«Il faut se préoccuper des coûts d’entretien et du fait que ça enlève des voies permanentes», s’est offusqué Jean-François Gosselin, qui préfère moderniser l’actuel transport par autobus plutôt que de se lancer dans un projet de tramway.

Québec 21 réclame un référendum sur le tramway

Le maire Régis Labeaume s’est défendu lundi d’avoir fait campagne en cachant son intention de remettre un projet de tramway sur les rails s’il était réélu. L’opposition officielle n’en croit rien et réclame un référendum sur le sujet.

«Quand je disais que le SRB n’était pas mort, je ne me doutais même pas que c’est la version du tramway qui reviendrait», a lancé incrédule Jean-François Gosselin, chef de Québec 21.

Les journalistes aussi avaient des questions à poser au maire. «Est-ce que le tramway faisait partie des hypothèses pendant la campagne? Quel est l’élément déclencheur qui a remis le projet sur les rails?»

«Ça n’a pas fait partie de nos hypothèses pendant la campagne. Le déclencheur est l’ouverture du gouvernement du Québec après la campagne», a soutenu le maire, imperturbable malgré les doutes soulevés. En cours d’élection, il a refusé d’identifier un projet de réseau structurant de transport en commun alors que Démocratie Québec a fait campagne sur l’implantation d’un tramway.

Prudent, le maire ne confirme toujours pas que c’est un projet de tramway qui verra le jour. Il préfère parler «d’une hypothèse sérieuse». D’ailleurs, il s’engage toujours à présenter en début de 2018 les résultats d’une étude sur différents types de transport, incluant un service rapide par bus et un tramway.

Pas légitime sans engagement

«Il n’a pas voulu s’engager en campagne électorale. Quel est le projet? Quel est le coût et par où il va passer? Il faut se préoccuper des coûts d’entretien et du fait que ça enlève des voies permanentes», s’est offusqué M. Gosselin, qui préfère moderniser l’actuel transport par autobus. Dans ce contexte, il juge essentiel que les citoyens se prononcent par référendum.

Pour le maire, pas question de passer par une consultation publique. Pour lui, elle a été faite le 5 novembre. «On ne peut pas attendre trop longtemps. On va passer en dessous de la table comme des cabochons», lance-t-il, insistant sur l’urgence de profiter de l’aide gouvernementale disponible à Québec comme à Ottawa.

S’il se questionne sur le trajet qu’un tramway devrait emprunter entre la haute et la basse-ville, il sait déjà qu’il ne traverserait pas le pont, mais qu’il serait possible de réaliser l’interconnexion avec Lévis. «C’est trop compliqué de traverser avec un tramway. Il restera à Lévis de se connecter avec nous. Ils savent quoi faire», ajoute le maire, rappelant les scénarios déjà évoqués pour le SRB.

L’élu de Démocratie Québec, Jean Rousseau, garde aussi l’impression que le maire n’a pas tout dit sur ses intentions en campagne. Malgré tout, il a tendu la main pour participer au projet défendu par sa formation politique en campagne. «Les gens s’attendent que les élus mettent de côté la partisanerie pour le bien commun», laisse-t-il savoir. 

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LEHOUILLIER: UNE CONNEXION INTERRIVES EFFICACE

Si Québec se dote d’un tramway, le maire de Lévis est ouvert à ce qu’il vienne cueillir les usagers du transport en commun sur la Rive-Sud.

«J’ai toujours dit qu’il y avait deux scénarios : ou on traverse nous à Québec avec nos autobus ou le tramway vient faire une antenne à Lévis, un peu comme on a vu à Longueuil par exemple. Ça, on n’a pas d’objections», a fait savoir Gilles Lehouillier, en marge de la présentation du budget de la Ville de Lévis. 

Il ne faut pas y voir une adhésion de M. Lehouillier au projet de tramway, mais plutôt un intérêt renouvelé pour une «interconnexion» efficace avec les voies réservées et les autobus qu’il privilégie pour Lévis.

«Ce serait complètement ridicule de ne pas faire une interconnexion entre les deux rives. Voyons, c’est l’objectif même du transport collectif d’assurer les interconnexions alors j’imagine que ça va être fait d’une façon ou d’une autre», a-t-il lancé, relevant les attentes du ministre des Transports pour un «arrimage» entre les projets de Québec et de Lévis.

Le maire de Lévis est prudent avec l’idée d’une tarification unique. «Si on a des titres de transport qui viennent doubler les coûts, qu’est-ce qu’on va faire? On va avoir l’effet inverse, on va transférer des gens vers l’automobile», prévient-il.  Annie Morin