Les municipalités de la banlieue nord considèrent le règlement pour protéger l’eau potable comme trop sévère parce qu’il freine le développement domiciliaire.

Protection de l’eau potable: la banlieue nord espère une révision du règlement

Les nouveaux maires de Lac-Beauport et Stoneham espèrent pouvoir ramener les municipalités de la banlieue nord de Québec à la table de négociation concernant le règlement pour protéger l’eau potable du lac Saint-Charles.

«Présentement, nous sommes devant les tribunaux et une décision est attendue en mars. Cependant, le portrait de la banlieue nord a changé et je souhaite fortement que ça change la dynamique de communication avec la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) et M. Labeaume», a déclaré au Soleil l’ex-conseiller municipal Claude Lebel, qui a battu le maire sortant Robert Miller dimanche.

Lac-Beauport, Sainte-Brigitte-de-Laval et Lac-Delage ont aussi de nouveaux maires et, dans la plupart des cas, des conseils municipaux en grande partie renouvelés.

«Si ça, ce n’est pas une main tendue...», poursuit M. Lebel, avouant qu’il avait été par le passé un des plus farouches opposants au règlement de contrôle intérimaire (RCI) aux côtés de l’ex-maire Miller.

Maintenant, celui dont l’équipe est majoritaire au conseil de Stoneham dit avoir bon espoir que son homologue de Québec, Régis Labeaume, soit disposé à s’asseoir de nouveau avec les municipalités de la banlieue nord pour discuter du règlement considéré comme trop sévère par plusieurs en raison du fait qu’il freine le développement domiciliaire.

Lac-Beauport

Ce point de vue trouve écho avec le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu, qui a repris son siège dimanche après l’avoir perdu en 2013 et qui a de plus fait élire cinq des six membres de son équipe.

«Je souhaite renégocier le règlement de 2016 avec la CMQ. Je pense avoir le leadership nécessaire pour le faire», a déclaré le maire Beaulieu au Soleil. «Pour nous, l’aménagement du territoire est un dossier important. Il y avait un blocage systématique par la CMQ avec ce règlement et j’estime que le RCI de 2010 avait les règles idéales», poursuit-il.

38 permis

Le maire Beaulieu se targue d’ailleurs de n’avoir délivré en moyenne que 38 permis par année lors de son premier mandat alors que son prédécesseur en délivrait plus de 90. «Nous avions effectivement freiné le développement. Je pense que le règlement est très sévère et je ne crois pas qu’à 38 contre 5000 à Québec, on contamine beaucoup les réserves d’eau potable.»

À Stoneham, l’ex-mairesse Gaétane Saint-Laurent, de retour comme conseillère dans l’équipe de Claude Lebel, se réjouit de voir son chef intéressé à discuter du dossier.

«Même si M. Labeaume a été sévère, je suis consciente qu’à Stoneham, on n’est pas parfait. Quand j’étais à la mairie, on était très forts sur l’environnement et je n’ai pas vu ça ces dernières années avec M. Miller. Je suis contente que M. Lebel veuille discuter plutôt que d’aller en cour», ajoute-t-elle en terminant.

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Sainte-Brigitte-de-Laval : le nouveau maire ne veut plus de conflits

Élu dimanche à la mairie de Sainte-Brigitte-de-Laval avec cinq conseillers indépendants qui lui sont favorables, Carl Thomassin souhaite maintenant tourner la page sur l’ère de sa prédécesseure Wanita Daniele.

«Même si j’ai été très critique envers elle, Mme Daniele a consacré quatre ans à la gestion de la municipalité et c’est très méritoire. Mais je souhaite tourner la page sur “l’ère des conflits” qui accompagnait son administration», a déclaré M. Thomassin au Soleil.

Seule Laurie Thibault-Julien, dans le district 2, a survécu au raz-de-marée qui a emporté tous les autres membres du parti de l’ex-mairesse. «Nous avons acquis cette victoire par le travail sur le terrain et, maintenant, on s’attaque aux enjeux majeurs qui sont les finances publiques de la Ville et les taxes», poursuit Carl Thomassin.

Celui-ci croit cependant que son conseil pourrait avoir des surprises en analysant les états financiers de la Ville, qui a dû payer 1,7 million $ à deux employés congédiés illégalement ces dernières années. Lors du dernier bilan de la mairesse Daniele, la dette municipale s’élevait à près de 27 millions $.

«Ce montant de 1,7 million $ a certainement été pris quelque part dans le budget de la Ville par l’ancienne administration. Mais avec l’équipe de conseillers que j’ai, nous avons ce qu’il faut pour relever ces défis. Je pense que la population va comprendre quand on leur expliquera clairement», indique le maire, tout de même heureux de pouvoir tourner la page sur la saga judiciaire qui a opposé la Ville à deux ex-employés.

«Cette saga a coûté très cher, mais on ne peut revenir en arrière, alors on tourne la page et on regarde vers l’avenir. On a un beau mandat de quatre ans devant nous», termine-t-il.