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Le président-directeur général du port Mario Girard
Le président-directeur général du port Mario Girard

Projet Laurentia: le Port de Québec veut apaiser le «vent de panique»

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Le Port de Québec multipliera les rencontres au cours des prochains mois pour expliquer, et surtout convaincre les citoyens de Limoilou, que le projet Laurentia est «bon» pour Québec et qu’il n’affectera pas la qualité de l’air et la santé de la population.

Le président-directeur général du port, Mario Girard, prend son bâton de pèlerin en ce début 2021 pour apaiser ce qu’il appelle le «vent de panique» créé à l’automne par la publication du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. Parmi ses conclusions, elle estime que le projet de terminal de conteneurs de 775 millions$, aura des «effets environnementaux négatifs importants», notamment sur la qualité de l’air pendant la phase des travaux.

M. Girard s’est inscrit en faux avec les constats «sans nuance et tronqués» du rapport. En décembre, il demandait un sursis pour la publication du rapport final afin de laisser le temps au port d’apporter les réponses manquantes.

Lundi, Québec solidaire, qui s’oppose à Laurentia comme de nombreux autres groupes, s’offusquait de cette demande de report. Pour le pdg du Port de Québec, il s’agit simplement d’une question de respect.

«C’est d’être respectueux de la communauté. On souhaitait commencer la construction en 2021 après avoir lancé les appels d’offres dans le premier trimestre de l’année. On se voyait très mal aller de l’avant dans le contexte du rapport qui a causé tout ce brouhaha. Je comprends les citoyens d’être inquiets par les grandes lignes du rapport. Le problème est que il est écrit par des experts pour des experts. On va prendre le temps de bien expliquer le projet et les mesures de mitigation.» Le Soleil rapportait déjà lundi l’annulation des appels d’offres.

M. Girard a aussi levé le voile sur les résultats d’un sondage Léger selon lequel 65% de la population est en faveur de la réalisation du projet. Mardi, il n’était toujours pas possible d’obtenir les résultats complets et la méthodologie du sondage dont le port a pris connaissance lundi en fin de journée.

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LE PORT SE TIRE BIEN D’AFFAIRES, MALGRÉ LA COVID-19

La nécessité de poursuivre la circulation des biens essentiels pendant la pandémie a permis au Port de Québec de traverser l’année 2020 sans dommages importants.

«Malgré l’ampleur de la crise, l’année n’a pas été mauvaise pour le Port de Québec. Son pdg, Mario Girard, a fait le bilan mardi lors de la traditionnelle conférence de presse de début d’année. Au-delà de 1000 navires ont accosté. Nous avons manutentionné 27 millions de tonnes de marchandise comparativement à 29 millions en 2019», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il s’agit d’un recul de 7% normal dans les circonstances de la covid.

«Le plus grand choc a été l’arrêt des croisières, poursuit M. Girard. Si la baisse de revenus pour le port n’est pas significative, il s’attriste de l’impact dévastateur sur l’industrie touristique. En 2019, Québec a accueilli 236 000 croisiéristes et membres d’équipage, la meilleure performance de son histoire. D’ici 2025, les projections font état de 500 000 visiteurs par an. L’année 2021 ne permettra pas de reprendre là où le port avait laissé avant la crise sanitaire. Cependant, M. Girard est confiant d’une reprise graduelle.

«On est en contact avec les gens de l’industrie et ils vont revenir à Québec parce que la ville est toujours prisée par les touristes.»

La dernière année n’a pas freiné les investissements de l’ordre de 125 millions$ dans différents travaux dont la moitié ont servi pour la restauration des quais. Le port a aussi complété la construction de ce second terminal de croisières. 

La canne à pommeau d’or

Pour une 186e fois, le Port de Québec a souligné l’arrivée du premier navire océanique de l’année avec la remise de la traditionnelle canne à pommeau d’or. 

En 2021, cet honneur revient au Mirella S. et à son capitaine d’origine russe. Le navire chargé d’éthanol a accosté le 2 janvier.