Voitures, camionnettes, taxis, autobus, camions de livraison : chaque jour, des utilisateurs de vélos doivent contourner des véhicules qui se garent dans les pistes cyclables de la capitale.

Quand la piste cyclable devient un stationnement [VIDÉO]

Des cyclistes de Québec en ont assez de voir des véhicules stationnés dans les bandes cyclables et ils réclament plus de surveillance policière.

Voitures, camionnettes, taxis, autobus, camions de livraison : chaque jour, des utilisateurs de vélos doivent contourner des véhicules qui se garent dans les pistes cyclables de la capitale.

«Quand il y a un véhicule qui est placé là, ça peut devenir très dangereux pour le cycliste», dit Martial Van Neste, président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec.

Les cyclistes aguerris sont plus habitués à contourner les véhicules, note M. Van Neste. Mais ceux qui ont moins d’expérience en vélo, comme les enfants, sont plus à risques de subir des accidents lorsqu’ils sont contraints de sortir de la bande cyclable et se retrouvent dans le trafic, fait-il valoir.

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Grand utilisateur du réseau cyclable de Québec, Yanick Beaudoin ne compte plus les fois où il a été témoin du problème. «On en voit tous les jours des véhicules stationnés dans les bandes cyclables», dit-il.

Mercredi dernier, Le Soleil l’a suivi notamment sur la 8e Avenue, dans le quartier Limoilou. Devant le Cégep Limoilou, M. Beaudoin a croisé deux véhicules stationnés dans la bande cyclable bidirectionnelle.

Un chauffeur de taxi qui avait déjà déposé son client et semblait garé à cet endroit en attendant un prochain appel a fourni une justification familière aux oreilles des cyclistes : «Je suis juste là quelques minutes.»

Or, il faut beaucoup moins de temps que ça pour qu’un accident se produise, souligne Yanick Beaudoin.

La Ville a aussi installé des bordures de caoutchouc à certains «endroits névralgiques, où des véhicules pourraient empiéter sur la bande cyclable lors d’un virage à droite».

Le cycliste déplore un «double standard» qui banalise le stationnement des automobilistes dans les pistes cyclables alors que le contraire semble inadmissible.

«Il y a beaucoup de monde qui disent : “Ah, c’est rien que des cyclistes, ils contourneront et ils passeront à côté.” Mais d’un autre côté, si je stationne mon vélo en plein milieu du chemin et si je dis : “C’est juste pour cinq minutes.” Je vais me le faire tasser, mon vélo.»

Porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Étienne Doyon rappelle que les automobilistes garés là où le stationnement est interdit s’exposent à une contravention de 30 $, plus les frais. Et si le véhicule est stationné sur un passage pour piéton ou cycliste identifié par un panneau, l’amende peut grimper à 100 $ plus les frais.

M. Van Neste, le président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier, croit d’ailleurs que surveillance en la matière devrait être resserrée à Québec. Il ne croit pas que les policiers devraient multiplier les contraventions, mais pense qu’il devrait y avoir beaucoup plus d’avertissements.

«Quelqu’un qui se fait avertir une fois, il y pense à deux fois» avant de recommencer, souligne-t-il.

Bollards et bordures

De son côté, la Ville de Québec installe de plus en plus de «délinéateurs» (petits poteaux pliants, aussi appelés bollards) pour délimiter les bandes cyclables et protéger les cyclistes. On peut notamment en apercevoir sur la 22e Rue, sur le pont Dorchester et sur la 3e Avenue Ouest.

Sans être une panacée, les délinéateurs ont au moins deux avantages, note Yan Turgeon, vice-président de la Table de concertation vélo des conseils de quartier de Québec.

«D’une part, ça contribue au sentiment de sécurité des cyclistes. D’autre part, ça ralentit la circulation automobile, parce que les gens doivent faire attention de ne pas frôler les bollards. Ils sont plus “précautionneux”».

La Ville installe aussi des bordures de caoutchouc à certains «endroits névralgiques, où des véhicules pourraient empiéter sur la bande cyclable lors d’un virage à droite», indique Wendy Whittom, porte-parole de la Ville de Québec. Ces bordures ont été aménagées sur des tronçons de la 8e Avenue, de la 22e Rue et de l’avenue du Colisée.

D’ici 2021, la Ville de Québec espère être «reconnue pour son réseau cyclable sécuritaire et continu» et souhaite qu’un «nombre grandissant de citoyens» accèdent à leurs activités journalières (travail, étude, loisir, etc.) à vélo.