Le monorail qui circulait dans les rues de Sydney en Australie est semblable à celui que des promoteurs voudraient implanter dans la Ville de Québec.

Projet de métro aérien: les promoteurs en rajoutent

Les promoteurs d’un métro aérien à Québec ont voulu démystifier mercredi le projet pourfendu par le maire de Québec au cours des dernières semaines.

«Je me suis rendu compte que personne ne comprenait de quoi on parlait», lance Louis Aucoin, aux quelques journalistes réunis sur son invitation pour mieux comprendre le projet éventé il y a deux semaines dans Le Journal de Québec. Le porte-parole du consortium se désole que ce type de transport n’ait jamais fait l’objet d’une considération sérieuse par l’administration Labeaume. «On pense que les gens ont le droit de savoir», ajoute-t-il, en sachant que cette sortie publique ne convaincra pas les autorités de reconsidérer le choix d’un tramway comme colonne vertébrale du futur réseau structurant.

Selon les données du groupe, il en coûterait 1,54 milliard $ pour construire sur la rive nord 37 kilomètres de rails et 41 stations réparties sur trois lignes. En ajoutant Lévis, on parle de 61 km et 57 stations pour 2,3 milliards $, soit encore 700 millions $ de moins que le projet actuel de tramway et de trambus, uniquement pour la capitale.

Selon M. Aucoin, le principal avantage du projet, outre son coût, est que le rail surélevé de sept mètres, maintenu par des pylônes d’acier, n’entre jamais «en conflit» avec la circulation automobile. Par conséquent, le temps de trajet entre deux points est constant en toute condition. 

Le maire Labeaume considère ce projet trop invasif pour s’intégrer harmonieusement dans le cadre bâti de la Ville. À ce sujet, M. Aucoin précise qu’il faut faire la différence entre les trois types de métros aériens existants. «Il y a le type Skytrain. C’est carrément une voie ferrée. Ça coûte une fortune et c’est affreux. Le type Alweg coûte aussi une fortune. Il est en béton armé et très laid. Là-dessus, le maire a raison», reconnaît-il.

Mais le consortium promeut plutôt le type Habegger, tout acier, utilisé dans une cinquantaine de villes. «Ça augmente l’achalandage touristique dans toutes les villes où il est. Ce projet-là pourrait ne pas être retenu, mais il devrait au moins être étudié», soutient M. Aucoin.

Le projet a pourtant été présenté à deux reprises lors de rencontres privées. Une première fois le 11 août en présence du pdg de Québec International, Carl Viel, et le 19 septembre, auprès de Charles Marcoux, responsable des grands projets à la Ville. 

Non seulement M. Labeaume trouve ce projet irréalisable pour des raisons esthétiques, il dit avoir transmis le dossier à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Selon lui, le consortium aurait voulu signer un contrat de gré à gré pour la construction d’un réseau. Une information vigoureusement démentie par Louis Aucoin, spécifiant n’être lié à aucun constructeur. Il présente d’ailleurs le consortium comme un groupe d’experts qui accompagne la Ville dans son projet.

M. Aucoin a insisté sur la crédibilité des membres du consortium, malmené par le maire. Parmi eux, PricewaterhouseCoopers, bien connu, agit comme conseiller financier tandis que le groupe Arup, qui a participé notamment à la construction de l’Opéra de Sydney, est l’expert en ingénierie. 

Au chapitre financier, M. Aucoin maintient que l’entreprise est même rentable. 

Selon lui, il est possible d’exploiter les lignes de métro avec profit. Le consortium prend les risques des dépassements de coûts potentiels. Il assure pouvoir trouver du financement privé. Le projet serait remboursé par les gouvernements sur une période de 30 ans. M. Aucoin ne pouvait donner, mercredi, le montage financier détaillé.

Lehouillier pas convaincu

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a aussi assisté, mercredi, à une présentation privée du projet. «Il y a des avantages et des inconvénients», a-t-il lancé d’emblée, en marge de la conférence de presse sur la présentation du sondage sur le troisième lien. 

Si M. Lehouillier y voit un réel avantage pour la réalisation d’un projet de transport en commun à faible coût, il se questionne toujours sur le montage financier. «On dit que c’est un projet privé, mais je n’ai jamais vu un projet privé en transport en commun qui est rentable. Ça va être impossible s’il n’y a pas des deniers de l’État là-dedans.»

Enfin, il croit que «c’est extrêmement difficile d’obtenir l’acceptabilité sociale» avec ce genre de projet. 

Il souhaite maintenant demander au bureau d’étude sur le troisième lien si ce projet a été regardé et si oui, quelles sont les conclusions.»  Avec Henri Ouellette-Vézina