Le chantier de l'immeuble baptisé Le George-Étienne en l'honneur de George-Étienne Cartier est déjà en marche.

Quartier Montcalm: virage locatif pour les condos de l'îlot Esso

Après trois ans de planification et un référendum perdu sur fond de lutte politique et citoyenne, l'immeuble de «l'îlot Esso» prend finalement forme. Et, nouveauté, l'édifice de quatre étages abritera 21 condos qui seront en location plutôt que vendus.
<p>Le projet de six étages avec 30 unités de condos et des commerces au rez-de-chaussée - présenté au printemps 2013 - avait été rejeté tant par les membres du conseil de quartier Montcalm que par les citoyens. </p>
Les 21 condos de l'immeuble de quatre étages situé à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque seront loués «au prix du marché» et livrés au début de l'année 2015.
Le jeune promoteur David Grondin de la société immobilière Miradas dit en être venu cet hiver à la décision d'opter pour des condos en location dans cet immeuble à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque, secteur névralgique du quartier Montcalm.
«C'est une décision d'affaires. Du bon locatif, de qualité condo, bien placé, il n'y en a pas tant que ça», a-t-il dit au Soleil lundi. M. Grondin assure que ce choix n'est pas motivé par un ralentissement du marché du condo observé dans la capitale.
«Ce n'est pas à cause de la conjoncture», a-t-il dit, estimant qu'il y a une forte demande pour la location d'appartements neufs. Les 21 logements seront loués «au prix du marché» et livrés au début de l'année 2015. Le chantier de l'immeuble baptisé Le George-Étienne en l'honneur de George-Étienne Cartier est déjà en marche.
Intégration au secteur
L'édifice, dont Le Soleil dévoile aujourd'hui les maquettes en exclusivité, sera fait de brique beige et de verre gris pâle. Les plafonds seront de 9 ou 10 pieds avec une terrasse sur le toit. Comme la Ville de Québec l'exigeait, une partie du terrain sera aussi consacrée à une petite place publique, a expliqué M. Grondin, visiblement soulagé de voir prendre forme ce projet qui, estime-t-il, suscitera l'adhésion.
«On a travaillé fort à faire quelque chose de bien. Tout le monde est bien content», a-t-il dit à propos de l'immeuble conçu par l'architecte Pierre-André Marquis.
Il faut dire qu'il s'agit de la fin d'une longue aventure pour le promoteur dont la première version du projet, qui prévoyait 30 condos sur six étages, a été rejetée à 77 % par les citoyens du secteur lors d'un référendum le 10 novembre.
Les opposants reprochaient à la première version ses six étages qui donnaient un gabarit trop haut et trop massif pour le secteur. Ils remettaient aussi en question la nécessité d'ajouter des condos dans Montcalm où le coût des résidences est déjà élevé.
À l'automne, la campagne référendaire sur fond de campagne électorale municipale avait donné lieu à plusieurs débats entre les commerçants de l'avenue Cartier, favorables au projet, et la conseillère de l'opposition Anne Guérette, qui était contre un changement de zonage pour permettre six étages.
Une fois le référendum perdu, le promoteur est retourné sur sa table à dessin et a présenté une mouture de quatre étages, qui ne nécessitait pas de changement de zonage.
Avec un bâtiment plus sobre, David Grondin dit proposer un projet qui s'harmonise davantage avec les immeubles environnants, dont celui qui abrite le Cinéma Cartier. «On a une meilleure intégration», a-t-il reconnu à propos du projet qui verra le jour sur l'un des rares terrains vacants du quartier Montcalm qu'il a acheté en 2011.
Ce terrain exigu, qui a autrefois accueilli une station-service - d'où son nom d'îlot Esso - avait été transformé en place publique.
En plus de conserver un espace pour une place publique, la Ville de Québec exigeait au moment de l'achat que l'immeuble comporte un abribus chauffé au rez-de-chaussée, ainsi que des toilettes publiques. En avril, les élus du comité exécutif avaient toutefois voté pour l'abandon des toilettes, qui n'étaient plus considérées comme nécessaires dans le secteur.
