Jean-François Gosselin, chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec

Québec 21 cogne sur le clou du référendum sur le tramway

Le chef de Québec 21 reprend là où il avait laissé avant le congé des Fêtes. Il entend demander l’aide des citoyens pour forcer l’administration Labeaume à tenir un référendum sur le projet de tramway.

«Je m’attends à ce qu’on débatte là-dessus, a signifié Jean-François Gosselin, lorsqu’il a fait part de son menu législatif pour 2018. On va demander un référendum», dit-il, confiant, malgré les refus répétés du maire Régis Labeaume à la fin de la dernière année.

Selon M. Gosselin, son adversaire durant la dernière élection a fait campagne en cachant son intention de remettre un projet de tramway sur les rails une fois réélu. Ce que dément le maire.

«Il nous disait que ça prendrait deux ans de consultation avant de connaître le projet. Et il n’était pas question d’un tramway. Là, il veut aller de l’avant dès cette année», s’inquiète M. Gosselin, qui est contre tout projet de transport en commun qui enlève des voies permanentes aux automobilistes.

Évidemment, l’écrasante majorité d’Équipe Labeaume au conseil municipal limite les ambitions de Québec 21. C’est pourquoi la formation politique compte demander l’aide de la population.

«Ça peut être une pétition ou encore demander aux citoyens de contacter leur conseiller municipal pour exprimer leur désaccord avec un tramway», donne en exemple M. Gosselin. 

Il va jusqu’à remettre en doute le fait que tous les conseillers d’Équipe Labeaume puissent être d’accord avec le projet de tramway. «Vous ne me ferez pas croire que le conseiller de Val-Bélair est d’accord, a lancé le représentant de l’opposition, en désignant Sylvain Légaré. S’il parle à ses citoyens, il ne devrait pas l’être parce que le rôle d’un conseiller c’est de travailler pour ses citoyens. Ça vient avant la ligne de parti.»

Déficit questionné

De son côté, le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, ouvre l’année politique avec des préoccupations sur la capacité d’ExpoCité à générer des revenus. 

S’il se réjouit de la location du vieux Colisée cinq semaines au Cirque du Soleil qui y rodera son spectacle Cortéo, il aimerait avoir plus de transparence sur la gestion du Centre Vidéotron.

Il donne en exemple le fait qu’il est impossible de savoir combien paient Les Remparts, propriété de Québecor, pour louer le centre à la Corporation de gestion de l’amphithéâtre, aussi propriété de Québecor. «Québecor loue à Québecor et on ne sait rien parce l’entente permet à la corporation de gestion de faire des locations sans l’intervention de la ville», explique M. Rousseau. 

«Si ExpoCité faisait des profits faramineux, on ne se poserait pas la question. Là, on se demande si la location est faite au prix du marché, au moins pour diminuer le manque à gagner.» En 2016, ExpoCité affichait un déficit de 2,1 millions $.

Ce supposé manque de transparence avait aussi fait l’objet d’un débat en 2016 alors que l’ex-conseiller Paul Shoiry était chef de l’opposition officielle.

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ATTAQUE «MESQUINE»

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a reproché au maire Régis Labeaume de ne pas s’être présenté dès dimanche sur les lieux des inondations dans le secteur Duberger pour réconforter les sinistrés. «Je m’attendais que M. Labeaume soit présent dimanche. Le maire d’une ville comme Québec doit être sur les lieux rapidement. C’est clair qu’il a manqué de leadership. La moindre des choses aurait été qu’il se déplace», a-t-il soutenu pendant le conseil municipal. «Occupez-vous de votre agenda», a répliqué le maire à son vis-à-vis. «J’ai passé ma journée de dimanche à travailler avec le ministre Coiteux pour aider les sinistrés. J’aurais été inutile sur place. C’est une attaque mesquine», considère le maire.

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UNE ANNÉE 2018 BIEN REMPLIE

Le maire Régis Labeaume a récapitulé les dossiers majeurs, mis à part le tramway, auxquels son administration devra s’attaquer d’ici la fin de l’année. Et ils sont nombreux. Ainsi, au cours des prochains mois, il sera question de la consultation publique pour le projet du Phare à Sainte-Foy; de la construction du centre de glace (anneau de glace); des voyages pour le recrutement de main-d’œuvre francophone à l’étranger; de la valorisation des artères commerciales; de la construction du Grand Marché d’ExpoCité; et de l’avancement du dossier de la construction du centre de biométhanisation, dont la réalisation doit se faire avant 2022 pour se conformer aux exigences du gouvernement du Québec.

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POUVOIR D'EXPROPRIER RÉCLAMÉ

La Ville de Québec sera devant la Commission de la consultation du territoire mardi concernant le projet de loi 155, modifiant des dispositions législatives dans le domaine municipal et la Société d’habitation du Québec. Le maire Régis Labeaume y déposera un mémoire dans lequel il réclame un plus grand pouvoir d’expropriation. Il a souvent dit que le processus actuel est trop long. «Ça prend trois ans avant de pouvoir exproprier quelqu’un.» La Ville veut agir plus rapidement, surtout dans le cas des personnes vulnérables. «Il y a des immigrants et des personnes âgées qui sont exploitées», soutient le maire, faisant référence aux conditions d’insalubrité de certains logements. Son administration a déjà identifié certains immeubles.

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RÉAMÉNAGEMENT AU CENTRE VIDÉOTRON: APPEL D'OFFRES COPIÉ-COLLÉ

La Ville de Québec a repris l’appel d’offres public en vue de la construction d’un terminus d’autobus et du réaménagement des stationnements sur le site d’ExpoCité. Les plans n’ont pas changé, mais l’échéancier a été précisé… et retardé.

Le 27 septembre, lors du match présaison des Canadiens programmé au Centre Vidéotron, des bouchons monstres se sont créés dans les rues et les stationnements environnants. Au point où plusieurs spectateurs sont arrivés à leur siège avec beaucoup de retard.

Le même jour, un appel d’offres pour la préparation des plans et devis d’un terminus d’autobus pour le Réseau de transport de la Capitale (RTC) et le réaménagement des stationnements a été annulé. L’administration Labeaume a justifié ce retrait par la nécessité de revoir les plans. 

Cela a été fait dans les trois derniers mois et bien peu de choses ont bougé. Il est toujours question d’installer le terminus devant le vieux Colisée. L’accès sera strictement réservé aux bus du RTC grâce à un système de barrières automatisées. 

Des feux lumineux doivent être ajoutés sur l’avenue du Colisée pour l’accès au stationnement 3 qui la longe. La Ville prévoit aussi refaire le drainage, la structure de chaussée et le revêtement du stationnement 4 devant le Colisée ainsi que de l’entrée Jalobert. Une nouvelle entrée est planifiée pour le stationnement 7 qui se trouve à l’intersection du boulevard Hamel et de l’autoroute Laurentienne. 

Le chantier a toutefois été découpé en deux phases. Priorité sera donc donnée à partir de la fin du mois d’août à la construction du terminus et au réaménagement de l’accès au stationnement 3. Au printemps et à l’été 2019, les travaux seront réalisés dans les stationnements 4 et 7. 

Le document précédent prévoyait concentrer les interventions à l’été 2018. Au final, le temps mis pour approuver l’appel d’offres entraînera donc un retard de 10 mois pour la livraison du chantier. 

Les coûts estimés demeurent pratiquement les mêmes, soit 4,6 millions $, en hausse de 100 000 $ seulement. Annie Morin