La séance extraordinaire du conseil de ville de L’Ancienne-Lorette a duré un petit deux minutes, le temps de régler quelques affaires courantes. C’est donc un timide retour en scène que le maire Émile Loranger a effectué après une année 2019 tourmentée.
La séance extraordinaire du conseil de ville de L’Ancienne-Lorette a duré un petit deux minutes, le temps de régler quelques affaires courantes. C’est donc un timide retour en scène que le maire Émile Loranger a effectué après une année 2019 tourmentée.

Premier retour de deux minutes pour Émile Loranger

Le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, était de retour une première fois au conseil municipal mardi depuis la fin de sa suspension de 60 jours imposée par la Commission municipale du Québec (CMQ) pour des manquements à la Loi sur l’éthique et la déontologie. Malgré la tenue de deux autres enquêtes, il affirme avoir la légitimité de terminer son mandat et songe même à se présenter aux élections de 2021.

La séance extraordinaire a duré un petit deux minutes, le temps de régler quelques affaires courantes. C’est donc un timide retour en scène que le maire a effectué après une année 2019 tourmentée. 

En septembre, il reconnaissait sa culpabilité à trois manquements au code de déontologie des élus. Il a admis avoir tenté de bloquer une enquête alors qu’il était visé par une plainte de harcèlement psychologique envers une employée.

M. Loranger préfère parler de «retraite fermée» plutôt que de suspension. Il dit avoir pris ses deux mois pour réfléchir, mais pas sur ses actions. Plutôt aux défis de la municipalité comme la pénurie de main-d’œuvre qui obligera son administration à changer ses façons de faire. 

Pour la suite des choses, il compte terminer son mandat pour respecter ses engagements envers les électeurs. «J’ai toute la légitimité pour siéger. Seule la population peut me démonter le contraire», lance celui qui ne croit pas que la confiance des citoyens envers lui a fléchi, malgré les deux dernières années troubles.

Plus encore, il ne fait pas une croix sur les élections de 2021. «Être tenté, c’est évident. Est-ce que je le ferai, je verrai bien? J’ai 73 ans, il faut que le body suive aussi.» Dans l’immédiat, il envisage d’un bon œil ses relations avec les membres du conseil qui n’ont pas toujours été au beau fixe. «Ai-je le choix?» questionne-t-il. «Mon objectif, c’est de m’occuper de la Ville [la population].»

Deux autres enquêtes

La CMQ a ouvert deux autres enquêtes au cours de l’automne. La première concernant le remboursement de repas totalisant 14 000 $ entre 2013 et 2019 et une autre sur sa tentative en 2018 de négocier sa démission tout en restant consultant. Tout ça dans la foulée de la plainte de harcèlement qui le visait.

La mairesse suppléante Sylvie Falardeau anticipe de façon pragmatique le retour du maire. «On repart en neuf. Il faut que les dossiers avancent. Le maire, normalement, va travailler. On espère que tout va bien aller.»

Au sujet des deux nouvelles enquêtes, Mme Falardeau semble résignée. «J’ai pris mon parti qu’il y en aura toujours. Je trouve ça plate, mais on n’a pas le choix.»

Gaëtan Pageau, conseiller qui a souvent critiqué l’attitude de M. Loranger, estime que L’Ancienne-Lorette vaut plus que les seules actions reprochées au maire «Je vais continuer à travailler. La Ville ne se mesure pas seulement à un seul homme. Il y a beaucoup de positivisme. On ne doit pas limiter le débat à un seul homme. Laissons la commission enquêter», conclut-il, tout en regrettant les pertes de temps dans certains dossiers en raison des enquêtes en cours.