Jean-François Gosselin.

Québec 21 portera plainte contre le bilan financier de Labeaume

Québec 21 portera plainte au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) contre le maire Régis Labeaume, à qui il est reproché d'avoir fait appel aux fonctionnaires de la Ville de Québec pour produire un «bilan financier» à saveur politique.
La conférence de presse litigieuse a eu lieu jeudi. Elle réunissait le maire, le vice-président du comité exécutif, le directeur général et la trésorière de la Ville de Québec.
«C'était clairement une annonce pré-électorale. Il est en campagne. Il a compris qu'on allait l'attaquer sur son bilan des 10 dernières années. Il a voulu peut-être nous prendre de court. Le problème, c'est qu'il a utilisé les ressources de la Ville, autant l'hôtel de ville que des personnes clé à la Ville de Québec», a fait valoir le chef Jean-François Gosselin, vendredi matin. Selon lui, «ce n'était pas le maire qui parlait, c'était le candidat» à la mairie. 
En 2013, Démocratie Québec avait aussi porté plainte pour le même genre de présentation financière réalisée en pleine campagne électorale. Le maire Labeaume n'a d'ailleurs pas caché jeudi qu'il procédait avant le lancement officiel de la campagne pour s'éviter des critiques. Selon lui, l'exercice est semblable à d'autres tenus en cours d'année. Il est toutefois inhabituel que cela ait lieu en septembre. 
Au DGEQ, la porte-parole Stéphanie Julien indique que les plaintes sont traitées confidentiellement. Toutefois, elle confirme qu'aucun constat d'infraction n'a été émis à Équipe Labeaume en 2013, année des dernières élections. 
Le maire de Québec a réagi brièvement, lui qui a pour politique de ne pas commenter les agissements de ses adversaires. «C'est une stratégie politique qu'on connaît. Ça n'a jamais marché, mais ça fait du bruit. C'est correct, on est habitués», a laissé tomber M. Labeaume. 
Trois nouveaux candidats
Québec 21 a pratiquement fait le plein de candidats. Avec l'annonce de trois nouvelles candidatures vendredi, le parti dirigé par Jean-François Gosselin est à un district d'afficher complet. 
Les nouveaux venus sont Geneviève Cormier, enseignante et «mère de famille», qui se présente dans Les Saules, Jean-Alex Martin, un entrepreneur qui veut ravir le district Des-Monts, et Samuel Lachance, qui travaille pour Cogeco et lorgne Saint-Roch-Saint-Sauveur. 
Ce dernier, qui gravite autour du FM93, s'est défendu de toucher au contenu et de côtoyer les journalistes. Ce qui a été confirmé par le candidat Mario Hudon, un ancien du FM93, et par le reporter de la station qui couvrait la conférence de presse. 
Québec 21 présentera la semaine prochaine son dernier représentant dans Cap-aux-Diamants. Selon M. Gosselin, la candidature indépendante de François Marchand, qui s'ajoute à celle du colistier d'Anne Guérette et à celle de Maude Rusk pour Équipe Labeaume, pourrait jouer en faveur de son parti. «Il y a trois candidatures d'un côté et nous de l'autre. La candidature de M. Marchand vient d'augmenter nos chances de faire passer notre candidat», croit-il. 
Équipe Labeaume a aussi présenté 20 candidats. Dans le district de Montcalm-Saint-Sacrement, le parti du maire a choisi de laisser la voie libre à l'indépendant Yvon Bussières. 
Démocratie Québec n'a que 11 candidats déclarés, même si la chef Anne Guérette et le président du parti Denis L'Anglais ont toujours l'objectif d'en présenter dans les 21 districts.
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Suite et fin de la première poignée de main
Le candidat à la mairie Jean-François Gosselin a finalement obtenu la poignée de main qu'il espérait. Le chef de Québec 21 a tenté par deux fois - en juin lors des consultations sur la mobilité durable et mardi après le sommet sur le même thème - de souhaiter bonne campagne à Régis Labeaume. Sans succès. Après qu'il s'en soit plaint et que Le Soleil eut questionné le maire à ce sujet, M. Gosselin a de nouveau tenté sa chance vendredi. M. Labeaume s'est prêté au jeu, même s'il venait de dire qu'il fallait «laisser faire l'émotif». «C'était une poignée de main de bouts de doigts, mais c'est correct. On va en campagne électorale. On est des adversaires, pas des ennemis. C'est important de se respecter», a commenté le candidat Gosselin.