L'incinérateur de Québec

Québec investit 5,9 millions $ dans son incinérateur

La Ville de Québec investira 5,9 millions $ pour mieux contrôler les émissions nocives qui sortent des cheminées de son incinérateur. Un problème en grande partie causé par un mauvais tri des déchets dans les entreprises et chez les citoyens.
L'an dernier, une campagne d'échantillonnage a révélé que la Ville dépassait encore, à l'occasion, les normes gouvernementales de pollution de l'air. Des rejets toxiques de mercure, de dioxines, de furanes et de monoxyde de carbone ont été observés. 
Lors de la séance publique du Comité de vigilance de l'incinérateur de Québec jeudi soir, la Ville a annoncé un plan d'action de huit mesures qui seront déployées d'ici 2018. 
La Ville s'engage à acheter des brûleurs au gaz naturel dans ses fours pour augmenter leur température, à embaucher un consultant expert en combustion et à valoriser environ 15 000 tonnes de boues, au lieu de les brûler. 
Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement de Québec, explique que la Ville a investi beaucoup d'argent depuis 12 ans pour améliorer de façon technique son incinérateur. Mais les problèmes de pollution de l'air persistent. 
Mieux trier les déchets
«Il y a un consensus qui se dégage parmi les membres du comité de vigilance, même chez les élus. C'est beau d'investir des millions de dollars dans l'équipement, mais là, où on a encore des croûtes à manger, comme citoyens, c'est dans le tri des déchets», exprime M. Turgeon. 
Il explique par exemple que l'incinérateur brûle plus de canettes d'aluminium que les citoyens de Québec en renvoient dans les dépanneurs ou au centre de tri. «Et ça, c'est sans compter les deux ou trois bonbonnes de propane par jour, et les vieux pneus.»
La Ville de Québec reconnaît la problématique et a réservé de l'argent pour mener une campagne de sensibilisation auprès des industries qui produisent beaucoup de mercure, mais aussi auprès des citoyens, afin qu'ils arrêtent de jeter leurs piles et leurs ampoules fluocompactes à la poubelle. Ce type de résidus domestiques dangereux fait monter le taux de mercure dans l'air autour de l'incinérateur, situé à Limoilou. Mais selon M. Turgeon, ce dont la Ville a besoin, c'est d'une brigade verte, qui ferait le tour des bacs et donnerait des avertissements. 
La Ville est aussi revenue jeudi soir sur son projet d'usine de biométhanisation. L'administration municipale estime que lorsqu'elle sera en fonction, en 2021, elle contribuera à réduire de 18 % l'utilisation de l'incinérateur.