L'entreprise de peinture Anacolor a obtenu un prêt de 9 millions $ de la part du gouvernement Couillard pour cesser ses activités dans Cap-Rouge.

Prêt de 9 M$ pour déménager Anacolor

Anacolor obtient un prêt de 9 millions $ du gouvernement du Québec pour arrêter d’être une nuisance dans son voisinage de Cap-Rouge. L’entreprise de peinture déménagera dans une usine toute neuve d’un parc industriel de la Rive-Sud. La Ville de Québec, qui finance aussi l’aventure, voit déjà un développement résidentiel à la place de l’usine controversée.

Le déménagement aura lieu au plus tard en septembre 2019. L’entreprise a refusé jeudi d’en dire plus sur son futur emplacement.

«Pour des raisons concurrentielles, l’endroit exact et les détails du projet de relocalisation des activités d’Anacolor seront annoncés ultérieurement», a fait savoir l’entreprise par communiqué.

Le président d’Anacolor, Éric Nadeau a assuré que d’ici la fin des activités à Cap-Rouge, le 30 septembre 2019, «l’entreprise respectera les règles environnementales applicables». Ce dernier estime aussi que «la croissance et l’essor» de l’entreprise» seront mieux servis par l’implantation de nouvelles installations dans une zone industrielle».

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale Sébastien Proulx soutient que le cas de cette usine est particulier et qu’il fallait à la fois protéger les citoyens et les emplois. Le prêt proviendra d’Investissement Québec.

«Nous avons une situation particulière. Le premier ministre s’était engagé. Il y avait un enjeu de santé publique, mais il y avait surtout un enjeu de bon voisinage qui nous apparaissait essentiel de régler», indique M. Proulx.

2,1 M $ de la Ville

La Ville de Québec fait partie de l’entente de déménagement de l’entreprise. Elle a acquis le terrain pour 2,1 millions $. Au printemps 2016, Anacolor avait refusé 1,6 million $. Les coûts de décontamination seront déduits du prix de vente. Même plus dispendieuse que prévu, cette acquisition est une bonne affaire, juge le maire de Québec. Un développement résidentiel devrait remplacer l’usine.

«Ça va nous permettre de vendre un second terrain qui nous appartient, mais qu’on ne pouvait pas vendre à cause de la présence de l’usine. On veut du résidentiel harmonieux, pas trop haut», précise Régis Labeaume. Il garde aussi en tête la possibilité de conserver une portion de terrain pour en faire un parc.

En campagne électorale lors de l’élection partielle dans Louis-Hébert l’automne dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait promis de déménager l’usine mal-aimée des citoyens. Même si la circonscription est passée dans le giron de la Coalition avenir Québec, il était important pour les libéraux de remplir leur engagement, explique M. Proulx.

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Les citoyens ont atteint leur premier objectif

Le premier objectif visé par le regroupement de citoyens de Cap-Rouge, soit le déménagement de l’usine Anacolor, a été atteint avec l’entente de principe qui vient d’être conclue avec l’entreprise.

«L’objectif premier du regroupement était que l’usine déménage, alors nous sommes convaincus que l’entente va dans l’intérêt des membres et nous recommandons qu’elle soit entérinée par la Cour supérieure, ce qui selon nous ne devrait être qu’une formalité», a expliqué Me Anne-Julie Asselin, avocate des citoyens.

Puisque les citoyens avaient entrepris un recours collectif contre l’entreprise, il faut en effet que la Cour supérieure approuve l’entente de principe pour que le recours prenne fin. «Comme nous représentons tous les membres qualifiés et qu’ils ne pourront pas tous se faire entendre, la cour doit s’assurer que l’entente va dans le meilleur intérêt des membres et qu’elle est juste et raisonnable», poursuit Me Asselin.

Le moment où l’entente sera entérinée dépend des disponibilités de la cour, mais Me Asselin insiste sur le fait que ça ne fera pas de différence dans l’application de l’entente. «Ce qui compte, c’est l’émission du certificat d’autorisation par le ministère de l’Environnement, c’est ce qui va permettre le déménagement.»

La commission scolaire satisfaite

La Commission scolaire des Découvreurs a aussi accueilli favorablement l’entente de principe. Son président Alain Fortier a déclaré qu’il était très heureux que la controverse prenne fin et qu’il souhaitait tourner la page sur ces événements pour permettre aux élèves de retrouver des conditions optimales d’apprentissage.

«Cette nouvelle, on l’attendait depuis longtemps, nous souhaitons toutefois maintenir le dialogue et la collaboration avec les représentants de l’usine Anacolor pour assurer une année de transition harmonieuse», a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.

M. Fortier a aussi salué les efforts du personnel de l’école primaire Marguerite-d’Youville et de sa directrice, Donna Harquail, pour avoir toujours su prioriser la qualité des services éducatifs dans un contexte parfois difficile. Ian Bussières