Rarement voit-on Régis Labeaume porter veston et cravate avec un jeans dans le cadre de ses fonctions officielles.

Québec rejette la demande d'annexion de Lac-Beauport

Il aura fallu moins de cinq minutes lundi pour que le conseil municipal de la Ville de Québec s’oppose à la demande d’annexion de 791,47 hectares de son territoire par la municipalité de Lac-Beauport.

Le maire de Québec avait la tête aux vacances à son entrée dans la salle du conseil… ou plutôt le bas du corps. Rarement voit-on Régis Labeaume porter veston et cravate avec un jeans dans le cadre de ses fonctions officielles.

Comme lui, 16 autres élus ont suspendu leur farniente estivale pour assister à une séance extraordinaire. Ils devaient se prononcer en urgence contre le règlement 691 de Lac-Beauport demandant l’annexion de 791,47 hectares du territoire de la Ville de Québec.

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Lac-Beauport a adopté son règlement le 3 juillet. La Communauté métropolitaine de Québec en a reçu copie le 12 juillet. La Ville de Québec a été mise au parfum le 16, et le cabinet du maire, le 18 juillet. «On a 30 jours pour répondre. Si on ne le fait pas, c’est un fait accompli», a justifié le maire pour tenir cette assemblée, se disant désolé d’avoir à rappeler momentanément tout le monde au boulot. Il tenait à agir rapidement par crainte de ne pas atteindre le quorum. Et la prochaine séance régulière du conseil est prévue seulement le 27 août.

M. Labeaume a rappelé que la Ville a depuis 2006 des demandes répétées pour annexer une partie de son territoire. Selon lui, une offre «en bonne et due forme» touchant 37,3 hectares a été faite en 2017. Lac-Beauport n’y aurait jamais donné suite.

«Je n’ai eu aucune autre nouvelle du maire [Beaulieu] avant vendredi lorsque je lui ai parlé. Je n’ai jamais vu une demande d’annexion avec un territoire aussi grand», a souligné M. Labeaume.

Demandes répétées de citoyens

Le vendredi 20 juillet, le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu, expliquait au Soleil que la demande d’annexion venait de demandes répétées des citoyens vivant dans le secteur. «Il ne faut pas voir ça trop gros, ça concerne surtout le lac Tourbillon, dont la moitié est sur le territoire de Québec, mais qui n’a pas d’accès par Québec», avait-il alors déclaré.

La municipalité de Lac-Beauport estime que de nombreux citoyens sont lésés d’être sur le territoire de Québec. On parle de services de protection des incendies, de l’interconnexion au réseau routier municipal, et de la répartition des taxes municipales perçues. L’annexion permettrait également d’améliorer la gestion des eaux usées dans le sous-bassin versant du lac Beauport.

À mots couverts, le maire de Québec rejette les prétentions des citoyens. «Quelles sont les allégations? Le Service des incendies? Lac-Beauport a une caserne et deux camions-citernes, un chef, deux pompiers et un préventionniste cinq jours. Le reste du temps, ce sont des pompiers volontaires sur appel. Ça n’a aucune mesure avec les services que nous rendons. Nos services policiers n’ont aucune mesure avec les services de la Sûreté du Québec. On mentionne le service ambulancier. C’est un service régional, ça ne change rien. Et en ce qui concerne le contrôle des bassins versants, je pense qu’on est pas mal meilleur que tout le monde», a-t-il énuméré.

Incluant le moment de silence en début d’assemblée, le conseil a duré 4 minutes 57 secondes avant sa levée. Le maire a refusé de s’adresser aux médias. «Je retourne en vacances», a-t-il lancé, en passant sans s’arrêter devant micros et caméras.