peinture historique avait été déplacée au Centre culturel Grant Park afin d’en assurer sa conservation. Depuis, plusieurs citoyens de la ville attendent impatiemment de revoir naître leur Cyclorama sous de nouvelles allures.

Le but, a dit le conservateur du musée américain, Gordon Jones au blogue Atlanta In News, est de retirer le vernis et la peinture de mauvaise qualité posée lors d’une restauration dans le passé. Une immense salle de 359 pieds a d’ailleurs été construite à cet effet. Elle accueillera bientôt le public et permettra la diffusion de l’œuvre pour encore bien des années.

Pour Martin Dostie, qui qualifie le projet de «très intéressant», si le Cyclorama de Québec a un avantage par rapport à celui d’Atlanta, c’est que «sa toile a pour sa part déjà été restaurée».

«Si un jour, une entité gouvernementale décide de prendre la relève [et de l’acheter], je pense que les principaux frais iront dans la restauration du bâtiment», conclut-il.