Le projet de prolongement de piste cyclable de la 3e Avenue, dans Limoilou, éliminera 48 cases de stationnement devant les commerces.

Québec mise en demeure pour la piste cyclable de la 3e Avenue

Des commerçants de la 3e Avenue touchés par le retrait de cases de stationnement afin de prolonger la piste cyclable ont mis en demeure la Ville de Québec pour d’éventuelles pertes financières qui découleront de l’implantation de la voie réservée aux vélos.

C’est un parcours semé d’embûches qu’emprunte le prolongement de la piste cyclable entre les 12e et 18e Rue dans Limoilou. Faute de pouvoir freiner le projet annoncé dans la controverse au printemps, les commerçants qui verront 48 cases de stationnement disparaître devant leur place d’affaires du côté ouest de la rue préviennent les coups… et les coûts. 

Les propriétaires de la quincaillerie Rona, de Santé et beauté de luxe et de La Fournée Bio ont fait parvenir à la mi-juillet une mise en demeure qui tient la Ville responsable des pertes financières appréhendées.

En juin, la conseillère Suzanne Verreault confirmait au Soleil que la piste serait prolongée même s’il n’y avait pas unanimité chez les commerçants. Les mesures d’atténuation dont 18 changements de réglementation sur les rues transversales pour faciliter l’accès aux commerces n’ont pas suffi pour rassurer les proprios visés. 

En fait, ces derniers ont l’impression de ne pas avoir été entendus. «On a proposé des voies partagées, on nous a dit que c’était impossible. Un sens unique? C’est encore à l’étude. Nous avons suggéré de retirer un trottoir d’un côté de la rue et même de céder quatre pieds de nos terrains pour permettre d’élargir la rue et garder les cases de stationnement», énumère Annie Pilote de Santé et Beauté de luxe. Le choix a été fait sans même valider toutes les possibilités», se désole-t-elle. Même une pétition de 600 noms de résidents du secteur qui s’opposent au projet n’a pas suffi.

Le propriétaire du Rona, Dominic Poulin, va jusqu’à remettre en question les chiffres de fréquentation de l’actuelle piste qui s’étend du pont Dorchester jusqu’à la 12e Rue. Selon la Ville, il y passerait chaque jour jusqu’à 900 vélos.  

Comme Mme Pilote, il a l’impression de ne pas avoir obtenu une écoute attentive. «La Ville est capable de prévoir la construction d’un viaduc à vélos à 6,3 millions $ [Terminal de croisières] et elle n’est pas capable de rafistoler quelques trottoirs», illustre-t-il lors d’un échange par messagerie électronique.

Enfin, les principaux intéressés ne croient pas que ce «projet-pilote» en est vraiment un. Ils soutiennent qu’une fois implantée, la piste sera là pour rester. Surtout que la Ville doit enlever un gonflement de trottoir et déplacer un feu de circulation aux intersections de la 12e et de la 13e Rue.