Québec doit agir vite s'il veut les Olympiques, dit Dubreuil

«Il est bon de se positionner rapidement» pour une candidature olympique «alors que la donne change», croit Robert Dubreuil, président de la Fédération de patinage de vitesse du Québec. Le Comité international olympique (CIO) fait selon lui «une introspection et arrive à une ouverture jamais vue».
Robert Dubreuil était déjà à la tête de sa fédération dans les années 90 lorsque Québec a tenté, sans succès, d'obtenir les Jeux olympiques d'hiver de 2002, lesquels ont finalement été attribués à Salt Lake City. 
Sollicité dans le passé pour aider la capitale à se faire valoir, M. Dubreuil accepterait volontiers d'aider de nouveau. Mais il faut agir vite, croit-il. Dans cette optique, il voit d'un bon oeil le premier pas fait par le maire Régis Labeaume, qui se rendra à Lausanne le 11 avril pour rencontrer le président du CIO, Thomas Bach. Rappelons que c'est le CIO qui a contacté Québec, et non l'inverse.
«Se mettre en ligne rapidement, je pense que ce n'est pas une mauvaise stratégie», a-t-il dit vendredi, invité à commenter l'annonce faite par la Ville de Québec la veille. «S'il est pour arriver quelque chose, c'est bon de montrer que tu es proactif.»
Tout déboulera selon lui après la rencontre du maire en Suisse. Mais le contexte semble bon pour au moins discuter Olympiques, a-t-il dit. «Nous sommes dans l'ère d'après Sotchi [Jeux d'hiver qui ont coûté 50 milliards $]. Il y a une nouvelle réalité. [...] Le CIO se réveille avant que le bateau coule trop bas», a-t-il analysé, faisant aux références aux 40 recommandations prévoyant des olympiades plus modestes dans la vision 2020 du CIO. Le nouveau programme ouvre aussi la porte à des partenariats entre différentes villes.  
«La croissance des 20 ou 30 dernières années a culminé avec Sotchi, que le CIO n'aurait sûrement pas dû laisser arriver. Les revenus ne sont pas dans la croissance qu'ils étaient. [Le CIO] a définitivement moins de facilité à trouver des villes candidates. [En 2002], il y avait 10 candidates avant le vote final à quatre villes.»
Le «tremblement de terre» Aubut
Mais avant d'avoir une chance au CIO, il faudra convaincre le Comité olympique canadien (COC). Et selon M. Dubreuil, la province n'a pas beaucoup de poids au sein du COC. «Le Québec est peu présent [dans la gouvernance], la région de Québec encore moins», a-t-il souligné. 
«Tu peux compenser avec de plus grands leaders. Un Régis Labeaume qui arrive avec sa drive, ça peut aider. Mais ça prend quelques gens influents à l'interne et ça, ce n'est pas là présentement.»
Le «tremblement de terre» au COC, marqué par l'affaire d'harcèlement impliquant Marcel Aubut, suivie de sa démission de la présidence le 3 octobre dernier, n'a pas aidé la province, croit Robert Dubreuil. Pour redorer le blason, «il faudrait qu'il y ait un rassemblement de leaders pour savoir comment faire un pas vers l'avant. Les forces en présence ne doivent pas travailler en silo.»