Relevant des taux de chômage historiquement bas dans la région, le ministre François Blais a précisé qu'il n'y avait pas d'échéance au projet et admis que c'est «un progrès pour lequel il serait difficile de revenir en arrière».

Projet pilote pour recruter davantage de Français

Après des années de revendications, la région de la Capitale-Nationale obtient un projet pilote pour faciliter le recrutement de main-d'oeuvre en France. Le maire de Québec, Régis Labeaume, jubile.
Le projet pilote Québec-France pour l'emploi permettra aux petites et moyennes entreprises (PME) de la Capitale-Nationale d'afficher, dès novembre, leurs offres d'emplois sur le site internet de Pôle Emploi, l'équivalent d'Emploi Québec sur le territoire français. Une foire d'emplois virtuelle suivra à l'hiver 2018.
Les postes visés doivent figurer sur la liste des professions admissibles au traitement simplifié dressée par le gouvernement fédéral. Y figurent plusieurs emplois difficiles à combler localement, comme testeur de jeux vidéo, chef de cuisine, ingénieur, infirmière, soudeur... Il n'y a autrement pas de limite d'affichage. 
Le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec, la Ville de Québec, la MRC de Portneuf et celle de Charlevoix, en collaboration avec Québec International, offriront également du soutien aux nouvelles recrues et à leur famille afin de faciliter leurs démarches d'immigration ainsi que leur intégration. 
Une fois arrivés au Québec, les travailleurs temporaires pourront profiter du traitement accéléré de leur demande de résidence permanente. 
«C'est la première fois que les services d'Emploi Québec - et ce sera uniquement en projet pilote pour la région de Québec - se mettent au service des employeurs pour favoriser l'immigration de travailleurs étrangers, notamment de travailleurs français», s'est félicité le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais, lundi. 
Relevant des taux de chômage historiquement bas dans la région, ce dernier a précisé qu'il n'y avait pas d'échéance au projet et admis que c'est «un progrès pour lequel il serait difficile de revenir en arrière». 
«C'est la meilleure réponse que nous pouvons apporter ensemble pour les Français qui souhaitent venir travailler à Québec», a renchéri la consule générale de France dans la capitale québécoise, Laurence Haguenauer. 
«Les gens sont d'accord là-bas pour que les jeunes Français viennent vivre une première expérience de travail ici au Québec et notre amitié mutuelle fait qu'il n'y a aucune embûche. Ce qu'il fallait, c'était un lien direct administratif et c'est ce qui a été créé aujourd'hui. Je trouve ça fantastique. Pour bien illustrer ce que ça veut dire, c'est comme si on était en permanence en mission de recrutement en France 365 jours par année», a poursuivi le maire de Québec.  
Régis Labeaume, qui étale ses préoccupations en matière de recrutement de la main-d'oeuvre et réclame une voie accélérée avec la France depuis des années, est très satisfait de l'implication du gouvernement du Québec. Il croit cependant qu'Ottawa doit encore faire sa part et interpelle directement le premier ministre Justin Trudeau à défaut de pouvoir compter sur un ministre régional. «Au niveau de la bureaucratie, je dirais au gouvernement [fédéral] : tentez d'imiter ce qui se fait à Québec actuellement, ce qu'on annonce aujourd'hui, et tout le monde va mieux s'en porter», a lancé l'élu municipal lundi.