«Il est impensable pour nous d’accepter que les services de proximité des Beauportois soient gérés ailleurs que chez nous», lance l’élu de Québec 21 Stevens Melançon (à droite), président d’arrondissement de Beauport.

QC21 bloque une délégation de pouvoirs aux fonctionnaires

Toute la ville de Québec est occupée par Équipe Labeaume. Toute? Non. Une partie de la réorganisation des services imaginée par l’administration du maire s’arrête aux portes de Beauport. L’opposition officielle à l’hôtel de ville a rejeté un règlement qui, selon elle, confère trop de pouvoir entre les mains des fonctionnaires au détriment des élus. Au contraire, ça ne fera que ralentir la réalisation de projets, rétorque la Ville.

S’il n’est pas majoritaire au conseil municipal, Québec 21 l’est dans son fief. La formation politique accapare deux des trois sièges du conseil d’arrondissement de Beauport.

À la séance de mardi, les élus Jean-François Gosselin et Stevens Melançon ont voté contre l’adoption du règlement modifiant la délégation des pouvoirs de certains services gérés par les arrondissements en lien avec la réorganisation administrative menée par l’administration Labeaume.

M. Melançon, conseiller de Chute-Montmorency-Seigneurial et président d’arrondissement de Beauport, justifie la décision de son parti. «L’administration Labeaume n’a toujours pas été en mesure de nous démontrer les bénéfices de sa démarche pour les citoyens, lesquels nous ont élus parce qu’ils nous font confiance. Il est impensable pour nous d’accepter que les services de proximité des Beauportois soient gérés ailleurs que chez nous», lance-t-il, en entrevue au Soleil.

Par exemple, le règlement prévoit que «le conseil délègue au directeur d’arrondissement, au directeur d’arrondissement associé, à l’adjoint au directeur d’arrondissement et au directeur du Service des loisirs, des sports et de la vie communautaire ou, en cas d’incapacité d’agir de ces derniers, à un directeur de division de l’arrondissement ou de ce service, le pouvoir d’autoriser une dépense, d’un montant maximal de 100 000 $, pour la fourniture de services autres que professionnels, l’achat ou la location d’équipement ou l’achat de fournitures».

«Pour nous, ça équivaut à centraliser les pouvoirs entre les mains des fonctionnaires, en dépouillant les élus des leurs, s’insurge M. Melançon. Si on disait “oui” au règlement, on n’avait plus aucun vote possible sur plusieurs projets qui touchent la tenue d’événements, la gestion de la circulation, les parcs, le déneigement et le service de la voirie pour des montants appréciables jusqu’à 100 000 $. Si on m’enlève ça, il reste quoi? Je vais faire du zonage, du dézonage et des dérogations. Qui est le mieux placé que l’élu pour savoir ce qui est bien pour les citoyens?» questionne le président d’arrondissement. 

Récemment, le conseiller municipal de Neufchâtel-Lebourgneuf, Patrick Paquet, a également voté contre une résolution semblable dans l’arrondissement Les Rivières. Mais le règlement a été adopté par les deux autres élues d’Équipe Labeaume. 

Des délais

Le conseiller de Robert-Giffard, Jérémie Ernould d’Équipe Labeaume, s’inscrit en faux avec la décision de l’opposition. «Ils ont voté contre un règlement qui allait faciliter la vie des citoyens à Beauport en leur offrant notamment de meilleurs services. Ils pensent bloquer la réorganisation, mais ça se fait déjà», soutient-il.

Dans les faits, M. Ernould explique que le règlement présenté mercredi devait servir à fixer les modalités découlant de principes généraux de délégations de pouvoir déjà adoptés au conseil municipal. Par conséquent, son rejet ne fera que retarder les projets.

«Par exemple, ça devait confirmer que le directeur des loisirs changeait d’unité administrative et pouvait dorénavant engager certaines dépenses dans la nouvelle unité à laquelle il était rattaché. Mais là, il ne pourra pas le faire. Ainsi, toutes les autorisations de dépenses vont retomber sur le bureau de la direction de l’arrondissement et entraîner des délais», reproche-t-il à l’opposition.

«L’adoption du règlement aurait aussi permis d’autoriser rapidement des dépenses pour de la fourniture de matériel, en passant par du chlore pour les piscines et les vestes de sauvetage, par des équipements pour les travaux publics. D’engager des ressources externes pour des services professionnels pour accompagner des organismes dans des activités, énumère M. Ernould, avant d’ajouter : ce vote montre bien leur incompréhension des règlements.»