Pour joindre Montréal, le jeune coureur a choisi le chemin du Roy, sur le rive nord.

Québec-Montréal à la course... avec son chien!

Thomas Duhamel profite d'une seule semaine de vacances cet été. Il la passera non pas à se faire bronzer à la plage ou se reposer au chalet, mais à courir entre Québec et Montréal, avec sa chienne Misa, installée bien peinarde dans une poussette. Une randonnée de 280 kilomètres entreprise lundi et qui se terminera dans cinq jours.
Thomas, originaire de la Normandie, aime se taper de longues distances. Il est ce qu'on appelle un ultramarathonien. Bon an mal an, il affiche 4000 km au compteur. L'an dernier, pour célébrer ses 30 ans, il a franchi en neuf jours au pas de course 650 km entre Mont­réal et New York. Une moyenne quotidienne de 72 km, presque l'équivalent de deux marathons par jour.
Il y a deux mois, il a aussi été le seul participant (sur sept courageux) à terminer une course de 160 km en Gaspésie. Il a couru pendant 26 heures et 54 minutes, rien de moins...
«Cette fois, j'avais envie d'un autre défi, de vivre une aventure relaxe avec mon chien, le long du Saint-Laurent», explique l'ingénieur en maintenance des bâtiments, installé à Montréal depuis un an et demi.
Pour joindre Montréal, le jeune coureur a choisi le chemin du Roy, à l'image du trajet emprunté par le général de Gaulle lors de sa visite historique en 1967. Il compte camper ici et là, ou encore coucher chez des amis.
Ce défi est aussi l'occasion pour le trentenaire de mousser sa participation, le 14 octobre, à l'ultramarathon Courir 6h en coeur, au profit des enfants atteints de maladies cardiaques.
Battre la semelle avec une poussette où s'entasse du matériel de camping et un compagnon à quatre pattes ne sera pas nécessairement une sinécure, il en convient, particulièrement dans les montées et les descentes.
«Contemplative»
C'est à l'île de la Réunion, il y a six ans, alors qu'il participait à la course de longue distance La diagonale des fous, que Thomas a adopté Misa, de race royal bourbon, comme la plupart des chiens originaires de ce coin du monde. Il compte bien lui permettre de se dégourdir les pattes à l'occasion pendant son périple. «Je vais sûrement faire 3 ou 4 km avec elle le matin pour starter la journée.»
Pour le reste, la bête n'aura qu'à admirer le paysage, la chanceuse. Ça tombe bien, «c'est une contemplative...» termine Thomas.