Le maire Labeaume et la conseillère Julie Lemieux ont voulu assurer que la privatisation n'occasionnerait pas de changement pour les utilisateurs des bibliothèques.

Privatisation des bibliothèques de Québec: 50 employés mis à pied

Cinquante employés temporaires de la Ville de Québec perdront leur emploi le 1er juillet à la suite de la décision de l'administration Labeaume de confier à l'Institut Canadien de Québec la gestion de toutes ses succursales du réseau des bibliothèques de Québec. Une décision «immorale» et «illégale», selon le syndicat des fonctionnaires municipaux.
Quelque 75 employés permanents ne sont pas touchés par cette nouvelle vague de privatisation. Ils seront plutôt «prêtés» à l'Institut Canadien, l'organisme qui gérait déjà la moitié des bibliothèques de la capitale. Ces travailleurs continueront à recevoir leur salaire de la Ville aux conditions prévues pour les fonctionnaires municipaux.
Une cinquantaine d'employés temporaires, surtout des commis, seront toutefois mis à pied le temps que l'Institut Canadien décide s'il aura besoin d'eux.
«On va se donner le temps pour regarder et après on confirmera les emplois», a indiqué le directeur général de l'Institut Canadien de Québec, Jean Chabot. Il assure que les employés congédiés seront rencontrés «le plus rapidement possible». «On n'attendra pas le 1er juillet, car on sait toute l'angoisse que ça apporte à ces personnes», a reconnu le directeur général.
Il est impossible pour l'instant de savoir combien d'employés temporaires pourraient être réembauchés par l'Institut Canadien, a-t-il ajouté.
Ces mises à pied ont été immédiatement dénoncées par le syndicat des employés municipaux de Québec.
«Ce qui est très particulier, c'est que la Ville leur demandera d'appliquer sur leur propre emploi, en faisant parvenir leur curriculum vitae à l'Institut Canadien», a réagi le président du syndicat des cols blancs, Jean Gagnon.
«Non seulement ils n'ont pas l'assurance d'être retenus, mais ceux qui le seront auront perdu leur ancienneté et tous leurs avantages», avance M. Gagnon, qui qualifie cette privatisation d'aussi «immorale qu'illégale».
Des contestations dispendieuses
Le chef syndical rappelle que de récentes décisions de confier des secteurs à la sous-traitance, dont la collecte des ordures, ont mené à des contestations qui pourraient coûter cher à la Ville. Un arbitre devra en effet statuer sur le montant de compensation que devra verser l'administration Labeaume aux cols bleus. Ces derniers ont eu gain de cause contre la Ville qui, selon l'arbitre, a enfreint la convention collective et n'a pas respecté le plancher d'emploi.
Julie Lemieux a assuré lundi que «l'aspect légal de la chose» a été vérifié par des expertises tant internes qu'externes.
«Si le syndicat veut faire son spectacle avec ça, il peut bien le faire. Mais nous, on va aller de l'avant avec ça, c'est certain», a tranché la conseillère en point de presse après son annonce.
Mme Lemieux assure qu'un temporaire qui serait réembauché verrait ses années d'expertises reconnues.
Mme Lemieux réfute aussi l'image de M. Gagnon voulant que les gens aient à «envoyer leur curriculum vitae». «Ils seront tous rencontrés individuellement par l'Institut», a tenu à préciser l'élue.
Questionné en point de presse avant le conseil municipal de lundi, le maire de Québec Régis Labeaume a réitéré la volonté de privatiser davantage à la Ville de Québec.
«Ils pourront toujours appliquer, mais nous, c'est toujours le même principe : que ça coûte le moins cher possible», a-t-il dit à propos des 50 employés mis à pied.
Lundi, tant la conseillère Julie Lemieux que le maire Régis Labeaume ont assuré que les utilisateurs des bibliothèques ne verront aucun changement au service. Au contraire, plaident-ils, le nouveau plan pour les bibliothèques présenté en janvier a ajouté 100 heures d'ouverture aux différentes succursales.
Selon Mme Lemieux, confier la gestion complète des bibliothèques à l'Institut Canadien, un organisme qui existe depuis 1848, est un choix qui s'imposait.
«On fait appel à un partenaire de la Ville depuis toujours qui a une grande expertise. Pour nous, c'était un cas logique», dit-elle.