Chocolats favoris
L'immeuble abritera aussi deux commerces au rez-de-chaussée. En mai, on apprenait que Chocolats Favoris installera sa huitième succursale dans le nouvel édifice.
«C'est un building neuf alors on pourra intégrer le design signature qu'on a développé depuis un an et demi», avait dit au Soleil le propriétaire de Chocolats Favoris et ex-patron de Beenox, Dominique Brown. Il prévoyait alors une ouverture «à temps pour la période des Fêtes».
Lundi, David Grondin a confirmé que les commerces au rez-de-chaussée pourront être aménagés d'ici la fin de l'année. Les logements pourront pour leur part être habités au début de l'an prochain.
Le promoteur n'a toutefois pas dévoilé lundi quelle entreprise logera dans le deuxième espace commercial disponible.
Clin d'oeil à George-Étienne Cartier
«Tout le monde pense que l'avenue Cartier, c'est pour Jacques Cartier», lance David Grondin, promoteur du nouvel immeuble qui lèvera de terre au coin de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque. Or, la célèbre rue commerciale du quartier Montcalm a plutôt été nommée vers 1879 en l'honneur de George-Étienne Cartier, l'un des pères de la Confédération canadienne, décédé en 1873. Le promoteur a décidé de nommer le futur immeuble de «l'îlot Esso» Le George-Étienne dans un clin d'oeil à l'homme politique. «En plus, Le George-Étienne, c'est sympathique, c'est beau», a-t-il dit. Sans trop en dévoiler, M. Grondin a aussi laissé entendre au Soleil hier que le hall d'entrée du futur immeuble de 21 condos locatifs pourrait contenir une référence à ce personnage de l'histoire du Québec et du Canada.  
Quelques moments-clés
Juin 2011
Le promoteur David Grondin de la Société immobilière Miradas achète de la Ville de Québec le terrain de l'ancienne station-service Esso à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque, coin névralgique du quartier Montcalm.
Décembre 2012
Lors d'une rencontre avec des citoyens de son district Vieux-Québec-Montcalm, la conseillère Anne Guérette, alors indépendante, annonce que Miradas entend construire un édifice de sept étages. Elle affirme déjà qu'elle s'opposera à une telle hauteur dans ce secteur où le zonage permet quatre étages.
Printemps 2013
Le promoteur présente un projet de non pas sept, mais six étages avec 30 unités de condos et des commerces au rez-de-chaussée. Il dit alors souhaiter que les condos permettent à des jeunes de devenir propriétaires, car il souhaite les vendre environ 225 000 $, du rare dans Montcalm, plaide-t-il.
Été 2013
Fortement critiqué par certains citoyens pour son gabarit jugé trop imposant, l'édifice de six étages est discuté pendant des heures lors d'une assemblée du conseil de quartier Montcalm marquée par la division le 18 juin. Rencontre à l'issue de laquelle les membres du conseil de quartier rejettent le projet. L'îlot Esso devient alors le symbole de ce qui s'annonce comme un enjeu de la campagne électorale en vue des élections municipales du 3 novembre : la densification et la construction en hauteur.
10 novembre 2013
Tenue d'un référendum. Les citoyens des zones voisines du terrain de l'îlot Esso rejettent à 77 % le projet d'édifice à six étages. Le promoteur reviendra à la charge quelques mois plus tard avec un immeuble de 21 unités d'habitation sur quatre étages. Comme il respecte le zonage, il ne peut y avoir de référendum.
Janvier 2014
Les élus de l'arrondissement de La Cité-Limoilou votent à l'unanimité pour des dérogations mineures qui donnent le feu vert à la nouvelle version du projet. Anne Guérette, qui était farouchement opposée à la construction de six étages, estime que ce bâtiment de quatre étages pourra susciter l'adhésion. «On doit, comme Ville et comme élus, apprendre de cette expérience», avait dit l'élue de Démocratie Québec en disant souhaiter que l'aventure référendaire ait permis de prendre conscience de la nécessité de consulter les citoyens «en amont».